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Le phasme, le champion du camouflage

Découvrez le phasme, cet insecte qui imite la nature.

Brindille, écorce, feuille, le phasme (Phasmida) est cet insecte qui imite à merveille le règne végétal pour se cacher de ses prédateurs (les oiseaux). Au point que dans la nature, il n’est pas facile à repérer : surtout que par précaution supplémentaire, le phasme est un insecte nocturne.

D’où l’intérêt d’en élever chez soi, de manière à observer le plus curieux des insectes. C’est fou, tout ce qu’il fait : en cas de danger, il imite une feuille, une brindille, une écorce selon l’espèce. Il peut aussi faire semblant d’être mort, en tombant en catalepsie. Et s’il doit fuir, il est capable d’abandonner à son prédateur jusqu’à trois pattes, elles repousseront !

Le phasme est un insecte parfaitement inoffensif, que l’on peut prendre dans le creux de la main. Pas de souci, il se promènera sur votre bras sans aucun danger pour vous.

Elever des phasmes permet d’observer la nature chez soi : cet insecte qui ne vole pas (sauf une espèce américaine) mue pour grandir, entre sept à huit fois, stades de croissance bien visibles. Et puis cet insecte se reproduit : des œufs eux aussi déguisés en graines minuscules, dont vont éclore de vrais adultes en miniature.

Le phasme vit en moyenne une année, si bien qu’il y a le temps de l’observer avant qu’il ne laisse la place à la génération suivante. Quelle que soit l’espèce, la femelle est nettement plus grosse que le mâle. Sa reproduction est sexuée ou bien se fait par pathogenèse : la division d’un gamète femelle. Cela fait longtemps que la nature a inventé la monoparentalité !

Le phasme, les espèces représentatives

Le phasme n’est pas une espèce protégée : pas de souci, avoir des phasmes chez soi est légal. C’est principalement un insecte des régions tropicales. Il y a le choix, il en existe 3000 espèces recensées : de toutes les tailles, celui mesurant à peine plus d’un centimètre au phasme de près de cinquante centimètres.

Les phasmes-bâton

Ce sont les deux espèces les plus classiques pour débuter. Il en existe deux sortes : le phasme-bâton originaire du Vietnam (Cuniculina imbriga), au corps fusiforme et qui imite une brindille. Ce phasme-bâton a une reproduction sexuée : au bout de trois mois, les bébés phasmes-bâton sortiront de l’œuf, pas plus gros qu’une nervure de feuille.

Le phasme morose

Le Carausius morosus est l’autre variété de phasme-bâton que l’on peut aussi trouver sans souci tout au long de l’année : le phasme morose est l’espèce très utilisée pour étudier les phasmes dans les écoles. De corps également fusiforme, il a une reproduction par parthogénèse. Il faut dire que chez ce phasme, le mâle est très rare. La femelle se débrouille donc toute seule.

Le phasme feuille

Le phyllie est originaire de l’île de Luzon, au nord-ouest des Philippines : le phasme-feuille fait partie des phasmes de petite taille (huit centimètres pour la femelle, cinq pour le mâle) et a la réputation d’être plus fragile. Mais son aspect de véritable feuille est vraiment étonnant : tout plat et de couleur vert clair, il ressemble à une feuille dans le vent, qu’accentue sa démarche chancelante.



Le phasme scorpion

Le extatosoma tiaratum est originaire d’Australie : à la naissance, le phasme-scorpion ressemble à une fourmi ! Celles-ci raffolent des œufs de scorpion, mais parfois se trompent. Si bien que le phasme-scorpion voit parfois le jour au beau milieu d’une fourmilière : il s’en échappe en catimini, ni vu, ni connu. La nature a tout prévu ! Une fois dehors, changement de décor : il se met à ressembler à un scorpion.

Le phasme à tiare

Extatosoma tiaratum est également originaire d’Australie : lui aussi ressemble à un scorpion. Et change surtout de couleur : si vous le déposez sur du lichen, il va en prendre l’aspect !

Dryococelus australis : le géant
Dryococelus australis : le géant

Le phasme géant

Le Dryococelus australis est celui que l’on croyait disparu : il avait été classé parmi les espèces éteintes, jusqu’à ce qu’en 2001, deux chercheurs australiens en dénichent. Le phasme géant est endémique de l’île de Howe, site totalement paradisiaque entre l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle Calédonie. Un jour de 1918, un navire anglais y échoua, avec des passagers clandestins qu’étaient des rats. Ces derniers firent main basse sur le phasme géant. Mais à l’évidence, certains spécimens leur avaient donc échappé.

Les phasmes que l’on trouve en France

Ne relâchez jamais des espèces de phasmes non endémiques d’un milieu, elles ne risquent pas de l’envahir, mais au contraire de ne pas y survivre. En France, on trouve trois espèces de phasmes à l’état naturel, toutes les trois plus petites et moins colorées que leurs congénères tropicaux.

Le phasme « gaulois » est petit et brun, le phasme « espagnol » est vert, et le phasme de Rossi (Bacillus rossius) endémique du bassin méditerranéen, qui ressemble à une jolie brindille verte, mais qui est le plus rare des trois.

De façon générale, les phasmes aimant la chaleur, ils se trouvent plutôt au sud de la Loire, en Provence, dans le Languedoc- Roussillon et en Midi-Pyrénées. Seul le Gaulois peut se trouver en Bretagne et en Normandie.

Le phasme, quelle nourriture ?

Pas besoin d’avoir un gros budget, pour nourrir cet insecte : la majorité mange des ronces. Selon les phasmes, leur autre alimentation est du lierre, de laurier, du millepertuis, du troène, du lichen.

Autant de variétés végétales qui se trouvent dans un coin de votre bout de jardin. Ou en bord de chemin, lors d’une promenade au bois, ou dans la garrigue pour le phasme de Rossi, qui aime bien la bruyère et la myrte.

Une précaution à prendre : bien rincer ces feuilles, car comme tous les insectes, il ne survit pas aux insecticides. Et cela humidifie les feuilles, ce qui lui permet de se désaltérer.

Le phasme : élevage

Pour bien accueillir vos phasmes, préparez- leur un terrarium : un aquarium avec aération fait très bien l’affaire. Sur le plancher, disposez du papier absorbant humidifié, qui maintiendra conservera bien l’humidité, et se renouvelle facilement pour la propreté.

Il ne vous reste plus qu’à lui prévoir le garde-manger : dans un petit pot rempli d’eau, disposez plusieurs ronces et autres végétaux appropriés selon votre variété de phasmes. Attention, l’eau de ce petit pot conserve les végétaux : mais pour éviter que les phasmes s’y noient, fermez le pot avec son couvercle que vous aurez au préalable percé, ou bien ajouter du papier absorbant dedans.

N’hésitez pas à bien garnir le terrarium de végétaux : les bébés phasmes ont un peu de mal à trouver leur nourriture. Plus il y en a, plus vous leur facilitez la tâche.

Autre astuce, coupez le bout de certaines feuilles, le suc dégagera une odeur qui va les aider à les repérer.

Attention à ce que les phasmes aient toujours de quoi se nourrir : sinon, ils confondent leurs congénères avec une feuille, et en font leur repas.

La température de votre terrarium doit entre 23 et 26 degrés et son hygrométrie entre 60 et 80%. Avec un brumisateur, pulvérisez de l’eau, mais pas trop sur les vitres : cela pourrait attirer les phasmes, qui s’en retrouveraient collés par phénomène de ventouse. Humidifiez donc surtout le plancher les la végétation.

Il ne vous reste plus qu’à déposer vos phasmes chacun sur une feuille différente, et à les regarder changer de couleur, prendre la forme de végétaux, grandir et se reproduire. Vous pouvez les prendre au creux de la main, mais manipulez-les avec délicatesse tout de même.

Le phasme : quel prix ?

Les phasmes se trouvent en insecterie à raison d’une vingtaine d’euros l’unité. Vous pouvez aussi acheter des œufs pour six à sept euros le sachet.

En résumé, l’élevage de phasmes est facile et n’implique pas un gros budget.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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