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Le sisymbre ou erysimum contre les extinctions de voix

Sissymbrium officinale, barbarée, herbe aux chantres, moutarde de haie, herbe à la gorge, julienne jaune, velar, l’herbe fluette porte nombre d’appellations que l’on peut prononcer une fois que l’on a recouvré sa voix. Focus sur le sisymbre !

Présentation de cette plante médicinale

Sisymbre officinal

Originaire d’Asie, le sisymbre (Sisymbrium officinale) est cette plante commune des bords de chemins et prairies des zones tempérées. Elle se reconnaît à son aspect fluet : une tige facilement longue d’un mètre et des rameaux tout et légèrement velus. Fins. Ses petites fleurs jaunes pâles fleurissent en grappes, de mai à septembre.

De la famille des crucifères (ex-brassicaceaes) comme le chou, elle est considérée comme une mauvaise herbe. En même temps, cette plante décrite par Carl von Linné a, de longue date sa place en phytothérapie. A tout le moins ses variétés répertoriées : le sisymbre en recense plus de cent-cinquante, dont toutes ne sont pas encore répertoriées.

Le sisymbre, l’herbe aux chantres

Les composés soufrés de cette plante en ont fait la plante des orateurs, comédiens et chanteurs : Sisymphe était une comédienne de la Grèce antique. Et Racine la conseilla à Boileau, sujet aux extinctions de voix. Elle fut la plante-miracle des manécanteries et chantres de cathédrales.

Si cette plante médicinale ne vous dit rien, vous connaissez l’erysimum : du grec « eruo », je tire, et « oïmos », qui facilite le chant, les latins l’ont aussi nommé erysimum.

Sisymbre, la plante de la voix par excellence !
Sisymbre, la plante de la voix par excellence !

Sisymbre velar

On dit d’une vache qui met bas, qu’elle vêle. Il est donc aussi appelé « Erysimum Velar », sans doute en référence à ses soupirs, au moment le plus douloureux où la vulve se dilate pour laisser passer la tête et les pattes du veau. Notez que l’origine de cette appellation est inconnue.

Sisymbre raide

Il (Sisymbrium strictissimum) est celui des Alpes de Savoie et du Dauphiné. Vous voyez les fontaines de charmants villages, qui glougloutent paisiblement ? Les sisymbres ornent ces fontaines. Il est vrai qu’il aime l’eau. Il était aussi considéré comme du cresson.

Sisymbre de Loeselii

On vous l’a dit, il existe plus d’une centaine de variétés de sisymbres. Une certitude : leur usage médicinal reste le même que celui officinal, pour vos voies respiratoires.

Ensuite, tout est question de goût (et de région où vous habitez) : celui de Loeselii diffère un peu de son cousin, par ses siliques un peu plus longues. Et aussi par son goût de moutarde.



Quant au sisymbre altissimum, il est un peu plus long : c’est la variété typique de la Grande-Bretagne.

Enfin, l’alliaria, c’est le fameux condiment de la « sasskraut » en Allemagne. Au Pays de Galles, on fait frire ce sisymbre, pour accompagner le hareng et le bacon.

Sisymbre officinal : ses propriétés

Même si vous ne chantez pas, vous pouvez être pris d’une quinte de toux, avoir une bronchite ou être aphone. Le sisymbre calme une toux intempestive, ce que l’on appelait autrefois les catharres pulmonaires.

Le principal principe actif de cette plante sont les composés soufrés (des glucosinolates) de ses feuilles. Lorsqu’il est fraîchement cueilli, ils se libèrent sous l’action d’un enzyme, la myrosinase. Raison pour laquelle il s’utilise frais, jamais séché.

Parmi ces composants soufrés, l’isothiocyanate d’éthyle stimule les sécrétions respiratoires, mais aussi digestives et urinaires. Et avec elles, l’élimination des toxines.

Quant aux mucilages (la substance visqueuse de la plante), ils forment un film protecteur qui apaise l’irritation de la gorge ou du pharynx.

Comment l’utiliser ?

Une infusion de sisymbre

Laryngites, pharyngites, bronchites, faites une infusion ou bien un gargarisme de sisymbre fraîchement cueilli : 30 à 40 g de sommités fleuries pour un litre d’eau. Attention, ne pas faire bouillir l’eau, mais la porter à frémissements. Laissez ensuite infuser une vingtaine de minutes. Buvez trois à quatre tasses par jour. Le même dosage vaut pour un gargarisme. Vous pouvez ajouter un peu de miel dans votre infusion.

Le sisymbre, dans les cosmétiques

Réputé antirides, cette plante est présente dans certains cosmétiques. Son huile a, en tous les cas et de façon plus certaine, un fort pouvoir cicatrisant. Elle apaise les peaux irritées et l’acné.

Le sisymbre, et si vous n’êtes pas malade ?

Il a un petit goût de chou : dans une salade, quelques feuilles de sisymbre en relèveront le goût. Attention simplement à ne pas le cueillir n’importe où, de manière à ne pas manger des pesticides en même temps.

Sisymbre, la plante de la voix par excellence !
Sisymbre, la plante de la voix par excellence !

Sisymbre : sa culture

N’ayez pas honte de planter une mauvaise herbe dans votre pré-carré : cela vous garantit d’en avoir une réserve fraîche et exempte de pesticides, à portée de la main. Il se plante aussi en pot, ce que l’on appelle en « poquets », plusieurs graines dans un seul pot.

Juste un peu d’arrosage, pas besoin de paillage en hiver, pas de taille non plus. Et, cerise sur le gâteau, cette plante tolère mal les engrais et désherbants chimiques. Hormis les limaces et escargots, elle ne craint pas grand-chose.

Il suffit de faire votre cueillette de tisanes naturelles, une fois que la rosée s’est évaporée. Et si vous voulez en supprimer, votre petit sécateur fait l’affaire.

Le sisymbre et Harry Potter

C’est un polynectar, qui se fabrique pour la première fois dans La chambre des secrets. Là, il vous faut cueillir le sisymbre à la pleine lune, uniquement.

Pour en savoir plus

La rédaction de Toutvert.fr vous invite à découvrir les articles suivants :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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