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Plongée : descendez dans le monde du silence

332 mètres : c’est record de plongée sous-marine avec bouteilles. Il est détenu par l’égyptien Ahmed Gamal Gabr : en 2014, il avait réalisé la plongée en 12 minutes, et la remontée en 15 heures, pour cause de paliers. A votre tour, initiez-vous au fabuleux monde du silence.

L’histoire de la plongée sous-marine

La fascination subaquatique ne date pas d’hier : les Romains plongeaient en apnée pour le murex, coquillage dont ils extrayaient la pourpre. Et les Grecs, ainsi qu’en témoignèrent les écrits d’Hippocrate, utilisaient les éponges pour faire des pansements compressifs.

Mais le monde sous-marin est devenu grand public avec les toutes premières images tournées par Jacques-Yves Cousteau, en apnée (Par dix-huit mètres de fond, en 1942) puis en scaphandre autonome (Épaves en 1943). Deux documentaires tournés plus de dix ans avant Le monde du silence de Louis Malle, et que vous pouvez visionner sur internet : en noir et blanc, mais c’est superbe.

Aujourd’hui, le décalage entre l’habitude de voir des images de la qualité d’Océans de Jacques Perrin, et se dire que l’on va s’y mettre est assez saisissant.

La plongée : un sport, deux approches

La plongée libre, celle de Pierre Frolla et de Jacques Mayol

La plongée en apnée (ou libre) est la plongée sans respirer. Première impression : le Grand Bleu de Luc Besson est un peu plus profond que sa baignoire perso. Les fosses d’initiation permettent la plongée en apnée à 5, 10, 15 et parfois 20 mètres de fond (celle de Villeneuve La Garenne, dans les Hauts-de-Seine).

C’est vite vu : libre ne veut pas dire sans contrainte. D’ailleurs,  l’apnée ne se pratique pas seul, c’est interdit au regard du risque de syncope dû à la moindre oxygénation du cerveau. Notez qu’au bord de la fosse, on est rarement pris d’un accès existalo-misanthrope.

On n’a pas tellement envie d’improviser non plus. Et c’est fou, ce qu’on apprend ! La préparation physique n’est pas un vain mot : la digestion doit être terminée, vous mangerez une choucroute un autre jour ; et la préparation mentale faite de concentration et de relâchement, sert à économiser de l’énergie (le stress est un glouton énergétique). Une bonne part de l’apnée consiste en cette économie d’énergie : d’où l’apprentissage des plongeons et postures, pour limiter l’activité musculaire qui consomme de l’oxygène.

Un apprentissage toujours progressif : bien à l’écoute du moniteur et de votre corps, vous franchirez votre appréhension pour goûter à un vrai plaisir. Ne serait-ce qu’à 5 mètres de profondeur, les sensations sont réelles : vous aurez appris y compris à compenser le déséquilibre entre oreille interne et externe. Ainsi que le dit Pierre Frolla, le monégasque quadruple recordman du monde « l’apnée est une école de la vie qui permet de savoir qui on est, où est la barrière, et ce qu’il ne faut pas faire pour dépasser cette limite. »

Avec des bouteilles, façon James Cameron, Cousteau, Ahmed Gamal Gabr

C’est la façon idéale pour découvrir les fonds marins. La première initiation se fait par le baptême de plongée : possible dès l’âge de huit ans ! Pour un enfant, le critère est évidemment d’abord son envie : met-il sans appréhension la tête sous l’eau ? Si oui, il aimera aller voir les poissons entre 2 et 6 mètres, profondeur identique pour un baptême adulte. Le niveau 1 permet ensuite de plonger jusqu’à 20 mètres, le niveau 2 en autonomie jusqu’à 20 mètres et avec un moniteur jusqu’à 40 mètres, le niveau 3 en autonomie jusqu’à 60 mètres (à partir de 18 ans).

L’essentiel de l’apprentissage de la plongée avec bouteilles est d’apprendre à respirer par la bouche. Vive le snorkeling ou randonnée palmée, pour s’exercer : c’est ce que l’on appelle la « plongée de surface ». Palmes, masque et tuba apprennent à respirer par la bouche. Et cela donne envie d’aller plus loin dans l’exploration. Respirer et nager lentement pour ne pas accélérer le rythme cardiaque, cela s’apprend.



Et puis, il y a les fameux paliers de décompression : avec les bouteilles, le plongeur respire de l’air comprimé (21% d’oxygène et 79% d’azote). A l’air libre, nos poumons rejettent l’azote qui ne lui sert à rien. Pas sous l’eau : avec la pression, l’azote se stocke dans l’organisme (dans les tissus via le sang). Plus la pression est forte avec la profondeur, plus on en stocke. A la remontée, avec la pression moindre, l’azote passe à nouveau des tissus au sang, sous la forme de microbulles. Les paliers évitent l’accident de décompression.

La plongée pour découvrir la nature autrement
La plongée pour découvrir la nature autrement

Lors d’une plongée classique de 12 mètres, votre moniteur vous fera faire un palier : généralement par une pause pour vous montrer la beauté de l’environnement marin. Vous saurez déjà communiquer sous l’eau : un cercle de l’index et du pouce pour dire que tout est « ok », la main les doigts écartés dirigés vers le bas pour signifier que quelque chose ne va pas.

Les bienfaits de la plongée

C’est bon pour le mental !

Il est rare que la plongée fasse des malheureux. On revient toujours ravi de cette expérience inédite. C’est le principal bénéfice de la plongée : la gratification d’avoir osé rejoindre les poissons. Avec l’expérience, ce sera le plaisir à l’état pur. N’y cherchez pas autre chose, on ne plonge pas pour se muscler ou s’affiner la silhouette. C’est du bienfait mental à 100%.

Les contre-indications à la pratique

Si vous êtes sujet à la perte de connaissance, avec des problèmes respiratoires ou ORL, la plongée n’est, en revanche, pas trop pour vous. De même si vous êtes sujet au mal de mer ou trop émotif : plonger doit être un plaisir, pas un cauchemar.

Où peut-on plonger ?

L’autre bout du monde commence par chez vous...

Plonger est plutôt une activité du printemps à l’automne. Mais pourquoi ne pas s’initier en hiver en fosse de plongée, pour rejoindre les fonds marins à la belle saison ? A contre saison, on pense aux Caraïbes, aux Maldives, à Hawaï et à la Thaïlande. C’est chouette, mais cela fait un séjour concentré sur une semaine ou quinze jours.

La plongée pour découvrir la nature autrement
La plongée pour découvrir la nature autrement

Plus proche, plongez en France : en Méditerranée, les îles d’Hyères sont des sites remarquables : l’îlot de la Gabinière, Port-Cros, Porquerolles (les épaves du Donator et du Grec). Et puis, il y a la Corse, évidemment (le golfe de Porto). Vous pouvez aussi plonger en Bretagne (en rade de Brest et au Conquet).

En eau douce ? Au Pays Basque, il y a les fabuleuses gorges de Karkuetta, véritable Amazonie des Pyrénées basques. Le site est juste magnifique. Sinon, vous pouvez tenter l’expérience de la plongée sous glace, à Tignes. Là, vous ne plongez pas pour les poissons, et la combinaison isothermique est encore plus de rigueur. Mais ce n’est pas mal non plus.

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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