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La banquise, sa disparition inéluctable ?

Le point sur une situation qui peut devenir dramatique

L’ours polaire et le phoque du Groenland en dépendent directement : nous aussi ! Avec la fonte de la banquise, l’« amplification polaire » fragilise d’autant l’équilibre du climat planétaire.

Définition de la banquise

Du scandinave « pakis », le « paquet de glace », la banquise est de l’eau de mer gelée.

Quelle est la différence entre banquise et calotte glaciaire ?

La banquise ne se trouve qu’aux Pôles, d’où parfois la confusion avec les calottes glaciaires formées d’eau douce issues des précipitations neigeuses et gelée sur la terre ferme.

Banquises arctique et antarctique

La banquise arctique s’étend sur environ 15 millions de km2, la banquise antarctique sur environ 10 à 20 millions de km2.

Mike Horn, l'incroyable combat de l'Antarctique
Prix mis à jour le 21-06-2021 à 11:34 AM.

Formation de la banquise

Congélation eau de mer

Au regard de sa salinité (23% de sel), la mer ne gèle qu’à partir de – 1, 8 degrés. Elle ne gèle jamais d’un seul coup, ni au-delà d’une certaine profondeur.

En surface, la houle et les vagues freinent le gel de l’eau de mer. Sous la couche de glace, l’eau n’étant plus en contact avec la température externe ne gèle plus.

Si la banquise peut atteindre treize mètres d’épaisseur, elle l’est en moyenne de deux à trois mètres. Et ne coule pas, la glace ayant une densité neuf fois inférieure à la mer à l’état liquide.

Pourquoi n’est-elle pas salée ?

Bien qu’étant de l’eau de mer, la mer qui gèle expulse en profondeur le sel qu’elle contient. Si bien que la banquise n’est pas salée.

Niveau de la mer

Elle n’est pas en-dehors de la mer : lorsqu’elle fond, cela ne modifie en rien le niveau des océans.



Ce n’est pas le cas des calottes glaciaires, qui y ajoutent une quantité d’eau supplémentaire. En tous les cas, il n’y a pas de lien entre fonte de la banquise et élévation du niveau des océans.

Frazil

A la fin de l’été, lorsque les températures aux Pôles chutent à -40°, la mer gèle d’abord sous forme de fines aiguilles de glace ou « frazil » : c’est le premier stade de congélation.

Ce frazil s’agglutine ensuite en « soupe » ou sorbet, qui se transforme en une glace vitrée. Celle-ci épaissit alors plus lentement par sa face inférieure jusqu’à environ deux mètres de glace, pour former ce bloc de glace unique qu’est la banquise.

« Glace en crêpes»

Les météorologues et marins décrivent avec précision les différents stades de gel ou débâcle de la banquise : les« floes » sont les plaques d’eau de mer flottantes, la « glace en crêpes » étant les morceaux de glace de forme arrondie.

Glaces saisonnière ou pérenne

En Antarctique, la banquise est essentiellement saisonnière, dépendante du gel en hiver et de la débâcle en été.

En Arctique, elle est à la fois constituée d’une banquise saisonnière et d’une banquise pérenne. Cette dernière résiste à la fonte estivale : elle peut avoir sept ans et jusqu’à trois mètres d’épaisseur

Cela induit une différence de texture : celle saisonnière est flexible, celle pérenne est cassante.

Vouée à disparition ?

Fonte saisonnière

Chaque été, la banquise de l’Arctique fond de moitié, pour retrouver sa superficie en hiver : il s’agit de la fonte « normale » de la banquise saisonnière.

En Antarctique, surprise malgré le réchauffement climatique : de 1975 à 2015, sa banquise a eu tendance à s’étendre.

Ainsi, au cours de cette période, la banquise de l’Arctique régressait, pendant que celle de l’Antarctique s’étendait. Naturellement, l’Arctique étant entouré de continents, celle-ci ne peut s’étendre. Au contraire, en Antarctique, elle le peut sans contrainte topographique.

Rétroaction océan-glace

Mais pour les scientifiques, l’hypothèse la plus sérieuse de cette extension pendant trente ans de la banquise est la « rétroaction positive océan-glace » : une perturbation du cycle vertical de l’eau de l’océan, les couches intermédiaires les plus chaudes remontant moins bien en surface.

Depuis, celle de l’Antarctique a également régressé…

Les conséquences du réchauffement climatique

Banquise de l’Arctique : fonte record

En 2020, l’Arctique a enregistré une fonte estivale record : 3,74 millions de kilomètres carrés au 15 septembre. Un record pour la deuxième fois depuis le début des relevés satellitaires en 1979, la première ayant été enregistrée en 2012 (3,4 millions de kilomètres carrés).

En moyenne, soit entre 1981 et 2010, la fonte estivale de la banquise de l’Arctique enregistrée est de l’ordre de 6,3 millions de kilomètres carrés (source : Centre national américain de données sur la neige et la glace (NSIDC)).

Banquise de l’Antarctique, déficit de superficie

Depuis 2017, l’Antarctique enregistre un déficit d’extension : au 1er janvier 2019, sa superficie était de 5,47 millions de km², soit un déficit record de 30000 km² sur le précédent, datent de 2017.

Depuis la période 1981- 2010, la banquise de l’Antarctique a perdu 25% de sa superficie, soit 1,88 millions de km².

Impact climatique

Si elle subit le réchauffement climatique et ses effets induits complexes (modification des vents, des courants marins), sa fonte a un impact évident sur ce réchauffement climatique.

Albédo

Elle a une réfraction du rayonnement solaire ou albédo bien supérieure à l’eau de mer à l’état liquide : de 60% pour la banquise, contre 5 à 10% seulement pour les eaux sombres de l’océan, qui absorbent cette chaleur.

Réchauffement des Pôles

Sa font a un effet direct sur le réchauffement climatique enregistré aux Pôles… et réciproquement : plus elle fond, plus sa fonte contribue au réchauffement de ces derniers, en particulier du Pôle Nord. Ce cercle vicieux s’appelle l’« amplification polaire ».

Un phénomène accentué par le déplacement de masses d’air et de courants marins chauds en direction des Pôles.

Quels sont les animaux qui vivent sur la banquise ?

Face à face ours et Homme

La banquise canadienne est le lieu de vie des Inuits, la sibérienne celle des Tchouktches. En fait d’immense autoroute à traîneaux, leur territoire se trouve réduit et morcelé.

Un territoire qu’ils partagent avec l’ours polaire et le phoque. Nous avons tous en tête l’image de l’ours blanc famélique sur son bout de glace à la dérive.

Dans le Tchoukotka, la réalité se fait sentir au quotidien : en 2019, les enfants furent empêchés de se rendre à l’école à pieds, les habitants recourant au système provisoire de disperser des cadavres de phoques autour de leur village, pour les protéger des ours affamés.

Disparition de l’ours polaire ?

Selon l’ONG Polar Bears International, l’ours polaire pourrait disparaître d’ici à 2100 : il reste aujourd’hui en tout et pour tout, 25 000 ours polaires.

Si le plantigrade emblématique du Pôle Nord est capable de jeûner pendant des mois, il ne peut survivre plus d’une centaine de jours avec un poids inférieur à 20% de sa corpulence normale. Quant à la femelle, elle ne peut se priver de stocker la graisse indispensable à la conception d’un ourson.

Toujours selon l’ONG, la réintroduction de l’ours polaire par son élevage en captivité est tout simplement inenvisageable.

Et les phoques

Les phoques du Groenland ont d’ores et déjà réussi une adaptation face à la fonte précoce des glaces : il a été observé que la période d’allaitement des bébés phoques s’est réduite à douze jours.

Pour autant, les phoques élèvent leurs bébés sur la surface de la banquise et non pas dans l’eau. La disparition comme peau de chagrin de leur environnement naturel les met, eux aussi, en péril.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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