Animaux

La perruche, parce qu’elle n’est pas le femelle du perroquet

Ce charmant oiseau de compagnie a tout à voir avec le perroquet : et rien à voir. On vous explique tout. Vous allez adopter la perruche.

Définition : la perruche, un oiseau migrant ?

En France, la présence de perruches à collier daterait des années 1970, lors de leur évasion à l’aéroport d’Orly, d’un conteneur en provenance d’Inde. Depuis une dizaine d’années, la perruche à collier serait sérieusement devenue un oiseau européen, avec quelque 85 000 spécimens recensés. En région parisienne, le Parc de Sceaux est même l’un de leurs lieux de villégiature favori.

La perruche n’en reste pas moins un oiseau exotique originaire d’Australie (c’est le cas de la perruche ondulée), d’Inde ou d’Amérique du Sud.

Perruche, les espèces représentatives

Au total, il existe une soixantaine d’espèces de perruches différentes : si la famille la plus importante est celle des perruches psittacidés, la perruche ondulée, la perruche à collier (originaire d’Afrique et d’Asie) et la perruche calopsitte sont les trois autres espèces les plus connues. Les « inséparables », eux, vous le savez, proviennent de Madagascar : ils ont inspiré plus d’un titre de film éponyme, à commencer par la comédie musicale avec Frank Sinatra et Deborah Kerr.

Mais la perruche souris (Myiopsitta monachus) ou « cornure veuve», véritable petit perroquet (il n’y a pas d’erreur) miniature originaire d’Amérique du Sud (Brésil et Argentine), est très appréciée pour sa vivacité et son intelligence : elle a une aptitude à parler de manière compréhensible (ah, l’envie d’avoir un oiseau qui s’exprime comme nous !) et se lie d’affection avec son propriétaire (ça aussi, c’est très recherché). Pour ceux qui n’en n’ont jamais vu, il y en a désormais dans les parcs en Espagne, dans le sud de la France et en Italie. Au nord, c’est donc plutôt la version oiseau en cage, rien n’ayant encore été signalé du côté d’Orly !

Perruche ou perroquet ?

Ah, la taxinomie ! Serait-ce le sens de l’humour de cet oiseau de compagnie de rappeler sa nature sauvage, que de nous emmêler les cases quand on veut soigneusement le ranger dans un taxon ?

Au XIXe siècle, le naturaliste et zoologiste allemand Johann Georg Wagler entreprit, avec le zoologiste et explorateur Johann Baptist von Spix qui se rendait régulièrement au Brésil, de classer un peu toute cette nature. Sa prédilection se porta sur les serpents et les perruches. On lui doit « Monographia Psittacorum », la première bible de la description des perroquets et perruches. Avec de très belles planches, dont une magnifique description de l’ara bleu.

Adopter une perruche sans souci
Adopter une perruche sans souci

Avouez que, pour un spécialiste des perruches, ça ne commençait pas bien, l’ara étant un perroquet. Et cela a un peu tout compliqué : « Tous les oiseaux à becs crochus et zygodactyles (comprenez : deux doigts à l’avant et deux doigts à l’arrière) font partie de l’ordre des psittaciformes ». C’est lui qui l’a édicté en 1830. Jusque-là, tout va bien : sachant que les psittaciformes se subdivisent en trois grandes familles, les psittacidés, les cacatuidés et les loriidés.

Là, tout va à peu près encore : les psittacidés sont la famille la plus nombreuse (340 espèces environ) et les cacatuidés la moins nombreuse (25 espèces de cacatoès) : par cette seule probabilité, on se dit que l’on ne va pas se tromper pour différencier une perruche d’un perroquet.



Comment différencier la perruche du perroquet ?

Et puis, tout le monde le sait, le perroquet est gros, a un gros bec, il est intelligent et sait parler. Tandis que la perruche est petite, elle a un petit bec, une petite queue, elle serait moins intelligente (et même presque bête) et ne saurait pas parler. En revanche, elle est facile à mettre en cage. Vous me suivez ? De là à croire que la perruche est la femelle du perroquet, il n’y a qu’un pas que vous ne franchirez pas.

Car, c’est justement faux. Non seulement la perruche n’est pas la femelle du perroquet, mais les contre-exemples à cette démonstration sont multiples : le ara est bien un perroquet, sauf qu’il est petit et même fin, et n’a pas de longue queue. Tandis que la perruche Grand-Alexandre mesure facilement ses 50 cm, et a un bec considéré comme l’un des plus gros du monde aviaire.

La perruche peut-elle parler ?

Quant au fait de parler ou non, tous les psittaciformes ont un syrinx, l’organe qui permet d’émettre des sons. La différence ? Les espèces apprivoisées de longue date (la perruche ondulée) ont une plus grande aptitude à restituer des sons proches du vocable humain : tiens, le même apprentissage que nous…

Moralité ? La perruche n’est pas non plus l’inférieure du perroquet. Et, peu importe la case dans laquelle vous la mettez : adopter une perruche au lieu d’un perroquet n’est pas déchoir !

Perruches : quelle espérance de vie ?

Et prenez en soin, elle vous le rendra pendant une bonne dizaine d’années, son espérance de vie moyenne. En réalité, elles vous le rendront, car on n’adopte jamais une perruche seule, mais au moins deux : la perruche a horreur de la solitude à en dépérir, et le fameux miroir où une perruche peut se voir en croyant qu’elle a un alter ego est un subterfuge qui ne marche pas.

La cage pour perruche ? Elles volent à l’horizontale !

Prévoyez une cage spacieuse : même devenu un animal de compagnie, son atavisme a conservé une certaine idée de l’espace. Et choisissez une cage plus large que haute : les perruches volent à l’horizontale !

C’est encore mieux avec des barreaux, dans le sens longitudinal : ce détail a autant d’importance que si vous vous imaginiez grimper des escaliers avec les marches posées à la verticale. N’oubliez évidemment pas le perchoir au milieu.

Une cage que vous aurez pris le soin d’installer avant de revenir avec vos perruches sous votre aile. Et que vous ouvriez de temps en temps (si besoin, fermez vos fenêtres avant), pour qu’elle vienne se poser sur votre épaule.

Nourriture de la perruche

Le fameux os de sèche

C’est un peu le signe distinctif de la cage à perruches : elles se font le bec sur cette source de calcium. Ce qu’elles mangent ? Des pousses germées (de préférence non séchées, celles-ci contenant moins de vitamines) et tout comme vous, tous les jours fruits et légumes.

En voici la liste : pour les légumes, épinards, salade, carotte, brocoli, poivron, chou, carottes. A éviter à tout prix : avocat, feuilles de betterave, pommes de terre crues.

Pour les fruits : les pommes qui sont le fruit préféré des perruches, les oranges, les poires, le raisin, les bananes, le melon, les fraises (eh oui !) et, cela va de soi, les fruits tropicaux. Mais, là, on change de budget. Évitez, en tous les cas, les tous les fruits à noyaux.

De l’eau

Quant à l’eau mettez leur à disposition de l’eau renouvelée deux fois par jour.

Les perruches, ça crie ?

La perruche n’étant pas une solitaire, elle communique. Mais c’est surtout un oiseau de proie, et soucieux de la présence de prédateurs : elle a besoin de se situer dans son environnement, en échangeant avec l’autre perruche que vous avez adoptée. En cas de danger, elle émet alors les fameux sons stridents qui peuvent vous agacer.

Sachez que si vous êtes totalement silencieux face à vos perruches, elles vous percevront comme un animal tapi, prêt à les agresser : il faut toujours parler à ses perruches ! Mais si vous entrez en vous exprimant trop bruyamment, les rôles s’inversent : vous êtes leur proie. Et elles en crieront tout autant, à la perspective de vous happer tout cru.

Pour éviter les séquences proie-prédateur, ne les fixez pas du regard en silence, mais ne hurlez pas non plus. Et, pour les apaiser, rien de tel qu’une faible luminosité.

Sinon, une perruche émet toute une gamme de sons qui ne sont pas des cris : elle gazouille, rituellement à son lever et à son coucher, quand elle fait son toilettage, et au moment de passer à table. Elle peut aussi se prêter à quelques vocalises : là, elle joue avec vous, voire teste comment vous réagissez.

Et quand elle chante ou ne crie pas ? Il y a le langage du corps. Si elle s’étire les ailes, tout va bien, elle se détend. Quant à sa toilette, elle l’a fait avec application, chaque jour plume par plume, en se grattant aussi la tête pour en éliminer les impuretés et ouvrir les tubes de kératine. Oui, une perruche, c’est propre !

Enfin, si elle se tient sur une patte, do not disturb, elle s’apprête à s’endormir.

Reproduction de la perruche

Besoin d’être en couple

Les perruches s’accouplent à partir de l’âge d’un an. Pour ce faire, le mâle et la femelle ont besoin de se connaître : pas de progéniture entre inconnus ! Le plus facile est donc d’adopter un couple qui se reproduira. Il a aussi besoin d’intimité : ne soyez surtout pas voyeur ! Et, puis, vous aurez prévu un nid : pas de nid, pas d’oisillon.

Adopter une perruche sans souci
Adopter une perruche sans souci

Une + un = combien ?

La perruche pond entre quatre à six œufs. Au bout d’une vingtaine de jours, ceux qui auront été fécondés écloront. Nettoyez méticuleusement la cage, l’hygiène est importante : faite-le lorsque la perruche se nourrit, de manière à ce qu’elle ne vous agresse pas de son bec. N’hésitez pas alors à prendre les oisillons dans le creux de la main, votre odeur ne gênera ensuite pas la perruche : elle a un très mauvais odorat.

Au bout de trois semaines, placez un brin de millet dans la cage : la perruche va le grignoter et le régurgiter dans le bec de ses petits.

Au fait, les oisillons sont-ils des mâles ou des femelles ? Allez, on vous aide, les mâles ont le bec bleu et les femelles, jaune.

Une perruche à quel prix ?

Une trentaine d’euros en moyenne. Mais, puisque vous en adoptez deux, sachez qu’il y a des tarifs pour un couple ! Le plus onéreux reste la cage.

Pour en savoir plus

La rédaction de Toutvert.fr vous propose :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

Nous vous conseillons aussi

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nous vous conseillons aussi

Fermer
Bouton retour en haut de la page
Fermer