Notre microbiote, ces bactéries qui nous veulent du bien

Un équilibre complexe

By Pascale

Microbiote

C’est fou, ce que le corps humain héberge comme micro-organismes. Il y en a encore plus que de cellules. Un microbiote qui n’a pas encore délivré tous ses secrets. Mais un échange toujours de bons procédés avec l’organisme, qui peut pourtant se faire simplement déséquilibrer par une mauvais alimentation.

Microbiote : définition

C’est un ensemble de micro-organismes principalement constitué de bactéries, mais aussi de virus, parasites, champignons, archées (micro-organismes unicellulaires procaryotes) vivant en équilibre complexe dans un environnement donné.

Le corps humain a plusieurs microbiotes :

  • celui de la bouche,
  • du vagin,
  • des poumons,
  • de la pea,
  • le plus dense est celui de l’intestin.

Microbiote intestinal

Constitué à 90% de bactéries, celui de l’intestin d’un adulte compte en moyenne 160 espèces de bactéries différentes, sur un total de 10 000 milliards de micro-organismes. A lui seul, il représente une masse de un à deux kilos !

Ses bactéries sont classées en cinq catégories (les actinobactéries, les firmicutes, les bactéroïdètes, les fusobactéries et les protéobactéries), les champignons étant des candida.

A chaque être humain un microbiote unique

Tous les humains possèdent les mêmes types de bactéries, mais dans des proportions qui lui sont propres. C’est ce que l’on appelle l’unicité du microbiote.

Il se met en place à la naissance. Le liquide amniotique étant stérile, le fœtus n’en a pas. Lors de l’accouchement, le bébé est en contact avec les microbiotes intestinal, vaginal et cutané de sa mère. En cas de césarienne, il a un microbiote constitué des bactéries de la peau maternelle et de celles présentes dans l’environnement hospitalier.

Il évolue ensuite selon l’alimentation (lors d’une adoption d’une alimentation végétarienne, il se modifie en quelques jours), la prise de médicaments (antibiotiques, etc).

Quel est le rôle du microbiote ?

Microbiote et digestion des aliments

Les protéines que sont les enzymes digestives ne sont pas aptes à digérer certains aliments. C’est le cas de glucides complexes contenus dans les végétaux, telle que la cellulose.

Il produit alors les enzymes propres à transformer les grosses molécules des aliments en petites molécules, celles-ci pouvant alors passer dans le sang. C’est le cas de la cellulose.

Par ailleurs, cet ensemble de micro-organismes sert à la production de certains lipides et de vitamines. Ainsi, produit-il la vitamine K, indispensable à la coagulation du sang, et la vitamine B9, essentielle à la production des globules rouges.

Microbiote et système immunitaire

Ses bactéries ont un vrai rôle de gendarme. Elles empêchent les agents pathogènes de coloniser le tube digestif. Pour ce faire, elles entrent en compétition avec eux pour les nutriments. Les agents pathogènes affamés ne peuvent pas proliférer.

D’autres de ces bactéries produisent des substances toxiques qui les anéantissent.

Enfin, certains micro-organismes produisent des substances anti-inflammatoires et activent certaines cellules immunitaires.

appareil digestif

Microbiote : notre deuxième cerveau ?

Il est désormais admis de considérer l’intestin comme notre deuxième cerveau. De fait, le microbiote informe le cerveau (notre système nerveux central) de son activité pour réguler l’organisme. Mais au-delà de cette information, ce deuxième cerveau agirait sur notre humeur, mais aussi sur l’anxiété et la dépression. Il entrerait aussi dans la dépendance à certaines addictions.

Les déséquilibres du microbiote

Microbiote, le lien avec certaines maladies

Certaines bactéries ne seraient pas non plus étrangères à certaines pathologies. Si le cas de la maladie de Crohn est le plus évident (car l’inflammation chronique est liée à un défaut d’interaction avec le système immunitaire), un déséquilibre a été établi dans l’autisme (pour lequel au stade encore expérimental, une supplémentation à certaines bactéries a démontré une amélioration de l’interaction avec le monde environnant) ou encore aux maladies de Parkinson et d’Alzheimer.

Microbiote intestinal et obésité

Les personnes en situation d’obésité ont pour beaucoup d’entre elles, une flore intestinale dégradée, au sens où les bactéries qui favorisent la dépense énergétique seraient moins représentées. C’est le cas de la bactérie “Akkermensia muciniphila”, dont les scientifiques pensent qu’elle limiterait la réserve de graisse, mais aussi le risque d’apparition de diabète de type 2.

Microbiote : quel lien avec les allergies ?

L’institut Pasteur a démontré qu’il bloquait les cellules immunitaires spécifiques, responsables d’une allergie. Chez les sujets ayant des allergies (asthme, rhinite allergique, dermatite, etc), la bactérie “Bifidobacterium” est moins présente. L’administration précoce d’antibiotiques (chez un jeune enfant) serait un facteur d’appauvrissement de cette bactérie et donc d’exposition aux allergies.

Microbiote et alimentation

L’importance de l’alimentation pour le microbiote

Une fois qu’il est constitué, il est sujet à des modifications pouvant être liées à bien des facteurs, bien sûr notre patrimoine génétique, mais aussi et par exemple des modifications hormonales. Mais il se constitue essentiellement au travers de notre alimentation.

miroc-organismes

Microbiote et alimentation équilibrée

Alors que les fruits, légumes, fibres et aliments fermentés sont bons, la viande rouge , le sucre, les plats gras, mais aussi les boissons excitantes (thé, café, boissons énergisantes) l’alcool et le tabac favorisent les mauvais micro-organismes.

Par ailleurs, une modification importante de son régime alimentaire – la passage à un régime végétarien ou autre – crée une modification importante, qui doit être accompagnée.

Microbiote et stress, activité physique

Le stress a un impact réel sur son équilibre. De même que la sédentarité. Ainsi, la relaxation et une activité physique régulière ont-elles un effet positif sur celui-ci. Eh oui, le sport est bon aussi pour le système digestif.

Quels sont les symptômes d’un mauvais microbiote ?

Les troubles intestinaux sont le symptôme classique d’un déséquilibre. Au-delà de cinq jours de déséquilibre avéré –diarrhées -, il est conseillé de consulter. Mais au regard de son rôle sur l’organisme, des symptômes tels qu’une fatigue persistante, des maux de ventre, une dérégulation du poids, etc, doivent également y conduire.

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