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Surconsommation : et si on revenait à l’essentiel ?

Travailler plus pour acheter plus

Principal marqueur du matérialisme, la surconsommation met à mal notre porte-monnaie… mais pas seulement. Enjeux écologiques et environnementaux, inégalités sociales, manipulation intellectuelle : les conséquences sont multiples. Que cache ce désir d’achat presque compulsif qui transforme notre société depuis des décennies ? Quelles solutions proposer pour déjouer cette spirale du « dépenser plus » ? Voici quelques pistes qui méritent réflexion.

Pourquoi la surconsommation ?

Dans l’imaginaire collectif, surconsommer rime surtout avec laisser la lumière allumée dans une pièce inoccupée. Malheureusement, il ne s’agit là que d’une infime partie d’un vaste iceberg.

La surconsommation désigne plus généralement le fait de consommer au-delà de ses besoins, sans répondre à un réelle exigence vitale. Cette pratique couvre donc nombre d’aspects du quotidien : logement, transport, habillement, alimentation…

La surconsommation par l’exemple

Vous ne tombez jamais dans le piège du superflu ? Commencez par parcourir cette liste non exhaustive de pratiques un brin « surconsommatrices » avant de vous forger une opinion catégorique :

  • Changer son smartphone en parfait état de fonctionnement pour un modèle dernier cri ;
  • Troquer son téléviseur pour un modèle plus grand afin de rivaliser avec celui de son voisin ;
  • Déroger à sa liste de courses, en succombant aux liégeois placés bien en évidence en début de gondole ;
  • Craquer pour 5 ou 6 paires de chaussures lors du Black Friday, alors que son dressing déborde déjà.
  • Imprimer toutes ses factures au lieu de les stocker sur un disque dur externe ou un cloud.
  • Jeter un jouet dont son enfant ne s’est quasiment jamais servi.

Vous vous reconnaissez dans ce portrait ? Vous ne vous en rendez pas compte, mais vous venez d’accomplir un pas de géant : celui de la prise de conscience.

Une armoire qui déborde
Une armoire qui déborde

Quand a commencé la surconsommation ?

Le phénomène de surconsommation ne date pas d’hier. Pour en saisir la genèse, il nous faut revenir à la fin de la Seconde guerre mondiale, dans une France en pleine reconstruction. Forts de leur prestige suite à la Libération, les Américains posent les jalons de l’American Way of Life sur notre territoire. Cette philosophie, prônant la liberté et la recherche du bonheur, trouve notamment résonance dans une structure phare : le supermarché. L’émergence de ces grandes surfaces révolutionne en profondeur la consommation occidentale, en facilitant l’accès aux denrées, aux produits d’entretien et à l’électroménager en libre service. Cette période connue sous le terme des « Trente Glorieuses » marque les prémisses de notre société de consommation.

Parallèlement, le discours marketing se modifie. On ne se contente plus de vanter les mérites d’un produit : on le rend indissociable d’un style de vie. Le bien matériel incarne non seulement une quête de confort, mais également une marque d’ascension sociale.

Malgré quelques mouvements contestataires comme en mai 68, la fin du XXe siècle s’enferre dans cette voie inéluctable. Les grandes surfaces et hypermarchés se démocratisent. Le e-commerce envahit Internet. Mais plus insidieusement, les réseaux sociaux s’immiscent dans l’intimité de l’internaute en le sollicitant toujours plus. Le rouleau compresseur de la surconsommation est en marche.

Quelles sont les conséquences de la surconsommation ?

Si l’endettement des ménages compte parmi les problématiques les plus visibles, la surconsommation étend ses tentacules bien plus loin. Voici quelques-uns de ses effets de bord.



Une surexploitation des ressources naturelles

Première victime à payer le lourd tribut de nos comportements : la planète. Consommer plus implique de fabriquer plus, donc d’épuiser toujours plus de ressources naturelles (énergie fossile, matières premières, nappes phréatiques…). En parallèle, le phénomène d’obsolescence programmée crée une accumulation de déchets de moins en moins absorbables.

Il suffit de voir la date du jour du dépassement reculer d’année en année pour s’en convaincre. Calculée tous les ans par l’ONG Global Footprint Network, elle définit le seuil fatidique où toutes les ressources annuelles biodisponibles de la Terre ont été théoriquement épuisées. En 2019, elle fut tristement célébrée le 31 juillet. Pas sûr que notre jolie planète bleue puisse suivre ce rythme effréné bien longtemps.

Des inégalités géographiques creusées

Une dette contractée avec la Terre qui en cache une seconde : celle des pays riches envers les pays pauvres, qui surexploitent à moindre coût terres arables, forêts et ressources naturelles. C’est également toute la pollution qui s’exporte. Un déséquilibre Nord-Sud tend ainsi à s’établir.

Une surconsommation mondiale
Une surconsommation mondiale

Des effets néfastes sur la santé

Des crèmes glacées et barres chocolatées pendant les spots publicitaires ? Le corps aussi en prend pour son grade. Les nouvelles habitudes d’alimentation et l’avènement des produits industriels ont largement contribué au développement des maladies dites d’abondance (obésité, diabète, pathologies cardiovasculaires…). Un choix ahurissant dans les plats préparés du commerce, des campagnes marketing bien ficelées, une dépendance hi-tech qui mène à la sédentarité : force est de constater que le gentil slogan « ne mangez pas trop gras, trop sucré, trop salé » ne rivalise plus.

Surconsommation : des statistiques qui fâchent

Pour mesurer plus concrètement l’impact de notre surconsommation, rien de tel que de visiter le site Planetoscope. Consommation mondiale de smartphones, de couches jetables ou de papier : les compteurs défilent à vitesse affriolante.

Comment combattre la surconsommation ? Nos solutions

Halte à la fatalité ! Sans renoncer aux petits plaisirs de la vie, chacun peut à son échelle consommer plus « raisonné » au quotidien. Voici quelques idées à faire germer :

  • Revenir au minimalisme en s’interrogeant sur le sens d’un acte d’achat : en ai-je réellement besoin ? Vais-je m’en servir ? N’ai-je pas déjà quelque chose de similaire à la maison ?
  • Adopter une routine zéro déchet : transformer un tee-shirt en sac de plage, acheter en vrac, revendre ou donner des vêtements non portés…
  • Se désintoxiquer des publicités : ne subissez plus la loi des écrans ! Offrez-vous un temps de recul pour retrouver votre jugement critique. Une promenade au parc, un bon livre, un repas préparé en famille…
  • Acheter éthique et biologique : consommer moins, oui, mais aussi consommer mieux ! Pourquoi ne pas encourager l’économie locale pour réduire le coût énergétique des transports, ou soutenir les initiatives solidaires respectueuses des pays en voie de développement ?

 

 

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