Vivre au naturel

Cire de carnauba : une polyvalence à toute épreuve

Brillante… à une exception près

Des bonbons aux autos en passant par le chêne massif, la cire de carnauba fait sans problème le grand écart. Naturelle, saine et multi-usage, elle possède tous les atouts pour trôner en bonne place dans notre maison. Parfaite, vraiment ? On fait le bilan.

Qu’est-ce que la cire de carnauba ?

Comme pour toute cire végétale, il faut une espèce botanique en guise de point de départ. Ici, notre heureuse élue s’appelle Copernicia prunifera. Originaire du nord-est du Brésil, ce palmier fut découvert pour la première fois par les Jésuites espagnols. Émerveillés par son potentiel, ils exploitaient notamment ses racines pour la confection d’onguents anti-inflammatoires, ses fruits comme succédané de café ou encore son bois pour les constructions.

Pourtant, seule la cire qu’elle produit a su véritablement se forger un nom. Une fois les jeunes feuilles séchées, celles-ci libèrent des écailles de cire qui sont ensuite recueillies par battage ou raclage. Un travail titanesque, quand on sait qu’une seule feuille ne renferme que 2 petits grammes de cire !

La matière obtenue prend l’aspect de copeaux jaune-brun, particulièrement cassants et odorants. La cire de carnauba constitue d’ailleurs la plus dure et la plus résistante des cires végétales.

Cire de carnauba : quelles utilisations ?

Cire de carnauba alimentaire : bonbons, chocolats, fruits…

Dans l’industrie alimentaire, la cire de carnauba correspond à un additif de nom de code E903. Utilisée principalement comme agent d’enrobage des confiseries (oursons en gelée, chocolats, chewing-gums…), elle est particulièrement appréciée pour ses propriétés anti-agglomérantes – qui évitent que nos bonbons collent entre eux !

Adhérant particulièrement bien aux denrées, elle recouvre parfois la peau des fruits frais, comme les pommes. Elle favorise notamment une meilleure conservation de la couleur et protège du dessèchement.

Autorisée en agriculture biologique (si elle-même issue d’un mode de production bio), elle ne présente à ce jour aucun risque connu pour la santé.

Cire de carnauba en cosmétique : peau et cheveux

Présentant un point de fusion particulièrement élevé, la cire de carnauba se veut très résistante à la chaleur. Elle entre ainsi dans la composition de nombreux produits de maquillage longue tenue : rouges à lèvres, mascaras waterproof, crayons… Elle évite également une sensation collante désagréable du make-up sur la peau.

Parfois intégrée dans des émulsions ou des baumes comme épaississant, elle détient un pouvoir filmogène qui protège la peau des agressions. Dans les soins capillaires, elle redonne force et éclat aux cheveux ternes et fragiles.

Pot de crème visage maison avec des boutons de rose
Une cire idéale pour les baumes et les crèmes


Cire de carnauba pour le bois

Dans un tout autre registre, la cire de carnauba fait des merveilles sur les parquets et meubles en bois, qu’ils soient déjà cirés ou encore bruts. Nourrissante, elle lustre et fait briller les surfaces tout en ravivant le veinage naturel. Elle dispose également d’un côté hydrofugeant (imperméabilisant à l’eau). Pour ne rien gâcher, elle exerce un effet antistatique : elle facilite donc grandement le nettoyage en limitant la fixation de la poussière.

Choisie brute, la cire de carnauba est relativement puissante : elle pourra être diluée dans de l’eau pour nettoyer les sols par exemple. Mélangée avec de la cire d’abeille, elle fera une excellente cire pour bois solide à appliquer sur le mobilier.

Décidément très complète, cette cire végétale dépasse le simple entretien du bois : elle convient tout autant au béton ciré, au carrelage, au lino, à la pierre ou aux tomettes en terre cuite. Un indispensable naturel à garder dans un coin de son placard ménager !

Cire de carnauba et voiture

Pour une voiture rutilante, rien de tel que la cire de carnauba ! Ce polish naturel redonne brillance et éclat aux carrosseries en les préservant d’une décoloration prématurée due au temps ou au soleil. Naturellement hydrophobe, elle isole la peinture de l’humidité et garantit ainsi sa longévité. Moins abrasive qu’une cire synthétique, elle sera particulièrement adaptée aux véhicules neufs ou en bon état.

Seul point noir, cette cire ne présente pas une protection très durable. Pour conserver un bolide étincelant, vous devrez donc vous armer d’un peu plus d’huile de coude et en repasser une fine couche tous les 2 mois environ.

Ouvrier frottant avec un tissu le capot d'une belle voiture
Un entretien naturel de son véhicule

Cire de carnauba : quels dangers ?

Si elle ne présence pas de toxicité référencée, la cire de carnauba a toutefois fait l’objet d’une vive polémique d’un tout autre ordre en 2017.

Dans le documentaire Der Haribo-Check, la chaîne de télévision allemande ARD accuse la multinationale Haribo de travailler avec des fournisseurs de carnauba dont les pratiques « pourraient être décrites comme de l’esclavage » – selon les termes mêmes du ministère du travail brésilien. N’ayant accès ni aux sanitaires ni à l’eau potable, les travailleurs dorment directement sur leur lieu de travail, dans des camions voire à même le sol, pour un salaire n’excédant pas 10 euros par jour.

Cette exploitation des temps modernes révélée au grand jour a tout de même conduit le géant du bonbon à mener des audits et à examiner de plus près les conditions de travail dans les plantations. Éthique, la cire de carnauba ? Faute de davantage de transparence, les doutes sont aujourd’hui permis.

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