L’escrime, un sport de ministre…

Vous rêvez de devenir Laura Flessel ? On vous explique tous les bienfaits de ce courtois sport de combat à trois armes, où la France excelle. Focus sur l’escrime.


Trois sports en un : épée, fleuret et sabre

« En garde ! » Eh oui, en escrime, le français est la langue officielle au niveau international : élégante exception à la règle de la mondialisation, pour cet art de toucher l’adversaire de l’estoc et de la taille.

Quand est née l’escrime ? Bien avant les romans de cape et d’épée, dès que l’Homme a su tailler le silex puis battre le fer. L’épée est l’arme blanche historique du preux chevalier, qui ne se fera pas faute de croiser le fer tout au long du Moyen-Age : elle est le glaive romain qui s’allonge à mesure de l’invention des parades, dont la fameuse cotte de maille.

Toujours au Moyen-Age, Excalibur est l’épée magique du roi Arthur, dignement entouré de ses chevaliers de la Table ronde. Puis c’est Joyeuse, l’épée de Charlemagne dans la chanson de Roland, mais aussi celle du sacre des rois de France. Avec Saint-Louis apparaissent les premiers maîtres d’armes. Et l’épée conquiert aussi l’Allemagne et l’Italie.




Mais c’est l’Espagne, qui fait alors montre d’ingéniosité : la rapière devient l’épée dernier cri. Avec sa lame fine et souple, et sa garde subtilement maniable, cette épée d’un genre nouveau sort des champs de bataille pour annoncer les prémices d’un loisir : on ne tranche plus, on touche de la pointe – l’estoc.

Le duel, une spécificité française

Avec le XVIe siècle, le duel devient une spécificité française. Un véritable fleuron, synonyme de lettres de noblesse. Au point qu’au XVIIe siècle, Louis XIV anoblira les meilleurs maîtres d’armes. Au siècle suivant encore, l’un de ceux-ci, La Boëssière mettra au point le masque grillagé pour protéger le visage.

A la fin du Second Empire, la perspective d’en découdre avec la Prusse conduit Napoléon III à rétablir l’instruction obligatoire de l’escrime aux soldats. L’épée sert aussi aux députés et journalistes : le dernier duel du genre eut lieu en 1967. Le député en question s’appelait Gaston Defferre, feu l’indéboulonnable député-maire de Marseille !

Découvrez l'escrime sous un autre jour
Découvrez l’escrime sous un autre jour


Une longue histoire, que celle de l’épée, au regard de ses sœur et frère d’arme. Le fleuret n’apparut qu’au XVIe siècle, précisément avec le duel. Plus court, il servait à s’entraîner sans s’entre tuer, d’où la fleur de laine qui équipait sa pointe et lui donna son nom.

Quant au sabre, sa forme courbe vient de Hongrie : au XVIIe siècle en France, son ergonomie équipa en particulier la chevalerie. Mais souvenez-vous du capitaine Haddock : le sabre d’abordage trancha quelques cordages et quelques cous sur les pontons !

En escrime, à chacun sa lame

On se résume… l’escrime est un sport de combat avec des armes blanches en acier : le fleuret pèse 500 g et sa lame est de 90 centimètres au maximum. A la pointe carrée. Au fleuret, seul le tronc peut être touché (buste, épaules, cou), jamais le visage.

Plus longue (110 cm au maximum) et plus lourde (770 g), l’épée permet de toucher n’importe quelle partie du corps, de la tête aux pieds.

Quant au sabre, il peut se manier à deux mains, pour toucher n’importe quelle partie du haut du corps, non seulement de la pointe, mais aussi du tranchant et du dos de la lame.

Notre ministre des Sports est, pour sa part, spécialiste de l’épée : quintuple médaillée olympique, dont deux médailles d’or lors des JO d’Atlanta en 1996, premiers Jeux Olympiques à admettre les femmes dans la discipline.




Un sport de finesse et de concentration

Qu’apporte l’escrime ? Pas automatiquement un portefeuille ministériel… mais indéniablement une certaine acuité mentale. En escrime, le meilleur n’est ni le plus grand, ni le plus fort, mais celui qui a la meilleure « vélocité mentale ».

Le geste le plus important : la fameuse fente, qui consiste à plier un genou pour toucher l’adversaire. De quoi se muscler les jambes et apprendre à fléchir rapidement, avant de reculer promptement.

Étonnant, de constater comme un escrimeur transpire, à l’issue d’une rencontre. Eh oui, la concentration ! S’escrimer, c’est se concentrer sur les moindres faits et gestes de l’adversaire. Une excellente discipline également, pour développer la concentration visuelle.

Découvrez l'escrime sous un autre jour
Découvrez l’escrime sous un autre jour

Finesse, élégance, respect de l’autre, les qualificatifs ne manquent pas, pour louer l’adresse et l’esprit de ce sport de combat. En outre, il se pratique depuis le plus jeune âge sans la cruauté physique d’autres sports : l’escrime ne traumatise pas les articulations et provoque très peu de blessures. Hormis les éventuelles entorses ou tendinites.

Un sport courtois, qui cultive souplesse et tonicité. A défaut d’avoir le plus grand nombre de licenciés (60 000), la Fédération Française d’escrime est celle qui totalise le plus grand nombre de médaillés olympiques (115). Donc, si vous avez peu de chance du côté de l’avenue de France, il vous reste l’Olympe.

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