Pratiques douces

Théorie des signatures : quand les aliments guérissent les organes auxquels ils ressemblent

Héritée du Moyen-âge durant lequel elle a été établie de façon empirique, la théorie des signatures repose sur un principe d’observation simple : certains aliments sont bénéfiques aux parties du corps avec lesquelles ils ont des ressemblances.

Théorie des signatures : kézakò

La théorie des signatures concernait au départ essentiellement les plantes médicinales. L’idée qu’il existe des ‘signes’ dans le monde qui peuvent révéler les vertus des plantes était en fait déjà présente dans l’Antiquité, mais c’est avec Paracelse que cette idée devient une base d’étude.

Facile à identifier et à comprendre, elle se fonde sur le principe « similia similibus curantur » qui signifie en français ‘les semblables soignent les semblables’. Alors à quel organe vous font penser la noix, la carotte ou encore le pamplemousse ?

Cette théorie est tombée en désuétude, pour être récemment reprise et élargie. Aujourd’hui elle fait à nouveau l’objet de vif intérêt de la part de certaines médecines douces.

Origine de la théorie des signatures

Il s’agit à l’origine d’une philosophie spirituelle selon laquelle tout ce qui existe dans la Nature est destiné à l’usage de l’Homme.

Pour faire comprendre l’usage qu’il en a fait, le Créateur a placé un signe sur les plantes qu’il a créées. C’est pourquoi ils peuvent être utilisés pour soigner des maladies.

Lorsque la pharmacologie moderne n’existait pas encore, les médecins de l’Antiquité utilisaient les plantes et leurs extraits pour traiter ou maintenir la santé du corps. Cela est l’origine de la théorie des signatures.

Cette doctrine permettait aux gens d’identifier les plantes et de les associer à des organes nécessitant une intervention thérapeutique.

Les ‘plantes signature’s étaient reconnues aussi dans la Chine ancienne, où la classification établissait une corrélation entre les caractéristiques et les organes :

  • Jaune et doux = rate
  • Rouge et amer = cœur
  • Vert et aigre = foie
  • Noir et salé = poumons

La base théorique de cette doctrine se trouve dans la pensée du philosophe grec Plotin, fondateur du néoplatonisme. Il affirmait qu’il existe un lien entre toutes les choses, car l’Univers n’est qu’un seul organisme vivant qui, comme le corps humain, est composé de plusieurs parties.



Ces pièces sont très différentes les unes des autres et accomplissent une fonction spécifique. C’est pourquoi, chez les animaux, les herbes, les pierres et même dans les organes du corps humain, il existe un signe, une sorte de reconnaissance qui lie les choses ayant des fonctions similaires.

Théorie de signature et Paracelse

Philippus Aureulus Theophrastus Bombastus Von Hohenheim, également connu sous le nom de Paracelse, était un alchimiste suisse qui a vécu à une époque de grands changements, entre le Moyen Âge et la Renaissance.

Personnage énigmatique et contradictoire, pour quelqu’un est le fondateur éclairé de la chirurgie, de l’astrologie et de la théologie, et le père de la pharmacie moderne. Pour d’autres, il était tout simplement un vulgaire charlatan, partisan de théories farfelues sans fondement scientifique ni efficacité réelle.

Théorie des signatures

Il a repris et développé la théorie des signatures et a écrit ‘Signatura Rerum‘ pour expliquer cette doctrine, qui repose sur l’hypothèse que toutes les choses de la nature portent un signe, qui manifeste et révèle leurs qualités invisibles.

Ainsi, l’un des critères privilégiés pour le choix des remèdes naturels est celui de l’analogie.

L’efficacité d’une herbe ou d’une plante pour guérir une maladie découle de l’analogie et de la correspondance entre les deux :

  • organe malade
  • symptôme
  • forme de la maladie
  • forme de l’herbe

L’esprit des plantes ou la théorie des signatures

Cette théorie s’applique surtout aux plantes médicinales. Elle repose sur deux principes :

  • analogie de forme : la forme de l’organe malade et la forme d’une plante.
  • analogie de couleur : la couleur de l’organe malade et la forme d’une plante.

Par exemple, les racines noueuses de certaines plantes étaient utilisées pour traiter diverses protubérances cutanées. Pour les personnes âgées souffrant de tremblements, Paracelse avait l’habitude d’administrer du peuplier noir, car le frémissement des branches de cet arbre ressemble à celui de ces patients.

Et les pétales de roses rouges étaient utilisés pour réguler la circulation sanguine, tandis que le safran était utilisé pour les problèmes de bile.

La doctrine des signatures semble donc applicable à tout. Avec la bonne interprétation, et la bonne connaissance de la façon d’interpréter les signes, Paracelse a suggéré que toutes les forces qui composent l’homme ont la même origine que les forces du cosmos.

Théorie des signatures

Dans son traité ‘Liber de Immaginibus’, Paracelse explique comment, chez l’homme, le corps porte les signes extérieurs qui reflètent des perturbations internes.

La doctrine des signatures pour Paracelse est l’application pratique de la croyance que l’homme est profondément connecté à tout ce qui l’entoure, qu’il en soit conscient ou non.

Si seulement l’Homme pouvait trouver le silence pour s’approcher de l’écoute et de la contemplation de la nature, il trouverait certainement les ressources pour percevoir cette connexion et revenir au centre naturel de son être et de son existence.

Théorie des signatures : exemples

Pour Paracelse, les herbes médicinales portent des signatures divines qui permettent à ceux qui savent les saisir d’exploiter leurs propriétés curatives.

La théorie des signatures soutient que chaque signe a une signification, qu’il s’agisse de la forme, de la couleur ou de toute autre similitude avec les symptômes d’une maladie spécifique. Ainsi, les signatures peuvent être par la forme, la couleur, l’odeur…

Mais voyons quelques exemples de cette théorie :

  • Noix. Parmi les plus populaires et les plus connus, il y a la noix, qui ressemble beaucoup à notre cerveau, mais aussi à l’intestin. En fait, des études modernes confirment que la richesse en minéraux et en oméga 3 et 6 nourrit les neurotransmetteurs et alimente le microbiome intestinal sain. En effet, des études modernes ont confirmé que les noix sont riches en oméga 3, en sérotonine et en vitamines B6 et E, des nutriments particulièrement importants pour le cerveau (signe par la forme).
  • Romarin et d’autres plantes aux feuilles pointues. Elles sont utilisées pour toutes les douleurs piquantes comme les rhumatismes.
  • Prêle des champs. Appelée parfois queue-de-cheval, parce que ses tiges ressemblent à la queue d’un cheval. C’est pour ça qu’elle est considerée utile pour renforcer les cheveux, les ongles et les os (signatures par forme).
  • Pissenlit. Sa fleur jaune, selon la théorie des signatures, est une couleur qui rappelle la jaunisse. Cette fleur est donc utile pour nettoyer le foie (signatures par couleur).
  • Passiflore. La fleur de la passion rappellerait la couronne d’épines portée par Jésus. Il est donc utilisé pour les troubles émotionnels (signatures par forme).
  • Euphorbe. Cette plante est utilisée pour le bien-être des yeux, car ses fleurs ressemblent à un iris (signature par la forme).
  • Vigne rouge. Utilisée pour protéger et améliorer la circulation. Ses feuilles rouges (marques de couleur) et ses nervures (marques de forme) rappellent les vaisseaux sanguins. En effet ses feuilles contiennent des principes actifs antioxydants et vasoprotecteurs.

Théorie des signatures dans l’alimentation

Voici quelques exemples de la théorie avec lesquels

  • La carotte soigne les yeux. Une rondelle de carotte ressemble à un œil. Riche en antioxydants et vitamine A, la carotte contribue au fonctionnement de la rétine et à une bonne vision de nuit.
  • Le raisin s’apparente aux poumons. Les grains de raisin regroupés en grappe sont proches visuellement de nos poumons, mais en quoi leurs sont-ils utiles ? Riche en antioxydants que sont les flavonoïdes, le raisin aide à soulager bronchite et asthme. Des études tendent à montrer qu’il pourrait jouer un rôle bénéfique contre le cancer des poumons.
  • La tomate prend soin de notre cœur. Une tranche de tomate coupée dans le sens de la hauteur rappelle évidemment le cœur humain. C’est une étude néerlandaise qui a établi le lien entre des antioxydants contenus dans la tomate et la prévention des risques cardiovasculaires.

Théorie des signatures

  • Les graines de grenade sont liées aux dents.
  • Les feuilles de figuier aux mains.
  • La patate douce apaise le pancréas. Vous ne savez peut-être pas à quoi ressemble cet organe mais orangé, long et un peu courbé, il est tout a fait proche de la patate douce. Largement pourvu de bêta-carotène, ce légume limite le développement des radicaux libres et intervient ainsi pour aider à prévenir certains cancers, comme celui du pancréas.
  • Les noix se rapprochent du cerveau. Sans sa coquille, le cerneau de noix ressemble grandement à un cerveau ! La consommation de noix aiderait à conserver une bonne mémoire et à améliorer nos capacités cognitives. Autre intérêt, les noix sont conseillées pour prévenir certaines maladies dégénératives comme la maladie d’Alzheimer.
  • Les agrumes et les seins. Une coupe d’agrume (pamplemousse ou orange) s’apparente à un sein. Ce sont les flavonoïdes (antioxydants) contenus dans ces fruits qui contribuent à prévenir les cancers mammaires.
  • L’utérus symbolisé par l’avocatRiche en folates (vitamine B9) et vitamine K, l’avocat est un atout pour la femme enceinte qui doit généralement se supplémenter en ces vitamines essentielles durant la grossesse.
  • Le céleri est bénéfique aux os. Longues et fines, les tiges de céleri peuvent rappeler certains os du corps humain. C’est la silice que ce légume contient, qui est importante pour les os. En effet, elle aide à fixer certains minéraux essentiels comme le calcium ou le magnésium.

Même si la théorie des signatures n’est pas démontrée scientifiquement, voici autant de raisons de manger équilibré et varié.

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Adeline

Née en 1983 dans le sud-ouest de la France, Adeline a grandi à la campagne avant de partir à Toulouse, puis Paris, pour poursuivre ses études. Diplômée en sciences de gestion, elle travaille en Allemagne et en Angleterre puis regagne Paris. A la naissance de son premier fils, elle décide de changer de vie professionnelle et de s’orienter vers un domaine qui a plus de sens pour elle, à savoir l’écologie et le développement durable. En 2013, elle rejoint Toutvert où elle peut s’exprimer par la plume sur des sujets de l’économie verte qui lui sont importants. Elle crée en parallèle une activité de conseils et sensibilisation au développement durable (www.environa.eu). En 2016, elle devient rédactrice en chef et responsable éditorial de Toutvert France.

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