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La chaîne alimentaire, quand tout se tient

Manger ? Qu’il s’agisse de l’abeille avec le nectar des fleurs ou du lion avec les zèbres, manger est en réalité un transfert d’énergie d’un organisme vivant à un autre. Tout un équilibre, mis à mal par son super prédateur habituel. Focus sur la chaîne alimentaire.

Définition de la chaîne alimentaire

Le vivant

Pour vivre, le monde vivant a besoin d’énergie : les animaux la tirent de ce qu’ils mangent (métabolisme), les plantes de la photosynthèse (conversion de l’énergie du soleil), mais aussi de l’eau et des nutriments qu’elles puisent dans le sol.

Au fait, le vivant ? Il répond au moins à l’un des quatre critères suivants : manger, respirer, grandir, se reproduire. Une plante aussi bien qu’un lapin répond à ces quatre critères. Une carotte mange et grandit : elle fait aussi partie du vivant.

La biocénose

Ni morale, ni pitié, tous les êtres vivants sont dépendants les uns des autres. Mais tout le monde vivant ne se nourrit pas à l’identique : une chaîne alimentaire est l’ensemble des êtres vivants au sein de laquelle chacun mange celui qui le précède.

Tout cela est très organisé : on appelle « biocénose » la coexistence d’êtres vivants dans un espace écologique donné, nourriture et organisations comprises. Le lieu de vie de tout ce petit monde étant le « biotope » (conditions physiques et chimiques). La biocénose et le biotope forment l’écosystème.

Producteurs et consommateurs

Les feuilles sont mangées par la chenille qui est mangée par l’oiseau. La salade est mangée par l’escargot, elle-même mangée par le mulot. Une chaîne alimentaire s’organise en producteurs (les espèces végétales) et en consommateurs (espèces animales).

Chaîne alimentaire : les principaux maillons

Quel est le premier maillon de la chaîne alimentaire ?

Le règne végétal, qui transforme la matière minérale en matière organique, est le premier maillon de toute chaîne alimentaire. Ce premier maillon est celui des producteurs. Sur terre comme en mer, il est la principale source alimentaire.

En mer, le phytoplancton est le « producteur primaire » qui transforme le CO2, la lumière, les sels minéraux et l’eau, en matière organique.

Chaîne alimentaire et deuxième maillon

Le deuxième maillon est celui des consommateurs : on distingue les consommateurs herbivores (lapin, vache, bison, etc), qui se nourrissent de plantes et végétaux, et les consommateurs carnivores.



Chez ces carnivores, deux catégories : les carnivores primaires, qui se nourrissent exclusivement d’herbivores (le renard), et les carnivores secondaires ou super prédateurs, qui avalent herbivores et carnivores primaires (le lion, le tigre).

Chaîne alimentaire et troisième maillon

Le dernier maillon d’une chaîne alimentaire est constitué des décomposeurs : bactéries et champignons se chargent de décomposer la matière organique non digérée par les consommateurs, en matière assimilable par les plantes. Rien ne se perd !

Les omnivores

Il n’y a pas que l’être humain, pour varier les plaisirs alimentaires. Dans la nature, certaines espèces sont « spécialistes », herbivores ou carnivores exclusifs, mais beaucoup sont « généralistes » ou omnivores. Les oiseaux mangent insectes et fruits, le flamand rose se nourrit à la fois de crevettes, poissons et plantes.

Le réseau alimentaire

Un prédateur n’a pas une proie unique : l’escargot est aussi bien mangé par une poule que par un oiseau. Ainsi appartient-il à plusieurs chaînes alimentaires. La coordination de ces chaînes alimentaires s’appelle le réseau alimentaire.

Les perturbations des chaînes alimentaires

Rétrogradation trophique

Tous les maillons de chaque chaîne alimentaire ont besoin les uns des autres : ils constituent un écosystème stable. Depuis plusieurs années, les scientifiques alertent sur la mise à mal des super prédateurs. Au-delà de l’émotion que nous suscite l’ours polaire, c’est tout un écosystème qui se retrouve en déséquilibre.

Exemple parmi d’autres ? En Afrique sub-saharienne, la raréfaction des lions et léopards a placé le babouin olive en tête de liste de la chaîne alimentaire. Résultat, une augmentation de ces derniers, qui se sont rapprochés des habitations humaines pour leur nourriture. Et les parasites intestinaux du babouin transmis à l’Homme.

Chaîne alimentaire marine

En plus d’être le premier maillon de la chaîne marine, le plancton fournit la moitié de l’oxygène de l’atmosphère, indispensable à la vie terrestre. Or, depuis les années1950, la masse du phytoplancton s’est réduite de 40%. En cause, principalement le réchauffement climatique, qui entraîne une augmentation de la température des océans.

Un réchauffement climatique uniquement d’origine anthropique : l’être humain se met en danger, en mettant à mal à la fois le premier maillon de la chaîne alimentaire et le poumon de la planète.

Chaîne alimentaire et Homme

Pourquoi ne parler de lui qu’en dernier ? Exit, là aussi, la morale, mais il faut scientifiquement remettre chacun à sa place : dans la chaîne alimentaire, le super prédateur qu’est l’Homme se situe au niveau de l’anchois.

C’est l’Ifremer (Institut de recherche pour le développement – Agrocampus – Ouest) qui a fait le calcul du « niveau trophique » de l’Homme : soit « le nombre d’intermédiaires entre les producteurs primaires et leur prédateur ».

Cette étude de 2013 a recouru aux données de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) sur la consommation humaine pour la période 1961-2009. Il s’est avéré que le niveau trophique de l’être humain est de 2.2, soit le même que celui d’un anchois et d’un cochon, quand celui de l’ours polaire est de 5.5.

Que comprendre ? Bien qu’étant un super prédateur, l’être humain se fournit à tous les maillons de la chaîne, et non pas seulement à l’échelon précédant. Il bouleverse l’ordonnancement des écosystèmes et empiète joyeusement sur plusieurs chaînes alimentaires.

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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