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La mouette, l’habitante de nos côtes (après nous)

La mouette, c’est le camping de vacances, la crêperie, le bar breton. Il y a même une commune qui s’appelle les Mouettes (en Haute-Normandie). C’est aussi la grande copine de Gaston Lagaffe (Alfortunada). La mouette est le symbole de nos côtes. Mais se fait entendre jusqu’à Paris.

Présentation : pour ne plus la confondre avec un goéland

Dis maman, c’est une mouette ou un goéland ? D’accord, la permière est un oiseau marin de la famille des laridés, c’est-à-dire des oiseaux aux pattes palmées faites pour les milieux aquatiques : tout comme son cousin le goéland ou bien la sterne.

Mais encore ? Regardez sa taille : elle n’est pas plus grosse qu’un pigeon, son bec crochu et ses pattes sont bien rouge. Quant à son plumage, si les laridés ne sont pas très colorés, il est généralement blanc, avec un capuchon noir en période nuptiale, qui correspond à l’été.

Autres signes distinctifs ? Si vous n’êtes pas en bord de mer, vous avez toutes les chances pour qu’il s’agisse d’une mouette : les goélands ne s’aventurent pas dans les terres, les mouettes habitent les fleuves, rivières. Et désormais aussi la ville. Et puis allez, elle se moque de vous : ne dites pas le contraire, elle vous a ricané au nez.

Les mouettes sont opportunistes : c’est l’image du bateau de pêche qui rentre au port avec une nuée de mouettes dans son sillage : déchets de poissons, poissons (tant qu’à faire), crustacés, mais aussi votre pique-nique.

N’ayez crainte, si vous en êtes d’un sandwich, elle n’est jamais agressive à l’encontre de l’être humain (vous n’êtes pas un bon casse-croûte), sauf si vous vous approchez de son nid. Là, attention, elle a très bonne vue : elle voit même au beau milieu d’une tempête.

La mouette à Paris

Eh oui, cet oiseau aime Paname. Remarquez, ce n’est pas automatiquement mauvais signe. C’est un oiseau migrateur : les mouettes parisiennes viennent parfois du Danemark voire de Biélorussie !

Ce qui leur plaît ? Les toits de Paris ! Véridique, les mouettes aiment ces courants d’air chaud en hiver, qui se dégagent d’édifices tels que les gares, pour se faire porter d’une masse d’air chaud à une autre : tout comme avec les courants marins. Côté nourriture, c’est un peu plus opportuniste : fruits, graines, insectes terrestres… et poubelles.

Le fameux rire de la mouette

Il y a même un championnat du monde du cri de la mouette : pendant le festival de Dunkerque, c’est à celui qui l’imitera le mieux !
Il y aurait autant de cris différents que d’espèces de mouettes. Une certitude, c’est un oiseau bruyant. La palme revenant à la mouette rieuse, dont le cri donne l’impression qu’elle se moque de vous.

Dessins de mouette

 



Les espèces représentatives

Environ 885 000 mouettes ont été répertoriées en France (les comptages sont hivernaux).

La mouette rieuse, la plus commune

Larus ridibundus est celle des côtes françaises, même si on peut y rencontrer les plus rares mouettes pygmées (Larus minutus) et mouettes mélanocéphales (Larus melanocephalus).

Il faut dire que la rieuse est l’espèce la plus commune à travers le monde, qui se retrouve désormais sous presque toutes les latitudes tempérées.

Reconnaissable à son plumage blanc en hiver avec le bout des ailes gris, c’est elle qui arbore un capuchon de couleur chocolat en période nuptiale. Elle a l’instinct grégaire développé hors période nuptiale. Et est sociable, d’où sa cohabitation avec l’homme.

Au fait, savez-vous comment elle défend son nid d’un prédateur ? Elle crie pour faire s’envoler les oiseaux alentour, qui en lâchent une fiente sur le malotru. Bien joué ! Cela s’appelle le « houspillage » ou « mobbing ».

La mouette grise

La Chroicocephalus cirrocephalus se rencontre en Afrique sub-saharienne (très occasionnellement au Maghreb), en Amérique du sud (Argentine, Brésil, Chili, Pérou) et sur les rives de la Mer Rouge.

La grise habite les zones terrestres humides, depuis les littoraux et estuaires, jusqu’aux zones artificielles (exploitations de sel). Mais contrairement à la rieuse, la grise ne se trouve jamais en pleine mer.

La grise ressemble à une rieuse en plus grand : 40 centimètres de long pour un mètre d’envergure. Et en plus foncé : si ses pattes palmées et son bec sont également rouge, son plumage est gris foncé.

Quant à son cri, il est plus rauque, plus proche de celui de la corneille que de la mouette rieuse.

La mouette à tête noire, celle de vos vacances aux Antilles

Vous la verrez plus sûrement en Guadeloupe, mais elle n’est pas absente de la Martinique : comme son nom l’indique, elle a la tête noire, mais aussi les paupières blanches. Son cou, son ventre et le dessous de ses ailes sont blancs. Son dos est gris et l’extrémité de ses ailes noires. Son bec est rouge ou bien foncé, et ses pattes noires.

La mouette blanche, celle de l’Arctique

La Pagophila eburnea, encore appelée mouette ivoire ou goéland sénateur, habite aux limites de la vie : cette espèce arctique toute blanche quitte parfois la banquise pour se replier au sud, les îles Britanniques.

La blanche est la compagne de l’ours polaire : charognarde, elle dépèce les restes de son menu. Sauf que le garde-manger est souvent chiche sous ces latitudes, ce qui l’amène à se contenter des résidus alimentaires contenus dans les excréments d’ours, de morses et de phoques.

Il faut savoir se débrouiller vite : à la naissance, la petite mouette blanche a déjà du duvet, puis son plumage adulte au bout de onze jours. Au bout de trois semaines, elle sait se nourrir.

Son rôle écologique

La présence de la mouette en milieu urbain n’est pas sans intérêt : elle rejoint le moineau domestique et le rat surmulot, qui ont quasi-déserté le milieu sauvage et se sont adaptés à la vie de l’homme. Des espèces à forte adaptabilité, à l’alimentation variée et qui n’ont pas de crainte de changer de milieu.

Autre étude en cours, le rôle des mouettes dans leur interaction avec les parasites : c’est le cas de la mouette tridactyle, qui pond des œufs avec anticorps, contre les parasites dont elle est porteuse : en l’occurrence, le tique de la maladie de Lyme.

Pour en savoir plus

Plus d’informations sur les oiseaux, leur mode de vie et leur intérêt écologique :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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