Bien-être et santé

Équitation : la plus noble conquête de l’homme, du sport et tout un art

En 2011, l’équitation de tradition française a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité à l’Unesco. L’art de monter à la française, une harmonie entre le cavalier et sa monture, sans le recours à la force.

Les origines de l’équitation

Une référence, que l’exception française

Cette illustre tradition est elle-même l’héritière de l’école italienne de la Renaissance : deux élèves de Pignatelli l’inaugurèrent, Antoine de Pluvinel au XVIIeme siècle qui en créa la première académie. Il préconisait de « faire réfléchir le cheval », et Salomon de La Broue qui rédigera le premier Traité d’équitation et incitera à prendre en compte la « personnalité » du cheval.

Bien avant cela, la plus noble conquête de l’Homme fut synonyme de nomadisme puis de sédentarité. Dès la plus Haute Antiquité, des pasteurs nomades importèrent le cheval d’Asie centrale en Chine, en Europe et en Afrique. Les peuples sédentaires l’adoptèrent : Simon d’Athènes (Ve siècle avant J.-C.) et Xénophon (philosophe et chef militaire) furent les tout premiers marchands de chevaux et maîtres écuyers.

Un rôle avant-tout utilitaire

Deux métiers qui existent toujours : comment acquérir un bon cheval et comment le monter, un savoir-faire toujours actuel ! Néanmoins, bien avant d’être une question de sport ou de loisir, le rôle du cheval fut essentiellement utilitaire, à des fins de transport et guerrier, d’où la singularité de l’école française privilégiant l’élégance, dont le fleuron fut le Cadre noir de Saumur.

Ce rôle longtemps utilitaire, puisque depuis la domestication du cheval jusqu’au XXe siècle, connut nombre de progrès : ainsi au Moyen-Age l’invention du fer à cheval, qui permit de parcourir de plus longues distances. De même que les étriers mis au point par les chinois.

Équitation : un sport noble
Équitation : un sport noble

Les sports équestres, une histoire quasi contemporaine

A la veille de la Seconde guerre mondiale, le cheptel français comptait encore 3 millions de chevaux ! La motorisation des transports et l’industrialisation de l’agriculture modifièrent en très peu de temps l’usage du cheval.

En seulement 25 ans, l’armée pourtant synonyme de cavalerie cessa tout recours au cheval. Et le cheval de trait qui formait une bonne partie du cheptel, disparut quasiment : le cheval de selle est aujourd’hui prédominant, ce qui ne fut pas le cas des siècles durant.

300 000 chevaux et 600 000 cavaliers, c’est l’état des lieux de l’équitation aujourd’hui en France : un sport équestre dont les cavaliers sont pour moitié des cavalières. L’équitation est, du reste, « le » sport où femmes et hommes concourent aux mêmes épreuves. Une exception qui mérite d’être soulignée !

L’équitation mauvaise pour le dos, une idée reçue !

La tradition française, qui fait autorité à travers le monde, conçoit l’équitation comme un sport à deux : le cavalier et sa monture ne font qu’un. La peur de se faire éjecter de son dos par le cheval est surtout une inquiétude de débutant.



Car si la relation entre le cavalier et son cheval est bien conçue, celui-là est à la fois à l’écoute et maître de celui-ci. Imprévisible et craintif, le cheval a besoin d’avoir confiance dans celui qui le monte.

Par ailleurs, l’équitation est un sport très complet. Avez-vous remarqué comme les grands cavaliers ne sont pas gras ? Monter à cheval ne consiste pas à s’asseoir sur un siège qui le veut bien mais à utiliser son corps pour trouver de façon active le meilleur équilibre.

Épaules, bras, cuisses, abdominaux, fessiers, adducteurs, dos, l’équitation fait travailler tous les muscles, en les étirant. Les sports équestres sculptent la silhouette. Et contrairement à l’idée reçue, elle est excellente pour le dos : cette position active renforce les muscles du dos. Pas de souci, à force de monter sur celui d’un cheval, c’est le vôtre qui devient en béton.

Sens de l’équilibre, attitude tonique, musculation en fuseau, monter à cheval développe aussi passablement la concentration et les réflexes. D’ailleurs, au bout d’une heure de manège, vous perdez au bas mot 600 calories.

Évidemment, si vous souffrez sévèrement de la colonne vertébrale (lombalgie ou sciatique) l’équitation n’est pas pour vous. De même, si vous êtes allergique aux poils d’animaux.

Excellent pour oublier le quotidien et se ressourcer

Autre avantage et non des moindres, l’équitation vous fait totalement déconnecter. Rien de tel pour décrocher des dossiers et du quotidien. Un univers en soi, qui vous dépayse en une séance.

En outre, l’équitation réapprend à apprendre : être à l’écoute, patient, faire l’apprentissage d’un monde nouveau, autant de notions que la routine fait oublier. Un cheval est une école de la vie, en trouvant cela à nouveau normal.

Équitation : un sport noble
Équitation : un sport noble

Êtes-vous plutôt dressage ou saut d’obstacles ?

Au total, pas moins d’une vingtaine de disciplines donnent lieu à des championnats de France : de quoi faire !

A eux seuls, les Jeux Olympiques admettent les trois disciplines phare que sont le dressage, le Concours de Saut d’Obstacles (CSO), et le Concours Complet d’Équitation (CCE). Le dressage est la base de l’équitation : lors des différentes figures exécutées, les juges apprécient l’extrême qualité de la relation établie entre le cavalier et son cheval.

Le Concours de Sauts d’Obstacles est la discipline la plus pratiquée en France : il s’agit de franchir les obstacles d’un parcours le plus vite possible et sans les faire tomber.

Quant au Concours Complet d’Équitation, il comprend une reprise de dressage, un parcours de cross et un parcours de saut d’obstacles. Le cross enchaîne en milieu naturel et dans un temps imparti, galopades et franchissement d’obstacles naturels et fixes : troncs d’arbres, haies, buttes, trous, rivières, gués.

Les Jeux Équestres Mondiaux consistent, pour leur part, en huit disciplines : le dressage, le CSO, le CCE, l’attelage à 4 chevaux, l’endurance, le reining, la voltige et le dressage para-équestre. L’endurance ? Il s’agit de ménager sa monture : de 20 à 160 kilomètres le plus vite possible, le critère étant le respect de la condition physique du cheval.

Le reining est dans le droit fil des westerns : guidé avec les rênes dans une seule main, le cheval doit être mené selon différentes figures dont certaines imposées (les patterns) afin de montrer l’aptitude du cavalier à se faire obéir dans l’instant, sur une simple indication. Comme s’il gardait un troupeau de quelques milliers de têtes de bétail.

La voltige se déroule dans un cercle de quinze mètres de diamètre. Les voltigeurs exécutent des figures sur le dos équipé d’un surfaix (une sangle avec des anneaux) aux trois allures du pas, du trot et du galop. De l’art pour l’art.

Mais connaissez-vous le horse-ball ? C’est l’autre sport d’équipe à cheval, avec le polo. Alors que ce dernier se joue avec des maillets pour envoyer la petite balle blanche dans le camp adverse, le horse-ball se joue avec un ballon équipé de six poignées. Chacune des deux équipes de quatre joueurs ont deux manches de dix minutes, pour marquer des points. Les poignées du ballon ? Pour récupérer celui-ci sans descendre de cheval. Là encore, des figures souvent spectaculaires.

En-dehors de ces compétitions séduisantes d’exigence et l’élégance, les promenades et randonnées sont tout aussi attrayantes. Au fait, l’équitation se pratique-t-elle toute l’année ? Oui, bien sûr ! Les manèges sont couverts. Seule une pluie dense annule une séance de plein air. Le froid, jamais. D’ailleurs, ceux qui font de l’équitation ont rarement froid.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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