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L’autruche, le plus gros oiseau du monde

Son ancêtre savait voler : l’ autruche en est incapable, mais bat bien d’autres records.

Présentation

Paradoxal ? Le plus gros oiseau du monde est inapte au vol. Unique survivante du genre Struthionidae, l’autruche est de la famille des ratites (avec le kiwi, le casoar, l’émeu) : son sternum est dépourvu de bréchet, cet os sur lequel s’arriment les muscles reliés aux ailes chez les oiseaux qui volent.

Elle n’en détient pas moins quelques records : ses mensurations (en moyenne 2 m pour la femelle et 2m80 pour le mâle, avec un poids moyen respectif de 90 et 150 kilos) et sa vitesse de déplacement : 40km/heure en moyenne, avec des pointes à 70km/h.

Autre record : l’autruche est mondialement connue, alors qu’à l’état sauvage, elle ne vit qu’en certains endroits de l’Afrique (le sud du Sahara, la Somalie, l’Éthiopie, la Zambie) et en Australie.

Il est vrai qu’elle a une silhouette étonnante : un gros corps arrondi juché sur des pattes fines et puissantes. Et ce long cou qui s’achève sur une drôle de tête : en proportion, une tête d’épingle, avec deux yeux qui sont les plus gros du monde animal terrestre.

Et puis, il y a ce tempérament : entre sa façon de mettre sa tête dans le sable et son sens de la fuite, elle incarne à tort, la politique de l’autruche.

L’autruche, son ancêtre volait

C’est une contre-vérité à laquelle en 2014, des chercheurs de l’Université d’Adélaïde ont mis un terme : à l’époque des dinosaures, non seulement les autruches volaient, mais elles n’auraient pas pu se rendre autrement que par les airs, en Australie et en Nouvelle-Zélande, déjà détachées du continent.

Sauf que l’autruche a été très maline : avec la disparition des dinosaures, elle a su profiter de la manne alimentaire de ce fait disponible. Et pris les airs. En Océanie comme en Afrique, elle a pris de l’embonpoint : résultat, impossible de voler. Mais cela lui était moins impératif, au regard du moins grand nombre de prédateurs.

L’autruche, sa vie de famille

L’autruche a l’instinct grégaire : on est plus fort à plusieurs. Mais ces groupes de cinq à six autruches ont un seul mâle pour plusieurs autruches. Et n’imaginez pas qu’il se pavane : au moment de la reproduction, il opte pour la femelle dominante.

Quant aux autruches isolées, ce sont des mâles sans leur cortège de femelles. Notez que cela n’est pas si rare. Et qu’elle survivent tout de même.



L’autruche, son œuf

Son œuf est le plus gros du monde : un kilo et demi, l’équivalent de vingt-quatre œufs de poule. Soit une omelette pour une dizaine de personnes. Quant à se faire un œuf à la coque, il faut compter quarante-cinq minutes.

L’autruche applique naturellement la colocation et l’égalité hommes-femmes : les femelles partagent un même nid, pour une meilleure surveillance. Et les œufs sont couvés alternativement par la femelle (le jour) et par le mâle (la nuit). Disons que les femelles ont inventé le travail de nuit, mais pas pour elles.

Après les quarante-cinq jours de couvaison, l’autruchon tout mignon fait son apparition : il va grandir de trente centimètres pas mois !

L’autruche, ses pattes

L’autruche est nomade : dans la savane, elle parcourt des kilomètres pour se nourrir. La rareté l’a rendue omnivore, mais elle préfère l’herbe, dont elle a besoin de cinq à six kilos par jour. Elle a aussi besoin de boire beaucoup, ce qui représente aussi des kilomètres.

Ses pattes sont très puissantes. Elles se finissent par ces deux doigts, qui lui servent de basket de marathonienne. Le doigt intérieur est le plus développé des deux. Mais elles lui sont aussi une arme de défense : l’autruche est capable de tuer un lion ou un léopard d’un coup de pattes. Attention à l’homme, il peut lui en arriver autant.

L’autruche, sa tête dans le sol

Cette fâcheuse réputation lui colle au plumage : l’autruche cherche sa nourriture au sol, herbe de la savane et petits cailloux qui facilitent la digestion. Et lors de la couvaison, elle débarrasse l’œuf des lézards et autre intrus, qui profitent de sa chaleur. De toute façon, en cas de prédateur, avouez que se mettre la tête dans le sable ne lui servirait pas à grand-chose. Mieux vaut prendre ses fameuses pattes à son cou.

Dessins d’autruche

 

 

Deux espèces représentatives

Il existe deux espèces d’autruche : l’autruche d’Afrique (Struthio camelus) et l’autruche de Somalie (Struthio molybdophanes).

Si la Somalie est en Afrique, les deux espèces se distinguent par leurs répartitions géographiques bien distinctes : celle d’Afrique vit au sud du Sahara, celle de Somalie dans la partie Est du continent.

Quant à des différences réelles, le mâle d’Afrique a le plumage noir et la queue blanche, mais l’autruche de Somalie aurait le blanc de la queue nettement plus immaculé le cou moins rose. Elle serait aussi plus solitaire.

Quant à l’autruche de la Bible (Struthio camelus syriacus), sa lignée s’est éteinte : selon le livre de Job, elle faisait beaucoup de choses, y compris l’entretien de la voirie dont elle mangeait l’herbe. Les nomades raffolaient aussi des courses d’autruches. Sauf que cela fait belle lurette qu’elle a disparu de ce qui était la Mésopotamie.

L’autruche rieuse, pas très loin

A Montmachoux en Seine-et-Marne, Emmanuel et Sylvette Robert ont une ferme pédagogique avec un élevage de cent trente autruches. Élevage ? L’autruche n’est pourtant pas reconnue comme un animal domestique, ce qui oblige à quelques démarches administratives. Pour le visiteur, c’est plus sympa : visites individuelles, en famille ou en groupe.

En cas de pluie, pas d’inquiétude pour les autruches : elles supportent le froid et la pluie aussi bien que le chaud. Elles sont seulement sensibles au vent.

L’autruche, un rôle écologique

Il n’est jamais bon pour la biodiversité, de perdre des espèces. Au Niger, l’autruche a été réintroduite pour le bon équilibre des écosystèmes. Et puis, l’autruche est un peu le « cochon de l’Afrique ».

Ses plumes servent aux cabarets. Quant à sa viande, moins grasse que celle du bœuf, allez savoir si elles ne seraient pas une alternative écologique pour les irréductibles carnivores…

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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