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Plastique dans la mer, une catastrophe écologique mondiale

Les océans, victimes de la pollution terrestre

Le plastique dans la mer est la pollution la plus nuisible des océans, alors que ces derniers ont un rôle central dans l’écosystème planétaire. En fait de plastique, il s’agit simplement nos déchets. Aberrant.

Quelques chiffres sur le plastique dans la mer

Au total, un quart de nos déchets en plastique finissent en mer :

  • 8 millions de tonnes par an,
  • 15 tonnes soit un camion poubelle chaque minute.

Si rien n’est fait, ce sera l’équivalent de deux camions poubelle par minute d’ici à 2030, quatre d’ici à 2050, (source : Fondation Ellen MacArthur).

Comment les plastiques arrivent dans la mer ? Les dix fleuves les plus polluants

A eux seuls, dix fleuves et leurs affluents d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud déversent 90% du plastique en mer : en tête de liste, le Yang-Tsé, le Fleuve Jaune, le Mékong, l’Amour, le Gange et le Nil (source : le centre de Recherche allemand Helmholtz Centre for Environnemental).

Le premier fleuve pollueur au monde est le Yang-Tsé, en Chine : il déverse chaque année 1,5 million de tonnes de plastique dans l’océan, contre 18 tonnes pour la Tamise.

Ces deux fleuves ne sont évidemment pas de même dimension : les plus grands fleuves au monde concentrent des populations importantes en l’absence totale d’infrastructures sanitaires.

Selon ce centre de Recherche, s’attaquer à la pollution de ces dix principaux fleuves mondiaux réduirait de moitié la pollution plastique des océans.

Les micro plastiques

Il faut 450 ans pour qu’une bouteille de plastique se dégrade en mer. Mais elle n’est pas biodégradable : pire, elle se dégrade en micro (au diamètre est inférieur à 5 millimètres) et même nanoparticules de plastiques, qui intègrent la chaîne alimentaire.

Or, 70% des déchets plastique finissent par couler et à se dégrader en micro et nanoparticules.

Plastique dans la mer : animaux impactées

Plastique dans la mer et faune

Selon un rapport de l’ONU datant déjà de 2016, les mammifères marins sont les plus exposés à un étranglement (46% des espèces déjà touchées), devant les oiseaux marins (26%), les tortues aquatiques (17%), les reptiles marins (11%) et les poissons (0,8%).



Les oiseaux sont même attirés par l’odeur des micro plastiques, qu’ils confondent avec des proies vivantes.

Plastique dans la mer et plancton

Désormais, le plancton, le premier maillon de toute chaîne alimentaire, est pollué : ainsi en Atlantique Nord-Est, le zooplancton et le bon phytoplancton (les copépodes) sont impactés via les algues dont ils se nourrissent. Résultat, une moindre fertilité et une moindre croissance du début de la chaîne alimentaire !

Photos de plastique dans la mer

Images parfois difficiles, les animaux sont les premières victimes.

Une tortue marine confondant un sac en plastique et une méduse
Une tortue marine confondant un sac en plastique et une méduse

 

Un filet de pêche à la dérive devient une arme mortelle
Un filet de pêche à la dérive devient une arme mortelle

 

Pollution plastique : les micro-plastiques
Pollution plastique : les micro-plastiques

Plastique dans la mer et fleuves européens

En 2019, l’expédition de la Fondation Tara Océan a révélé que 100% des principaux fleuves européens étaient contaminés au plastique, « au large des neuf estuaires, à leur embouchure, en aval et en amont de la première grande ville à forte population située sur les fleuves ».

Ainsi en France de la Seine, du Rhône, de la Loire et de la Garonne, du Rhin frontalier, en grande partie en Allemagne également de l’Elbe, au Royaume-Uni de la Tamise, en Espagne de l’Elbe, en Italie du Tibre.

Plastique dans la mer en Méditerranée

Dans la mer fermée et sous haute pression démographique qu’est la Méditerranée, ce sont 600 000 tonnes de plastique qui sont déversées chaque année.

En cause, à 79% les activités côtières (mauvaise gestion des déchets et impact des activités touristiques), à 12% la pollution apportée par les fleuves, et à moins de 10% les activités de pêche, d’aquaculture et de transport maritime.

Autrement-dit, les activités maritimes intrinsèques sont les moins polluantes au plastique de la Méditerranée.

L’Égypte est, de loin, le premier pollueur au plastique de la Méditerranée, avec 250 000 tonnes par an, la Turquie étant le deuxième, avec 110 000 tonnes par an.

L’Italie arrive en troisième position avec 40 000 tonnes de plastique rejetés chaque année dans la Méditerranée. La France est en quatrième position (10 000 tonnes par an) ex æquo avec l’Espagne, la Grèce, la Croatie, le Maroc et la Tunisie. (source : WWF)

Les éponges à polluants

Toujours les travaux menés par Tara Océan sur les échantillons prélevés, « les micro plastiques représentent 90% des 5000 milliards de morceaux de plastiques flottant à la surface de nos océans ».

Des micro plastiques qui sont des « éponges à polluants » : toutes ces micro-billes absorbent les polluants présents dans les fleuves (pesticides, hydrocarbures, métaux lourds…) et sont ensuite ingérés par la faune marine.

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Plastique dans la mer : quelle solution ?

Le problème est que cette pollution aux micro-particules est impossible à dépolluer. La seule solution est de stopper la pollution terrestre en amont.

Or, selon la Fondation Ellen MacArthur, il faudrait quinze années sans aucune pollution plastique des océans, pour qu’ils commencent à cesser d’étouffer. Et les décisions politiques se font attendre.

Parmi ces micro-particules, celles issue des sacs en plastique, de nos pâtes dentifrice et crèmes solaires, etc. La France a interdit les sacs, gobelets, couverts en plastique. San Francisco, les jouets de plage en styromousse.

Mais même les pailles pour boire sa cannette se retrouvent en mer : nous avons tous en tête l’image de cette tortue aux prises avec une paille dans une narine.

En résumé, l’aberration est double : la pollution plastique en mer est très peu issue des activités maritimes. Elle est issue d’une pollution désinvolte. Or, elle met en péril l’écosystème planétaire.

D’autres initiatives sont tout de même à saluer :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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