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La huppe fasciée, un de nos oiseaux les plus élégants

Elle se fait hélas plus rare : à son retour de sa migration hivernale, la huppe fasciée égaye le printemps. Un beau petit oiseau, chez nous désormais en mal d’habitat.

Présentation de cet oiseau

C’est l’un plus oiseaux les plus spectaculaires de nos contrées : la huppe fasciée (Upupa epops) doit son nom à sa crête qu’elle peut déployer en éventail. Son bec est effilé, propre à extraire larves et cocons d’insectes. Et son plumage est bariolé, le dos arlequin mâtiné de jaune, la poitrine de couleur sable. Surtout, ses ailes arrondies sont rayées blanches et noires. Et le haut de sa crête semble avoir reçu un coup de pinceau noir, en forme de finition de l’œuvre d’art.

Cet élégant oiseau mesure trente petits centimètres pour moins de quatre-vingt-dix grammes. Et peut vivre une dizaine d’années : quelle belle espérance de vie !

La huppe fasciée : migration et habitat

La huppe fasciée est une espèce commune en Europe, en Afrique du Nord et subsaharienne, à Madagascar et en Asie. Petite différence néanmoins, selon les aires de répartition : la huppe fasciée est un oiseau sédentaire en Afrique, migrateur là où l’hiver se fait sentir. Chez nous, c’est donc un oiseau migrateur.

De façon générale, elle aime la campagne découverte : les zones cultivées, les vignobles, les oliveraies, la steppe et la savane boisée. Elle a tout de même besoin d’arbres ou de falaises pour nidifier et dormir. D’où sa préférence pour les bocages avec haies, les bosquets ouverts, les lisières de forêts, les vergers, mais aussi les vieux murs et bâtisses abandonnées.

En France, la huppe fasciée est bien plus présente au sud qu’au nord de la Loire, et d’avril à septembre.

La huppe fasciée, son alimentation

Elle est nettement plus carnivore que plantivore : larves de coléoptères, sauterelles, papillons, mouches, araignées, vers, limaces, mille-pattes, tout ou presque y passe. Pas froid aux yeux, la huppe fasciée se nourrit de proies presque aussi grosses qu’elle : lézards et hannetons ne lui font pas peur, qu’elle neutralise de son bec.

La huppe fasciée, un insectivore de premier ordre
La huppe fasciée, un insectivore de premier ordre

En revanche, ne comptez pas trop l’attirer avec une mangeoire remplie : la huppe fasciée mange seule, sans même ses congénères. Et puis, elle est timide. Elle préfère se débrouiller sans vous, en sondant méticuleusement le sol et les interstices des écorces d’arbres, voire les décharges. Elle y va à toute allure, en sautillant.

La huppe fasciée, un chant perché

C’est presque un discours : « Hup-hup-hup ! ». Selon certains, le nom de la huppe fasciée ne proviendrait pas de sa crête, mais de son chant. Ce pourrait bien être les deux, tant lui aussi, est caractéristique : elle chante tôt le matin. C’est même l’un des joyeux signes du printemps.



Les deux à cinq notes de son Hup-hup-hup ! portent loin : cet oiseau se perche toujours pour chanter, le tout dans des espaces dégagés. Un chant qui peut durer : le mâle s’emploie à baisser la tête pour mieux se gonfler les poumons, et ainsi faire perdurer cet instant.

Ce qu’il dit ? Il signale son territoire et le lieu de la nidification. Un chant qui peut durer longtemps, selon les duels avec ses congénères. Le tout pour notre plaisir du printemps.

Mais il peut aussi changer de registre : quand il est excité, il se met alors à pousser des cris aigus et grinçants, des « shaahr ! ».

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La huppe fasciée, toute une parade nuptiale

Chanter mais aussi voler sont au programme de la parade nuptiale : tout un programme ! Le mâle poursuit littéralement la femelle de son chant et de ses voltiges, pour lui indiquer qu’il est l’élu. Mais attention, il n’aura rien, sans les offrandes alimentaires. D’abord, tu me nourris, ensuite seulement, je veux bien. L’étape estomac fait partie du rituel.

Nichoir de la huppe fasciée

Ensuite, tout est plus simple : une anfractuosité ou une branche d’arbre suffit. Puis la huppe fasciée protège sa couvée annuelle de cinq à huit œufs, au fond d’un nichoir qu’elle aime le plus fermé possible.

Huppe fasciée juvénile

Au bout d’une quinzaine de jours, les premiers juvéniles sont là : si la femelle ressemble au mâle en plus petit et avec le plumage plus terne, ces derniers sont déjà de petites huppes fasciées miniatures.

Notez que seuls les juvéniles les plus costauds survivent : ils mangent toute la ration, sans aucun égard pour les plus faibles, qui se retrouvent le bec vide.

Un adulte nourrissant des juvéniles
Un adulte nourrissant des juvéniles

La huppe fasciée : tout un symbole

Cet oiseau aurait annoncé au roi Salomon la visite à Jérusalem, de la reine de Saba. Tout n’avait pas très bien commencé, car Salomon avait remarqué l’absence de la huppe fasciée de ses superbes volières. Mais il oublia de l’égorger, quand à son retour, l’oiseau lui apprit que la reine de Saba allait venir le voir. Depuis, dans la tradition arabe, la huppe fasciée symbolise la protection contre le mauvais oeil.

La légende perse est différente : le beau-père aurait surpris sa belle-fille en train de se coiffer face à son miroir. Pour lui échapper, elle se transforma en huppe fasciée, avec son peigne sur la tête.

Un oiseau en voie de disparition ?

Depuis 1981, la huppe fasciée est un oiseau protégé. Et après ? La principale cause de sa moindre présence est la disparition de son habitat : jamais vous ne verrez cet oiseau dans les zones céréalières. Si vous voulez en voir, rendez-vous, par exemple, aux salins d’Hyères, importante zone de halte migratoire pour les migrateurs en provenance du nord et de l’est de l’Europe.

La huppe fasciée, vive la Bretagne !

C’est le nord de la Loire et pourtant : en Bretagne sud, il n’est pas rare que des habitants signalent la présence d’une huppe fasciée. Notez que la presse locale s’en fait l’écho : madame ou monsieur Untel ont observé un specimen à tel endroit, photo à l’appui. La raison ? Eh non, pas le changement climatique, mais le bocage préservé.

Pour en savoir plus

La rédaction de Touvert.fr vous propose ces articles sur les oiseaux :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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