Animaux sauvages

L’UICN, pas uniquement sa fameuse Liste rouge

Une organisation au service de la protection de la nature

L’UICN est la plus ancienne et plus importante organisation mondiale de protection de la nature. Par la fiabilité de ses expertises, elle est devenue la norme mondiale non seulement en matières d’espèces menacées, mais de solutions durables pour envisager des activités anthropiques durables.

Quel est le rôle de l’UICN ?

Les fondements de l’U.I.C.N.

La préoccupation de la conservation de la nature n’est pas née du jour au lendemain. Elle fait réellement son chemin à partir du XIXe siècle. En France, en 1858, le géographe anarchiste Elisée Reclus énonce l’évidence qui ne l’était pas encore :

« L’homme doit vivre en harmonie avec la nature »

Aux États-Unis, l’idée se fait politique dès 1908 avec Roosevelt, qui prononce le discours marquant de la Conférence des gouverneurs : “avec la progression de la civilisation et du développement technique, l’humanité a accéléré de manière vertigineuse l’utilisation des ressources naturelles. La richesse de la nation, pour être durable, doit donc être fondée sur le « wise use » des ressources naturelles.” Un discours qui eut une grande influence en Europe.

En 1910, le médecin suisse Paul Sarasin propose au VIIIe Congrès international de zoologie à Graz (Autriche) la création d’une Commission internationale pour la protection de la nature. En 1913, la suisse convoque une réunion internationale à Bâle, qui jette les bases de la future U.I.C.N. Mais guerres mondiales obligent, le Bureau international pour la protection de la nature reste en veilleuse.

Le Congrès international de protection de la nature

Mais en 1923, la Société nationale d’acclimatation de France, la Ligue française pour la protection des oiseaux (LPO) et la Société pour la protection des paysages de France, avaient organisé le premier congrès international de protection de la nature. Cette initiative d’associations se fit en lien étroit avec le Muséum national d’histoire naturelle, alors présidé par Louis Mangin. Sa préoccupation n’a pas pris une ride : “La Nature, dans ses trois règnes, est de toute part menacée par les progrès de l’industrie. L’activité de l’homme gagne des régions jusqu’ici inaccessibles à ses entreprises ; son caprice ou son utilitarisme imprévoyant mettent en péril l’existence d’un grand nombre d’espèces animales et végétales.”

En 1948, l’Union internationale pour la protection de la nature (U.I.P.N.) est créée à Fontainebleau. Elle deviendra l’U.I.C.N.en 1956.

UICN : les principaux engagements

Lutte contre les pesticides

Au cours de sa première décennie, l’UICN concentre son action sur les effets des activités humaines sur la nature. Elle signale en particulier le rôle nocif des pesticides sur la biodiversité et encourage les études d’impact sur l’environnement. Celles-ci deviendront la norme dans tous les secteurs d’activité.

La protection de espèces

Au cours des années1960 -1970, l’organisation se consacre à la protection des espèces et des milieux naturels indispensables à leur survie. En 1964, est créée la Liste rouge des espèces protégées de l’UICN, aujourd’hui référence mondiale incontestée des espèces en voie d’extinction.

Les conventions internationales

L’UICN a eu un rôle central dans l’élaboration de plusieurs conventions internationales importantes, parmi lesquelles :



  • la Convention de Ramsar sur les zones humides (1971),
  • la Convention du patrimoine mondial (1972),
  • la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES, 1974)
  • et la Convention sur la diversité biologique (1992).

UICN : champ de fleurs messicoles, coquelicots

UICN et développement durable

En 1980, elle publie, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le Fonds mondial pour la nature (WWF) la Stratégie mondiale de la conservation, qui mettra en forme le concept de « développement durable », lui aussi référence mondiale.

La version ultérieure, « Sauver la planète« , a servi de base de travail au Sommet de la Terre de 1992, mais aussi aux Conventions de Rio sur la diversité biologique (CDB), sur les changements climatiques (CCNUCC) et sur la désertification (CNULD).

En 1999, l’Assemblée générale des Nations Unies confère à l’U.I.C.N. le statut d’observateur officiel.

UICN dans le secteur privé

Depuis les années 2000, l’UICN a développé une stratégie d‘implication du secteur privé, en particulier des secteurs miniers, pétroliers et gaziers dans le sens d’une exploitation plus écologique de ces ressources.

L’UICN a également mis au point les « solutions fondées sur la nature », visant la prise en compte de problématiques telles que la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau, le changement climatique et la réduction de la pauvreté.

UICN : membres et organisation

Au total, l’UICN compte 1300 membres (États, ONG, etc) de 140 pays différents et 13 000 experts bénévoles à travers le monde. Les membres se réunissent tous les 4 ans dans le cadre de l’IUCN World Conservation Congress, les bénévoles appartiennent chacun à l’une des six Commissions :

  • sauvegarde des espèces,
  • droit de l’environnement,
  • aires protégées,
  • politiques économiques et sociales,
  • gestion des écosystèmes
  • et l’éducation et la communication.

UICN en France

Créé en 1992, le Comité français de l’UICN est le deuxième au monde par le nombre de ses membres. Il compte un partenariat avec deux ministères, et a pour membres huit organismes publics, 42 organisations non gouvernementales et plus de 250 experts.

La Liste rouge de l’UICN

L’UICN est connue du grand public grâce à sa Liste rouge, inventaire mondial le plus fiable de l’état de la diversité biologique dans le monde. Chaque espèce est classée selon cinq critères quantitatifs :

  • taille de population,
  • taux de déclin,
  • aire de répartition géographique,
  • degré de peuplement
  • et de fragmentation de la répartition.

Chaque espèce étudiée est classée dans l’une des neuf catégories :

  • Éteinte (EX),
  • Éteinte à l’état sauvage (EW),
  • En danger critique (CR),
  • En danger (EN),
  • Vulnérable (VU),
  • Quasi menacée (NT),
  • Préoccupation mineure (LC),
  • Données insuffisantes (DD),
  • Non évaluée (NE).

Au total, en 2021, l’organisation a étudié 142 577 espèces, dont 40 084 sont “menacées”, soit plus d’une espèce sur trois.

Quelles sont les espèces les plus menacées ?

Malheureusement de nombreuses espèces sont actuellement menacées. Pour en savoir davantage sur ce sujet inquiétant, nous vous invitons à découvrir notre article dédié aux espèces menacées.

Les Aires protégées

Les Aires protégées sont un pilier important de la protection de la nature. A ce titre, le classement des AP (aires protégées) par l’UICN ainsi que l’implication de comités nationaux auprès de celles-ci est important. En France, l’UICN intervient dans la bonne gouvernance et les bonnes pratiques des AP.

UICN : arbre dans une main

L’IPBES

A la différence de l’UICN, la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) est une organisation gouvernementale. Créée en 2012, elle a un rôle de vulgarisation scientifique auprès des gouvernements. Au regard de ses missions de meilleures connaissance de la biodiversité, l’UICN et l’IPBES ont désormais des accords de partenariat.

UICN en 2022 : les « solutions fondées sur la nature »

En mai 2022, à l’occasion de la journée mondiale pour la biodiversité (22 mai), le Comité français de l’UICN s’est associé à la campagne de la Convention sur la Diversité Biologique qui a pour thème « Bâtir un avenir collectif pour toute vie sur Terre ».

De cette façon, l’UICN ancre son rôle de force de proposition en matière de développement durable et de restauration des écosystèmes.

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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