Santé au naturel

Urétrite infectieuse : attention, en augmentation !

Une IST douloureuse

C’est l’infection sexuellement transmissible la plus répandue : l’urétrite ou si vous préférez, la blennorragie ou même la “chaude-pisse” n’est pas seulement cette maladie des “clapiers”, comme on appelait autrefois les bordels parisiens. Très contagieuse, elle est en forte augmentation.

Urétrite : définition

L’urétrite est une inflammation de l’urètre. Chez les deux sexes, l’urètre est le conduit qui relie la vessie au méat urinaire, l’orifice par lequel sort l’urine lors des mictions.

Chez la femme, l’urètre est étroit et court (4cm). Chez l’homme, il mesure environ 15cm et a une fonction à la fois urinaire et génitale : il sert au passage de l’urine et du sperme.

Et uretère ?

L’urètre n’est pas l’uretère : l’uretère est le canal de passage de l’urine entre le rein à la vessie. Nous avons deux uretères et une urètre.

Urétrite : principalement d’origine infectieuse

L’urétrite est très majoritairement d’origine infectieuse. Elle est l’une des rares infections qui n’a pas été transmise à l’Homme par l’animal.

Infections sexuellement transmissibles

Le mode de transmission de l’urétrite est principalement sexuel : l’urétrite infectieuse est l’infection transmissible (IST) la plus répandue. Mais elle n’est pas exclusivement une IST : en certains cas, elle peut surgir spontanément.

La transmission sexuelle se fait par le contact avec le pénis y compris en l’absence d’éjaculation, le vagin, la bouche ou l’anus de la personne infectée, même si celle-ci est asymptomatique. En France, elle touche plus particulièrement les hommes jeunes (jusqu’à 30 ans). C’est chez la femme, qu’elle est le plus souvent asymptomatique.

Urétrite infectieuse gonococcique

L’urétrite infectieuse gonococcique ou gonorrhée est la plus fréquente : elle due à une bactérie, le gonocoque (Neisseria gonorrhoeae).

Mutation du gonocoque ?

En janvier 2021, l’OMS a alerté sur une mutation du gonocoque, celle-ci résistante aux antibiotiques habituels. En 2017 déjà, le Dr Teodora Wi, médecin au département Santé reproductive à l’OMS, avait alerté sur l’”intelligence” de cette bactérie, qui mutait pour résister aux antibiotiques.

Explications d'un médecin sur un écran d'ordinateur



Urétrite non infectieuse non gonococcique

Son diagnostic se fait par exclusion : lorsqu’elle est non gonococcique (UNG), elle peut être due à une autre bactérie, le Chlamydia trachomatis, qui représente de 20 à 70% des UNG. Dans un quart des cas, l’urétrite infectieuse est mixte : la présence de gonocoques et de Chlamydias.

Mais l’UNG peut être peut également due à un streptocoque, à un adénovirus du type de celui de l’Herpès, à un déséquilibre de la flore vaginale (excès de certaines bactéries que sont les mycoplasmes). A noter que dans ce dernier cas, elle est rarement transmissible.

Comment détecter une urétrite ? Les symptômes

Chez l’homme, elle se traduit par une sensation douloureuse de brûlure au moment de la miction, qui lui a donné son nom familier de “chaude-pisse”, par une irritation du méat urinaire, un écoulement anormal par le méat urétral (chez l’homme, les écoulements génitaux sont généralement le signe d’une maladie sexuellement transmise) et une envie d’uriner plus fréquente que ne le nécessite le volume d’urine dans la vessie.

Chez la femme, elle peut passer inaperçue, car elle est souvent associée à une cystite : elle provoque également une envie fréquente d’uriner, une inflammation et des démangeaisons de la vulve et du vagin, des pertes malodorantes, une sensation de pesanteur au niveau du bas-ventre.

Comment traiter l’urétrite ?

Il n’existe pas de traitement naturel contre une urétrite, infectieuse ou non. L’inconfort des symptômes conduit à consulter rapidement, ce qui est de toute façon une nécessité.

Seul un traitement aux antibiotiques permet de soigner une urétrite : avec la disparition de l’infection, les symptômes s’apaisent complètement au bout d’une semaine.

Schéma montrant les symptômes de l'urtérite chez un homme et chez une femme
Symptômes de l’urétrite

Des risques de complications ?

La forme infectieuse est très contagieuse. Bien plus contagieuse que le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), elle multiplie par cinq le risque d’infection par celui-ci. Elle est une cause fréquente de stérilité ou encore de grossesse extra-utérine chez la femme.

Une urétrite non traitée peut infecter localement d’autres organes, provoquant un épididymite (infection de l’épididyme situé le long du testicule), une prostatite ou lune proctite (inflammation de l’anus). Il arrive que l’infection se propage dans le sang, alors potentiellement à l’origine d’infections oculaires ou d’atteinte des articulations.

Les populations exposées

Toute personne sexuellement active est susceptible d’être infectée. Néanmoins, les jeunes adultes avec une activité sexuelle fréquente et plusieurs partenaires sont les plus à risque, surtout s’ils ont des rapports non protégés.

En augmentation à travers le monde

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), chaque année, 78 millions de personnes sont atteintes de gonorrhée, dont 35,2 millions dans la région du Pacifique occidental (Australie, îles du Pacifique, Chine, Japon…), 11,4 millions en Asie du sud-est, 11 millions en Afrique, également 11 millions en Amérique, 4,7 millions en Europe.

En France, selon l’Institut national de veille sanitaire, l’urétrite infectieuse est en augmentation de 100% chez les hommes homo ou bisexuels, de 32% chez les femmes hétérosexuelles et de 8% chez les hommes hétérosexuels.

Selon l’OMS, cette augmentation est due à la baisse de l’utilisation du préservatif, au tourisme sexuel, à la faiblesse du dépistage, et au recours à des antibiotiques inadaptés dans certaines régions du globe.

Quelle prévention ?

L’usage du préservatif est le meilleur moyen de se protéger des IST, dont l’urétrite infectieuse. En cas de contamination, le bon comportement est de prévenir sa ou son partenaire. Et de s’abstenir ou d’avoir des rapports protégés durant sept jours après le suivi du traitement.

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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