Animaux

Le troglodyte mignon, parce qu’il y habite

Le troglodyte mignon doit son nom à son nid : et aussi au fait qu’il est tout petit. C’est un peu une petite boule qui se blottit dans les cavernes.

Nid du troglodyte mignon

C’est une véritable petite caverne !

Un petit oiseau tout rond, avec sa petite queue dressée à la verticale quand il ne vole pas : c’est lui ! Le troglodyte mignon est l’unique représentant européen de la famille des troglodydés : ce dont il se défend plutôt bien, car ce petit spécimen est aussi l’une de nos espèces avicoles communes.

Le troglodyte mignon a horreur de nicher en plein air : bois mort sur pied ou au sol, réseaux de vieilles racines, souches, buissons bien denses, fagots, tas de bois, fentes, crevasses, le troglodyte mignon est un cavernicole.

Il faut dire que ces imbroglios naturels lui permettent de se calfeutrer à l’abri des prédateurs, et lui fournissent tout un garde-manger qui fourmille. Sa zone de confort préférée : les sous-bois et forêts riches en bois mort, ces fameux endroits où le pied craque sous le branchage et où il faut baisser la tête pour passer. Lui, il adore.

Ce cachottier-né au vol rapide, est un peu plus visible en hiver : sa quête de nourriture l’oblige à quitter ses camps retranchés. Et parfois, à déménager, pour des habitats toujours troglodytes, mais plus proches de points d’eau non gelés, à même de lui assurer la présence de son garde-manger fourmillant.

Troglodyte mignon : petit et indispensable
Troglodyte mignon : petit et indispensable

Au printemps aussi, il se fait plus visible : mais là, c’est pour séduire la donzelle. Le mignon troglodyte en est même multi-propriétaire. Non pas qu’il joue au Monopoly(c) dans les sous-bois, mais il garde une caverne pour lui, et agence les autres pour elles. Car Dame mignon troglodyte inspecte les différents nids sans concession : elle n’accepte de s’accoupler, que si le logis lui convient. Une condition sine qua non : le mignon troglodyte se constitue ainsi un gentil petit harem de cinq à sept femelles.

Troglodyte mignon : nichoir

Héberger des troglodytes mignons dans son jardin ? Oui, si votre jardin dispose d’un bon coin sauvage, où reconstituer sa caverne. Avis aux amateurs, il aime plus particulièrement le sorbier, le sureau et l’aubépine.

Quant aux nichoirs, ils l’attirent, souvent aux dépens des mésanges : c’est même sa concurrence préférée. Comme appât, prévoyez des miettes de pain et de gâteau, mais aussi du gruyère râpé.



Le troglodyte mignon : chant

Celui de cet oiseau est étonnamment puissant !

C’est fou, ce que pour sa toute petite taille, le troglodyte mignon chante fort : on le compare au marteau-piqueur (pas celui qui perce les trottoirs et vos tympans, le Woody Woodpecker…). Ils chantent aussi fort l’un que l’autre : 90 décibels !

Un vrai record, pour le troglodyte mignon : par son format, il entre dans la plus petite catégorie des oiseaux répertoriés, mais par son chant, il arrive en tête de liste en matière de décibels. Le troglodyte mignon sait se faire entendre à cinq cents mètres à la ronde.

Et que dit-il ? Il émet des « tjek » selon un rythme variable, qui va en s’accélérant quand il est inquiet. Il peut aussi produire un « trrrrr » sec et roulé. L’un et l’autre lui servent soit à prévenir d’un danger, la femelle blottie dans son habitat troglodyte, soit à la séduire, en lui signalant sa présence.

Le troglodyte mignon chante presque en toute saison : à la fin de l’été et au début de l’automne, là, c’est silence radio.

Le troglodyte mignon : nourriture

A croire que son petit ventre tout rond a souvent faim : le troglodyte mignon est un sacré petit chasseur, vif et assidu. Équipé d’un bec fin et pointu, le troglodyte mignon rapt toute la petite faune des pucerons, larves, chenilles, mouches, petits papillons, araignées et opilions.

L’exception à cette nourriture protéinée, vos miettes de pain et de gâteau. Quant au fromage râpé, merci de lui servir sur une feuille. Eh oui, à sa façon, le troglodyte mignon aime à être servi sur un plateau.

Le troglodyte mignon : juvénile

Chaque femelle a pondu cinq à huit œufs blanchâtres tachetés de brun-rouge. Au bout de deux semaines, voici les petits troglodytes mignons : pas d’erreur, ils sont la copie conforme en miniature, des adultes. Au bout d’un mois, ils seront aptes à voler. C’est le moment où la femelle cesse de les nourrir. A eux de voler de leurs propres petites ailes !

Troglodyte mignon : petit et indispensable
Troglodyte mignon : petit et indispensable

Le troglodyte mignon : le « roitelet » des oiseaux

Nous étions en l’an 600 avant JC ; Eh bien, figurez-vous les Grecs avaient repéré le troglodyte mignon. Et pour cause ! Avec son poids plume de dix grammes et son habitude de se dissimuler, l’un d’entre eux s’était blotti sous l’aile d’un aigle.

Or, cet aigle en question concourait pour savoir quel oiseau volait le plus haut. Épuisé, l’aigle finit par battre de l’aile. Devinez ce qui arriva : frais comme un gardon, le troglodyte mignon prit alors son envol : il fut couronné « roi des oiseaux » par les Grecs.

Personne ne démentit : depuis quelques centaines de décades que cela dure, notre tout petit oiseau commun conserve son titre, même si son nom est tout de même plus évocateur de ses habitudes de vie.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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