Animaux

Le kiwi, l’emblème de la Nouvelle-Zélande

Du maori kivi-kivi – notre onomatopée « cuit-cuit » -, le kiwi est endémique de la Nouvelle Zélande. Une fierté non dénuée d’inquiétude.

Kiwi : les origines de cet animal

Comment cet oiseau qui ne vole pas a-t-il pu atterrir en Nouvelle-Zélande ? Bien avant que l’être humain ne découvre ce séduisant archipel du bout du Pacifique, il était habité par des chauve-souris (mine de rien, un cinquième des mammifères) et des oiseaux territoriaux.

Selon la légende maori, cet oiseau vivait en haut des arbres et avait des ailes magnifiques. Un jour, le dieu de la forêt, Tane, demanda aux oiseaux de vivre au pied des arbres pour les protéger des insectes. Seul le kiwi sacrifia ses ailes pour la forêt.

Selon la version européenne, en 1906 l’australien William Ramsay donna au cirage de son invention, le nom de Kiwi, lieu de naissance de sa femme. Lors de la Première guerre mondiale, ce cirage enduit même les godillots néo-zélandais, qui en rapportèrent le nom chez eux.

Cela n’explique pas l’origine scientifique de cet oiseau : aux dernières nouvelles, le kiwi et l’émeu, qui ont une ADN cousine, descendraient tous deux d’un oiseau australien. En attesterait le fossile d’oiseau âgé de vingt millions d’années, retrouvé en 2011 au sud de la Nouvelle-Zélande : au hic près, qu’il lui manque les os des ailes. Alala !

Présentation et description

Sa silhouette est caractéristique : un petit corps dodu juché sur des pattes munies de belles griffes, et un long bec recourbé qui fouille dans le sol. En Nouvelle-Zélande, le kiwi est sur les panneaux de prévention : « caution at night », car les chiens tuent facilement les kiwis. Et sur la pièce de 1 dollar néo-zélandais.

Pas question de l’élever : cet oiseau vit à l’état sauvage uniquement, en forêt jusqu’à une altitude de 1200 mètres. Pas même question de l’implanter ailleurs : les tentatives pour faire déménager le kiwi… en Nouvelle-Zélande se sont soldées par un échec.

C’est un oiseau nocturne : la journée, il vit dans les terriers qu’il s’est creusés. D’ailleurs, il attend que la mousse ait poussé à l’entrée, pour y habiter. Et change de terrier chaque jour, un vrai cachotier.

Le kiwi fuit la lumière : il sort la nuit pour se nourrir : grâce à son excellent odorat, il repère les larves d’insectes, vers et autres invertébrés, éventuellement de baies tombées au sol. Du bec, il tape le sol et le renifle. Gare aux vers, il enfonce aussi son bec profondément dans le sol.



Le kiwi, sa taille

Il n’est pas bien gros : en moyenne entre 35 et 65 cm pour un kilo et demi. Une seule exception, le kiwi roa. Quant à la femelle, elle est plus grosse que le mâle, ce qui n’est pas une rareté naturelle. En revanche, elle a des croupions d’ailes : un indice de plus ?

Le kiwi, l’œuf le plus gros du monde

Son œuf représente 20% voire plus, du poids de la femelle : en proportion, c’est le plus gros œuf au monde. Un œuf qui grossit presque à vue d’œil : un mois de gestation seulement !

Cet œuf est tellement encombrant, que l’estomac de la femelle n’a plus de place. Si bien qu’elle emmagasine de la graisse avant, et jeûne pendant un mois. Quant à l’inconfort, elle sort – toujours la nuit – tremper les inflammations de son abdomen dans des mares.

Une fois l’œuf pondu, le mâle prend le relais : il le couve pendant deux mois et demi. Et là, une fois l’éclosion, débrouille-toi : dix jours après, le petit kiwi qui ne deviendra adulte qu’au bout de six ans, est laissé à lui-même par ses parents.

Une proie si facile, qu’un kiwi sur vingt seulement parvient au stade adulte. Là, faute de prédateurs hormis les chiens et les furets, il peut jouir d’une espérance de vie d’une trentaine d’années.

Le kiwi, une espèce en danger

Depuis 2008, le kiwi est inscrit sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) : s’il n’a pas de réel prédateur, la disparition de son habitat a aboutit à une forte diminution des populations : cinq millions il y a moins de dix ans, 75 000 aujourd’hui.

Des cinq espèces de kiwis existantes, deux sont en situation de vulnérabilité (le kiwi austral et le kiwi roa), le Kiwi brun de l’île du Nord est en danger d’extinction, et le Kiwi d’Owen a quasiment disparu.

Seul le Kiwi d’Okarito, éponyme de la forêt du sud de l’île sud de la Nouvelle-Zélande, n’est pas en danger : il s’agit même d’une espèce de kiwi brun identifié en 2003 seulement.

Kiwi : dessin de cet animal

 

 

Les espèces représentatives

Le kiwi roa, le plus gros de tous

Le kiwi roa (Apteryx haastii) mesure près de 45 centimètres pour plus de trois kilos. Son habitat est l’ouest de la Nouvelle-Zélande, cette superbe région du Westland, faite de Parcs nationaux et de glaciers. Un rêve d’amoureux de la nature.

Tout comme les autres kiwis, le roa vit la nuit. Petite différence tout de même : lors de la nidification, il estime le périmètre de protection à vingt-cinq hectares, qu’il défend bec et cris : pas un intrus, homme compris, ne doit pénétrer dans cette zone. Il est vrai que le roa ne pond qu’un œuf par an, de quoi faire attention.

Le kiwi de Mantell

C’est celui que vous aurez le plus de chance d’apercevoir : alors que les autres espèces vivent surtout sur les îlots de l’archipel néo-zélandais et dans les régions préservées de l’ouest pour le roa, le kiwi de Mantell n’ayant pas changé d’habitat, il vit toujours non loin des contrées où l’homme s’est établi.

Signe caractéristique ? Il est brun. Et comme tous les autres , il a le sternum creux, ce qui le rend excessivement vulnérable aux morsures de chien.

Pour en savoir plus

Plus d’informations sur la nature et la faune :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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