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La grande distribution est-elle eco compatible ?

Fonctionnant sur un modèle vieux de plus d’un siècle, la grande distribution cherche aujourd’hui de nouveaux leviers pour poursuivre son développement économique.

Devant l’engouement pour le bio, l’éthique et le responsable, nos grandes enseignes n’hésitent plus à mettre en avant leurs politiques de développement durable. Alors, le modèle de grande surface est-il compatible avec ces valeurs ?

La grande distribution est-elle eco compatible ?

Le premier magasin en libre service (cash and carry) a été ouvert en 1916 aux États-Unis. But avoué de la démarche ? Réduire les frais de commercialisation en laissant le consommateur se servir lui-même. Le premier supermarché sera ouvert 14 ans plus tard à New-York.

L’idée essaime en France au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale quand Edouard Leclerc ouvre son premier magasin et pose les prémices de ce qui force son identité actuel : s’approvisionner moins cher via une centrale d’achat pour revendre moins cher au consommateur. Carrefour suivra rapidement en s’installant à Ste Geneviève des Bois.

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Le nombre réduit des acteurs de ce secteur et la concentration des centrales d’achat, intermédiaires entre les producteurs et les distributeurs, permet de tirer au maximum les prix vers le bas en achetant de gros volumes. Et n’oublions pas que ce modèle économique, s’il prédomine dans le secteur alimentaire, est également présente dans de nombreux autres secteurs : mode, équipements ménagers, voyages, culture,… Rien ne lui échappe.

En devenant leader sur ce marché, la grande distribution à contribuer à faire disparaître la quasi-totalité des petits commerces indépendants.

Elle impose également une forte pression sur l’agriculture et les petites entreprises agro-alimentaires pour obtenir les prix les plus réduits possible, au détriment de la viabilité de ses fournisseurs. Et le résultat est sans appel, pour 1 emploi créé en grande distribution, ce sont 5 emplois qui sont détruits par ailleurs.

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Du point de vue environnemental, les grandes surfaces ont un bilan particulièrement lourd. Leur mode de fonctionnement spécifique en fait de gros consommateurs de transport, d’énergie et de gros producteurs de déchets. Pourquoi ? Constituée d’un circuit long, émaillé de nombreux intermédiaires, la grande distribution requiert l’utilisation de nombreux entrepôts et plateformes pour stocker et faire transiter les marchandises à travers la France et le monde. Et elles transitent dans 70% des cas, par la route. Par ailleurs, parce que généralement implantées en périphéries des villes, elles imposent à leurs clients de recourir à l’usage de la voiture ce qui génère 70 fois plus de CO2 et nécessite 30 fois plus d’énergie que de faire ses courses dans un commerce de proximité.

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De plus, avec un besoin moyen de 800 à 900 kWh au m², les 7000 hypermarchés français couvrant presque 20 millions de m², sont des dévoreurs d’énergie. Si leurs besoins en éclairage et en climatisation sont importants, c’est surtout la réfrigération qui alourdit le bilan en représentant 50% de la facture. Consommation d’autant plus injustifiable que la quasi-totalité des meubles frigorifiques sont ouverts. En s’engageant à en fermer 75% d’ici 2020, 8 grandes enseignes espèrent voir leurs bilans s’alléger.



Enfin, 52% des déchets des grandes surfaces proviennent des emballages des produits qu’elle met en rayon. Cartons, plastiques, films, cagettes, palettes, … la liste est longue et elle s’alourdit encore plus des sacs plastiques qui devaient disparaître au 1er janvier 2014 sous peine de taxation mais dont le décret d’application de la loi attend toujours la publication. Et si nous sommes passés d’une consommation annuelle de 17 milliards de sacs plastique en 2006 à 1,6 milliard en 2010, le récent scandale lié aux sacs oxodégradables, qui échapperaient à cette taxe mais produiraient des effets pires que ceux qu’ils devraient éviter, relance le débat.

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Pour contrer ces problèmes, les distributeurs mettent de plus en plus en avant leurs initiatives en développement durable et en RSE. Chacun d’entre eux à lancé sa gamme de produits bio, certains diffusent des spots de pub vantant la suppression des suremballages, d’autres encore se félicitent d’apparaître dans le « Top Employers » de l’année.

Le chemin semble toutefois bien long et ces initiatives bien légères au regard de leur bilan défavorable. Les consommateurs eux-mêmes semblent chercher des alternatives concrètes à cette situation et la popularité croissante des AMAP, des circuits de distributions courts et autres initiatives confirment l’envie d’un retour vers une consommation réellement plus responsable.

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