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La grive, une vraie boussole climatique

Allez savoir si la grive musicienne, bien présente depuis plusieurs hivers sur tout le sud-ouest de la France, ne le doit pas à l’anticyclone des Açores. Rien à voir avec les effectifs de cet oiseau migrateur, que le chasseur attend de pied un peu trop ferme, sur ses lieux d’hivernage.

Ce passereau commun d’Europe

Le nom de grive vient de la Grèce (graecus en latin) où l’on pensait que ce petit oiseau migrateur prenait ses quartiers d’hiver. Cela n’était pas si mal observé : la grive est l’un des oiseaux nicheurs d’Europe, qui migre au sud avec le solstice d’automne.

Selon où vous habitez, peut-être l’avez-vous déjà observée : elle se reconnaît à son plumage brun tacheté. C’est même ce qui la différencie du merle, auquel elle ressemble beaucoup. D’ailleurs, quelle que soit la variété de grives, ce plumage brun tacheté est caractéristique.

Les différentes espèces

En Europe, plusieurs variétés de grives se rencontrent communément :

Grive musicienne

La Turdus philomelos est la plus répandue, avec entre vingt-cinq et trente-cinq millions de couples nicheurs.

Grive mauvis

La Turdus iliacus compte une vingtaine de millions de couples nicheurs. Son plumage peut varié mais on la reconnaît à son bec long et ses pattes assez fortes.

La grive, ce petit oiseau migrateur
La grive, ce petit oiseau migrateur

Grive litorne, dite « chacha »

La Turdus pilaris, elle aussi, regroupe une vingtaine de millions de couples nicheurs. On la reconnaît à sa calotte grise, ainsi que son croupion. Elle est aussi haute sur pattes.

Grive draine

La Turdus viscivorus est moins nombreuse, avec une petite dizaine de millions de couples nicheurs (source BirdLife International). C’est une des plus grosses grives. Ses pattes sont jaunes pales.

Grive à gorge noire

C’est le mâle qui a ce trait physique distinctif : la gorge noire. Le bas du corps est blanc gris, tandis que le dos et les flancs sont plus foncés. La femelle est plus terne.



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La grive musicienne, une vraie passion à ses dépens

La plus répandue des grives doit son nom au fait qu’elle est l’amie du chant (Philemos, en grec). D’un plumage nettement plus fauve que celui des autres grives, avec le dessous des ailes jaunâtre, elle est aussi la plus grosse : elle est tout juste plus petite que le merle, avec un poids oscillant 65 à 90 grammes, pour vingt-trois centimètres de long et une envergure de trente à un peu moins de quarante centimètres.

Grive et alimentation

Principalement insectivore, la grive musicienne profite de la belle saison pour avoir un régime alimentaire carné (insectes, mais aussi lombrics, araignées, escargots, limaces). Les frimas venus, elle se tourne alors vers le règne végétal, les baies (aubépine, lierre, gui, sureau, mûres) et vers les fruits : parmi ceux-ci, le raisin des vendanges !

Un oiseau migrateur victime de la chasse

La grive musicienne est aussi la plus chassée : c’est le mauvais sort qui attend les grives, à chaque migration hivernale. Pas drôle, de fuir la froide Scandinavie, pour être attendue de pied ferme, là où vous comptiez passer la mauvaise saison.

Chaque année, la grive musicienne (la grive mauvis également) empruntent quatre grands couloirs migratoires : le couloir Atlantique pour les grives venant de Scandinavie, les couloirs rhodaniens et du Massif Central pour les grives venant d’Europe occidentale et d’Europe de l’Est et qui passent par la face Nord des Alpes, le couloir méditerranéen pour celles d’Europe de l’Est qui passent par le sud des Alpes.

Tout un périple, avec des vols de trois cents kilomètres parfois, pour finir piégée : à la glu en Provence Alpes Côte d’Azur, cette colle placée sur les branches des arbres à cet effet ; à la penderie dans les Ardennes, collet avec des baies pour appâter l’oiseau, qui y glisse sa tête.

Une tradition toujours bien vivace, même si l’époque est révolue, d’une « chasse de poste » loin de tout, à une heure de Marseille. Chaque année, les « quotas » de chasse délivrés par le ministère de l’Écologie opposent les protecteurs de la nature aux adeptes de la chasse traditionnelle. Selon la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) les effectifs d’oiseaux communs en Europe, ont diminué de 25% en trente ans.

Un oiseau qui nidifie au nord et en hauteur

Si elle réchappe de la saison de la chasse, qui s’étend d’octobre à février, cet oiseau remonte vers le nord pour nidifier : des milliers de kilomètres, qui tiennent lieu de marche nuptiale. Mâles et femelles se choisissent sur le trajet du retour !

Nid d’œufs de grive
Nid d’œufs de grive

Sur place, le nid est vite fait, bien fait : elle fait son nid en une journée. Hormis la grive mauvis, qui nidifie à hauteur de buisson, les autres grives aiment se percher entre deux mètres cinquante et neuf mètres au-dessus du plancher humain.

De quoi voir la paix : l’oiseau y pond deux à trois couvées par saison, à raison de quatre à six œufs par ponte. La couvaison des œufs bleus à tâche brune dure une petite quinzaine de jours. Les oisillons sont autonomes en un mois.

Où sont les grives ?

Horreur, les grives raffolent du raisin. Mais si les viticulteurs l’apprécient peu, la chair de la grive aurait alors un goût encore plus raffiné. Les anciens le savaient bien, qui élevaient des grives en volières, pour les nourrir de figues, dans le même dessein.

Ne nous appesantissons pas… les grives indiquent, en tous les cas, des signes indéniablement liés au réchauffement climatique : à l’automne, elles ont tendance à migrer vers le sud environ trois semaines plus tôt. Or, on a aussi tendance à vendanger plus tôt, au regard de la maturité du raisin. Allez savoir si elles le devinent, au point de rappliquer plus tôt, ou bien si la Terre se réchauffe !

Dans le sud-ouest de la France, l’arrivée des grives serait plutôt liée à l’anticyclone des Açores : avec ses hautes pressions, il favorise les courants d’air ascendants, que prennent les oiseaux. Une observation sur plusieurs années déjà.

Remarquez, ceci n’est pas propre aux grives. Tous les oiseaux cherchent à s’adapter. Mais le fait que la grive est un oiseau migrateur, en fait un excellent témoin du climat.

Pour en savoir plus

La rédaction de Toutvert.fr vous invite à consulter les articles suivants :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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