Ski : que penser de ce sport qui ne fait pas l’unanimité ?

Tout shuss en ski alpin, ou version randonnée pour sportivement admirer le paysage, ce sport n’a pas toujours été un loisir. Et cherche aujourd’hui comment faire bon ménage avec l’environnement.


La petite histoire

Avant d’adopter le mot norvégien de « ski », qui désignait les billettes et raquettes en bois, la France utilisa celui de patins.

De l’Altaï aux sports d’hiver

Une pratique géographiquement très circonscrite : pourtant connu depuis le néolithique, ainsi que l’attestent des peintures rupestres, le ski se borna jusqu’au XIXe siècle, aux contrées polaires de l’Altaï et du nord de la Chine.

Ce sont les Norvégiens, qui le firent alors connaître au reste du monde. En 1888, la traversée du Groenland à ski par l’expédition Nansen eut un retentissement mondial.




Ce mode de locomotion sur neige des chasseurs de buffles et de chevaux intéressa alors fortement les militaires, qui eurent un grand rôle dans la promotion de ce moyen de déplacement.

En France, l’alpiniste grenoblois Henri Duhamel fut le premier français à chausser des skis, qu’il découvrit à l’Exposition universelle de 1878. Puis à Chamonix, le docteur Payot visite ses malades à ski. Et en fait à son tour, la promotion.

Un sport à part entière

Premiers Jeux Olympiques d’hiver à Chamonix en 1924, création de la Fédération Française de Ski et l’École de haute montagne en 1932 à Chamonix, de l’École du Ski Français en 1937 par Émile Allais, Paul Gignoux et Charles Diebold : ce sport devient un phénomène de société. Voici venu le temps des sports d’hiver.

Le ski alpin, lui, voit le jour dans le Tyrol autrichien : Kitzbühel est toujours le temple de la glisse, avec la Streif, la plus belle et la plus sportive descente au monde.



Les noms défilent, Jean Vuarnet, Jean-Claude Killy, Marielle Goitschel, et aujourd’hui l’américaine Mikaela Shiffrin et l’autrichien Marcel Hirscher.

Ski et environnement : pas toujours la bonne entente

Chaque année en France, les 600 pistes des seules Alpes accueillent sept millions d’adeptes du ski alpin… celui qui fait le moins bien bon ménage avec l’environnement.

Ces 600 stations des Alpes, ce sont un millier de remontées mécaniques, avec la neige obligatoirement au rendez-vous de la semaine de location du citadin. Bilan carbone le plus lourd, les moyens de transport pour parvenir aux stations : la moitié du bilan carbone d’une saison de ski !

Skier et respecter l'environnement
Skier et respecter l’environnement

Viennent ensuite la consommation énergétique des remontées mécaniques.

Et le besoin en eau, en cas de recours à la neige artificielle. Selon la Commission Internationale pour la Protection des Alpes, 95 milliards de litres d’eau sont nécessaires pour couvrir de neige artificielle les 23 800 hectares de pistes alpines. Une eau prélevée dans les rivières, les lacs et les bassins de retenue.




Comment skier en limitant son impact sur l’environnement ?

Face à la fragilité de la montagne au regard du réchauffement climatique, l’Association Nationale des Maires des Stations de Montagne (ANMSM) s’est dotée d’une charte en matière de gestion durable du patrimoine naturel. Et une association telle que Moutain Riders établit la liste des stations écologiquement les plus engagées.

Une station comme Avoriaz interdit la circulation automobile en son centre, et Orcières Merlettes (Hautes-Alpes) a procédé à l’enfouissement sous terre des lignes de haute tension, pour protéger les oiseaux du site.

Soi-même ? Plutôt que de faire la queue au pied d’un remonte-pente, vous adoptiez le « ski alpinisme », l’appellation officielle du ski de randonnée. Il y a belle lurette que le matériel est aussi au point que celui du ski alpin. Et que le ski de randonnée n’est plus si pépère. Il dispense des remontées mécaniques et du damage des pistes, au profit du paysage.

Il y a l’embarras du choix :  jusqu’au « Trophée Mezzalama », la course en ski de randonnée la plus haute d’Europe dans la vallée d’Aoste, à plus de 4000 mètres d’altitude.

Et pour sa santé à soi ?

Air pur et changement de décor, ce sport est une véritable parenthèse santé dans l’année. Si le ski alpin fait travailler tous muscles et notamment ceux qui n’en n’ont pas l’habitude (fessiers, sangle abdominale, dos), le ski alpinisme a le gros avantage de faire aussi travailler le rythme cardiaque.

Skier et respecter l'environnement
Skier et respecter l’environnement

Par ailleurs, la majorité des accidents concernent le ski alpin, de la simple entorse à la fracture. Les accidents en ski alpinisme sont bien plus rares.

Tant qu’à ne pas gâcher ses vacances, évitez de chausser les skis en stressant, dans la minute de votre arrivée dans la station : ça fait parisien, et c’est le meilleur moyen de provoquer l’accident.

En résumé, le ski alpin est né dans les Alpes, ce n’est pas une raison pour qu’il court à sa perte. Ni vous-même à la vôtre. Choisissez bien votre station (les usines pour skieurs ne sont pas automatiquement les plus agréables) et votre façon de skier : en accord ou en contradiction avec la nature.

Pour en savoir plus

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