Animaux

Le dauphin, l’ami de l’Homme. Mais l’inverse ?

Focus sur cet animal intelligent !

On l’aime bien, mais cela ne se dirait pas. Le dauphin n’a rien contre la compagnie de l’Homme. La réciprocité ne milite pourtant pas assez en faveur de ce mammifère très évolué.

Information sur les dauphins

Dauphin, un mammifère

Le dauphin n’est pas un poisson, mais un mammifère marin de la famille des cétacés : c’est un vertébré (avec une ossature allégée), qui a une respiration pulmonaire et se reproduit dans le placenta de la femelle, celle-ci allaitant ses petits.

Sa température corporelle est une autre caractéristique des mammifères et différence avec les poissons : il a le sang chaud, à une température constante entre 35° et 37° Celsius.

Son ancêtre

On savait que tous les mammifères ont une ascendance terrestre. Longtemps, on a cru qu’il s’agissait du Mesonyx, quadrupède évoquant un chien à sabots et dont les fossiles ont été découverts aux États-Unis et en Chine.

Depuis les travaux du chercheur Hans Thewissen, (Northeastern Ohio Universities College of Medicine and Pharmacy), l’ancêtre des cétacés serait l’Indohyus, découvert en Inde. L’Indohyus aurait été un herbivore au profil d’un petit daim, qui marchait sous l’eau. Il aurait été le premier mammifère à se jeter à l’eau.

Où vit le dauphin ?

Il vit dans tous les mers et océans du monde, des mers polaires aux Tropiques. Selon l’ITIS (Integrated Taxonomic Information System), les dauphins comptent trente-six espèces.

Le grand dauphin

Le plus grand d’entre eux, le grand dauphin (Tursiops truncatus) vit dans toutes les mers du monde, à l’exception des mers fermées.

Le dauphin blanc

Le dauphin blanc ou béluga habite les eaux arctiques.

En Méditerranée, il s’agit du dauphin commun (delphinus delphis).

La sotalie de l’Amazone

Un seul dauphin a colonisé les eaux douces : la sotalie de l’Amazone (Sotalia fluviatilis), que nous appelons communément le dauphin de Guyane. Ce plus petit des dauphins est un côtier : il est présent sur la côte atlantique ouest, du Brésil au Honduras, et dans les Caraïbes.



dauphin rose de l’Amazone
Le dauphin boto ou dauphin rose de l’Amazone vive exclusivement en rivière, donc c’est un dauphin d’eau douce.

Ainsi le dauphin vit-il en haute mer ou proche des côtes, géographie qui détermine son mode de vie, en bandes de centaines voire de milliers pour les pélagiques, en famille d’une quinzaine d’individus pour les côtiers.

Ces dauphins de rivière semblent rose-orange dans le bassin de l’Amazone, où la vase et la végétation décomposée donnent une couleur de thé au milieu aquatique. Une fois hors de l’eau, les dauphins apparaissent gris pâle, certains avec des marques roses.

Les indiens d’Amazonie croyaient que le dauphin boto se transformait en femme pour attirer les pêcheurs dans les fleuves ; à cause de leur couleur rose qui connotait une certaine féminité …

Sa respiration

Il respire par son évent, l’orifice qui résulte de la fusion des deux narines de son ancêtre terrestre et de leur migration sur le sommet de son crâne. De ce fait, il n’y a plus de communication entre l’œsophage et la trachée : ce mammifère ne peut pas respirer par la bouche. Mais il ne peut pas non plus avaler de travers.

Sous l’eau, son évent devient étanche, grâce à des cavités pneumatiques qui se gonflent d’air inspiré. En surface, le dauphine l’ouvre et commence par expirer : un souffle jusqu’à deux mètres de haut.

Sa respiration est lente, mais efficace : entre une à trois respirations par minute, qui renouvellent entre 80 et 90% de l’air de ses poumons. Et il a un taux de myoglobine, protéine qui transporte l’oxygène vers les muscles, très élevé.

Sa respiration n’est pas innée, mais volontaire : elle est irrégulière, selon ses besoins. En apnée, le dauphin conserve une pression égale à celle de l’atmosphère atmosphérique, si bien qu’il n’a pas besoin de respecter des paliers de décompression pour remonter à la surface, son organisme ne dégageant pas d’azote dans le sang.

Sa peau

Le dauphin a la peau douce et lisse : son derme fin et élastique lui permet de nager à une vitesse de 45 km/h. Sa couche adipeuse sert de flotteur pour remonter à la surface et le protège de l’eau froide en profondeur.

Son épiderme sécrète des gouttelettes d’huile, lubrifiant qui favorise l’écoulement de l’eau et lui permet de faire les sauts que l’on aime bien, sa peau ayant une moindre résistance pour plonger dans l’eau.

Sa peau cicatrise très vite : il a un système immunitaire équivalent à celui des mammifères, mais sa couche adipeuse contient des molécules antibactériennes et antimicrobiennes. En cas de blessure, le dauphin ne saigne pas : il referme les vaisseaux de la zone meurtrie.

Souffre-t-il ? Les blessures d’origine anthropique (cordes, filets de pêche, etc), mettent sa vie en péril.

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Comment s’appellent la femelle et le petit du dauphin ?

La femelle du dauphin n’a pas de nom spécifique, quant à leur petit, il est appelé juvénile ou « delphineau« .

Que mange le dauphin ?

Le dauphin est un carnivore. Son rostre possède une dentition : mais contrairement aux autres mammifères, toutes ses dents sont identiques. Il est « homodote ».

Tous les dauphins n’ont pas la même dentition. Celle-ci dépend de son mode d’alimentation : les dauphins ichtyophages (qui mangent exclusivement des poissons) ont un grand nombre de dents (entre 80 et 150) pointues et recourbées vers l’arrière. Ainsi du grand dauphin ou du dauphin bleu.

Les dauphins teuthophages (mangeurs de céphalopodes et mollusques) ont très peu de dents. Ainsi du globicéphale.

Au total, il se nourrit de petits poissons (maquereau, anchois, sardines, mulets, poissons-scie), de mollusques (calamars, encornets, seiches) et crustacés (krill, crevettes). Il peut aussi manger de petits requins, voire de tortues marines.

Quel est le caractère du dauphin ?

Son intelligence

Pour certains le dauphin est une « personne non-humaine ». Ceci indépendamment de la taille de son cerveau : de trois kilos à huit kilos selon l’espèce. Son mode d’écholocalisation et de communication par sifflements sont très sophistiqués.

Il a également conscience de lui-même : il se reconnaît dans un miroir. Et sait à qui il s’adresse : un dauphin aurait cherché de l’aide auprès d’un pêcheur, pour lui décoincer la queue coincée dans un filet de pêche.

Le dauphin est aussi cette espèce qui cultive sa survie : il ne détruit pas son biotope, ne se fait pas la guerre et n’abandonne jamais un congénère blessé.

L’écholocalisation

Grâce à son sonar perfectionné, le dauphin se repère et chasse par écholocalisation : les basses fréquences émises par sa bosse frontale pour localiser ce qui est éloigné, les hautes fréquences émises par la pointe de son rostre pour ce qui est rapproché.

La pollution acoustique représente un risque mortel d’échouage pour le dauphin : il ne repère plus la surface de l’eau pour respirer, et pas non plus sa nourriture. Quant au delphineau, dépendant de sa mère jusqu’à l’âge de huit ans, il s’en éloigne involontairement.

Dessin de dauphin

 

Un dauphin rose

Dauphins en danger ?

Sur les seules côtes atlantiques françaises, l’échouage de dauphins est devenu un phénomène récurrent : 600 au cours de l’hiver 2019- 2020.

En cause, les accidents de pêche. Mais le dauphin est aussi mis en péril par la pollution sonore et la pollution chimique : moins de 50% seraient exempts de pesticides, qu’ils ingèrent au long de la chaîne alimentaire.

Quant à la chasse aux dauphins, elle se perpétue sous forme de massacre rituel aux îles Féroé (Danemark) : si elle est autorisée sur un nombre de plages limité, cette tradition appelée Grindadrap, reste soutenue par le gouvernement danois.

Pour en savoir plus

La rédaction de Toutvert.fr vous invite à prendre connaissance des sujets suivants :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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