Plantes médicinales

Salsepareille : une plante méconnue aux multiples atouts santé

Pas uniquement le délice des Schtroumpfs !

Connaissez-vous une plante qui permette à la fois de traiter des problèmes de peau, des troubles digestifs et certaines difficultés hormonales ? C’est le cas de la salsepareille ! Petit arbrisseau discret mais qui a su s’imposer en phytothérapie.

Salsepareille : une plante au grand cœur

Cette plante tropicale du genre Smilax a tout d’abord été importée d’Australie et d’Afrique Centrale, au 16ème siècle. Elle a su s’adapter au climat méditerranéen, on la retrouve également en Amérique du Sud et Centrale.

Le nom de la salsepareille d’Europe (Smilax aspera son nom botanique) viendrait de l’espagnol : zarzaparrilla signifiant roncier (zarza) et treille (parrilla).

En effet, cet arbrisseau ligneux, dépassant le 1 mètre, est largement pourvu d’épines et ses branches se développent en rameaux grimpants.

Autre caractéristique, ses feuilles sont dites cordées, c’est-à-dire qu’elles ont la forme de cœur !

Salsepareille : grappes de fruits rouge sur l'arbre

Elle pousse principalement dans les forêts tropicales d’Amérique du Sud, en Jamaïque, dans les Caraïbes, au Mexique, au Honduras et aux Antilles.

Pendant des siècles, les peuples indigènes du monde entier ont utilisé la racine pour traiter les problèmes articulaires et les problèmes de peau tels que le psoriasis, l’eczéma et la dermatite. La racine était également censée guérir la lèpre.

Elle a été introduite dans la médecine européenne et enregistrée comme herbe dans la pharmacopée des États-Unis pour traiter la syphilis.

La salsepareille mexicaine

Il en existe deux types différentes, la mexicaine ou espagnole (Smilax medica Schiecht), qui vient de Mexico et l’indienne (Hemidesmus indicus).



La mexicaine est la plus connue et utilisée en phytothérapie pour ses propriétés médicinales. Elle ne doit pas être confondues avec la salsepareille indienne, obtenue à partir des racines de Hemidesmus indicus, également appelée nunnari et connue pour être une boisson rafraîchissante.

En particulier, la salsepareille de Vera Cruz et de Tampico est la plus recherchée et assez rare.

Originaire du Mexique (Vera Cruz) elle se trouve aussi au Brésil et Guatemala, elle est grise/jaunâtre ou grise/brune et aussi grise/rougeâtre.

L’odeur de la salsepareille

C’est un livre de Ray Bradbury (A Scent of Sarsaparilla) paru en 1953.

Salsepareille : les bienfaits … sans nulle autre pareille

Cette plante est largement utilisée en médecine douce depuis son introduction en Europe. En phytothérapie, on utilise les rhizomes et les racines. Elle est prescrite pour combattre de nombreux maux, elle est largement employée en médecine chinoise.

  • Anti-fatigue. Grâce à ses vertus tonifiantes, elle aide à combattre la fatigue et est un puissant stimulant, qui a pignon sur rue au Mexique.

Tiges de salsepareille dans une belle assiette de gré

  • Affections de la peau. Elle favorise la guérison du psoriasis, en diminuant la desquamation de la peau, c’est-à-dire la perte de la partie supérieure et superficielle.
  • Propriétés dépuratives. Grâce à sa teneur en phytostérols elle agit sur les problèmes de digestion, notamment liés au foie. Elle sera alors souvent prescrite avec du chardon-marie, du radis noir ou de l’artichaut.
  • Propriétés sudoripares. Elle est riche en stéroïdes ce qui lui permet d’agir sur certaines hormones.
  • Ménopause et autres problèmes féminins. Pour soigner les troubles liées à la ménopause (elle est dans ce cas-là associée à de la sauge).
  • Problèmes d’impuissance masculine.

Comment consommer la salsepareille ?

Elle se trouve sous forme de teinture-mère ou de gélules et peut être consommée en thé ou en tonique. Le thé est le moyen le plus courant d’accéder aux nombreux principes actifs présents dans les racines.

La boisson de salsepareille

Le sarsiparilla est le nom d’une boisson pétillante sans alcool, appelée aussi sarsi, typique d’Asie. Elle est faite à partir de la racine de Smilax ornata, une variétés indienne de salsepareille.

Elle est très populaire dans certains pays d’Asie du Sud-Est. Son goût est proche de la root beer américaine, fabriquée à partir de racine de sassafras.

Salsepareille

La salsepareille et les Schtroumpfs

Dans les bandes dessinées, cette plante est la nourriture préférée des Schtroumpfs. Elle pousse dans la grande forêt, autour du village. Les lutins n’en consomment que les feuilles.

Le sorcier Gargamel a besoin des Schtroumpfs pour une recette magique qui lui permettrait de fabriquer de l’or. Dans un épisode, il essaie de se transformer en Schtroumpf pour s’infiltrer parmi eux, mais quand il mange de la salsepareille, il se sent mal. Dans un autre, il la cultive pour attirer les petits lutins bleus.

Comment utiliser la salsepareille ?

On consomme ses rhizomes et racines séchés en :

  • Infusion : dans un récipient en porcelaine, versez 1 l d’eau bouillante sur 30-40 gr de rhizome ou de racine séchée et finement hachée, laissez infuser pendant environ 10-15 minutes, puis filtrez et conserver dans une petite bouteille en verre dans un endroit frais et sec. Boire 3 tasses par jour, avant les repas.
  • Décoction : hachez grossièrement 50-60 gr de racine séchée, versez-la dans 1 l d’eau froide, mettez sur le feu et laissez cuire pendant une dizaine de minutes à partir du début de l’ébullition. Laissez reposer encore 10 minutes, puis filtrez et buvez 3 tasses avant les repas. Si le goût est trop désagréable, ajoutez une cuillère à café de miel ou de jus de poire ou de pomme. Elle peut être utilisée en usage interne et externe, directement sur la peau affectée par la dermatite, l’eczéma et le psoriasis.
  • Poudre : prenez 1 cuillère à café de poudre de racines séchées 3 fois par jour, en la mélangeant avec de la confiture ou du miel pour rendre le goût moins désagréable
  • Comprimé. Prenez 1 comprimé 3 fois par jours, avant les repas.

Salsepareille : où l’acheter ?

On la trouve en pharmacie et en herboristerie, également en ligne, sous forme d’extrait hydroalcoolique obtenu par macération de la racine de la plante, en poudre, en comprimés comme complément, les racines séchées finement coupées pour en faire tisane ou décoction.

La toxicité de la salsepareille

Elle est originaire d’Amérique du Sud et centrale. Elle était utilisée dans la médecine indigène pour réduire les inflammations, renforcer l’immunité et favoriser la longévité.

En naturopathie elle est utilisée dans le traitement des problèmes de foie, des infections de la peau, de la toux ou du rhume, et en cas de dysfonctionnement sexuel.

Même si elle n’est « qu’une » plante, il est fortement conseillé de demander conseil à son médecin ou son naturopathe avant de débuter une cure, ou de la consommer de façon récurrente, spécialement si vous prenez habituellement des médicaments ou si vous êtes allergique à d’autres plantes.

Des effets secondaires ont été signalés très rarement : il s’agit de réactions allergiques et de brûlures d’estomac. Cette herbe n’est pas toxique pour autant, à fortes doses, elle peut provoquer des maux d’estomac et des vomissements.

Dans tous les cas, elle est à proscrire pour les femmes enceintes et/ou allaitantes, car aucune étude n’a montré qu’il était sans danger pour la grossesse.

Flacon d'essence de Salsepareille

Salsepareille : ses effets secondaires

Elle peut provoquer une irritation de la muqueuse gastrique. Par conséquent, avant de commencer à l’utiliser, il est conseillé de consulter votre médecin. Elle est déconseillée en association avec des diurétiques et digitaliques.

 

Adeline

Née en 1983 dans le sud-ouest de la France, Adeline a grandi à la campagne avant de partir à Toulouse, puis Paris, pour poursuivre ses études. Diplômée en sciences de gestion, elle travaille en Allemagne et en Angleterre puis regagne Paris. A la naissance de son premier fils, elle décide de changer de vie professionnelle et de s’orienter vers un domaine qui a plus de sens pour elle, à savoir l’écologie et le développement durable. En 2013, elle rejoint Toutvert où elle peut s’exprimer par la plume sur des sujets de l’économie verte qui lui sont importants. Elle crée en parallèle une activité de conseils et sensibilisation au développement durable (www.environa.eu). En 2016, elle devient rédactrice en chef et responsable éditorial de Toutvert France.

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