Reverse graffiti : le graffiti écologique ?

By Adeline

Le reverse graffiti, que l’on pourrait traduire par « graffiti inversé » en français, est un art qui consiste à faire des tags ou dessins sur une surface publique sale (murs, sols…) en ôtant la saleté. Ces dessins se rapprochent du street art par leur côté éphémère et ont également souvent un message ou une visée écologique par la « mise en valeur » de la pollution dans laquelle ils sont encrés.

La technique du reverse graffiti a aujourd’hui environ 25 ans. Ce sont des précurseurs comme Paul Curtis alias Moose ou Alexandre « Osario » Orion qui l’ont créé. Nettoyer ou enlever une partie de la pollution urbaine pour faire naitre une œuvre temporaire, tel est l’objectif premier du reverse graffiti. Ces deux artistes sont vite suivis dans leur art par d’autres artistes, même aussi par des agences de pub qui trouvent le concept décalé et attirant pour mettre en avant des marques !

A VOIR : Street art : quand l’art et la nature se mêlent

Paul Curtis, dit « Moose » a découvert cette technique de graffiti un peu par hasard en voulant ôter une tâche sur un mur : une auréole de propreté s’est formé et sa première heure est née ! Aujourd’hui il travaille son art dans les rues de Londres ou San Francisco avec une machine pressurisée : il est notamment connu pour des sols ou murs couverts de fleurs.

Reverse graffiti

Alexandre « Osario » Orion quant à lui est un brésilien qui s’est fait connaitre par une œuvre d’envergure dans un tunnel de Sao Paulo. Il a soigneusement enlevé la pollution noire des pots d’échappement déposée sur les murs avec un chiffon pour en faire une fresque monumentale, montrant ainsi aux conducteurs l’épaisseur de la pollution.

Reverse graffiti

Le reverse graffiti est souvent apparenté au snow graffiti pour son côté sculpture éphémère (lire notre article Snow art par Simon Beck) et relié au mouvement de bombes à graines ou green guérilla (végétalisation sauvage des espaces urbains en friche) pour son côté écologique.

3 réflexions au sujet de “Reverse graffiti : le graffiti écologique ?”

  1. Je pense que le graffiti peut être une bonne chose quand il est permis par des officiels. Pourtant, le graffiti non voulu doit être nettoyé tout de suite. Est-ce que les gouvernements ont des nettoyeurs spéciaux ?

    Répondre
  2. Bonjour, et merci pour votre article 🙂
    Étant co-créateur du reverse graffiti, je me permets cependant d’apporter un petit correctif :
    les précurseurs du reverse graffiti sont Moose (Paul Curtis) aux États Unis, ainsi que moi-même (Philippe Chevrinais) et ma consœur Delphine Soustelle-Truchi, en France.
    Nous avons effectivement initié, lui et nous, cette technique soustractive vers 2000, sans nous connaître (!)
    Plus tard (2005) Alexandre Orion a effectivement fait cette magnifique intervention dans un tunnel de Sao Paulo.
    Bien à vous,
    Philippe

    Répondre
  3. Merci pour votre article qui fait honneur au reverse graffiti. Par contre, je voulais apporter, si je peux me permettre, un petit complément d’info et aussi un petit rectificatif, connaissant bien la chose, figurant moi-même parmi les pionniers de cette pratique (et toujours pratiquant à ce jour, d’ailleurs). En réalité, il semble que nous soyons 3 pionniers à avoir débuté cette pratique, presque en même temps, sans-même nous connaître les uns les autres, vers la fin des années 90 / début 2000 : Moose, Klaus Dauven et moi-même avec ma compagne d’alors. Alexandre Orion, quant à lui, a créer « Ossario » dans ce tunnel de Sao Paulo quelques années plus tard (vers 2005, si je ne me trompe pas). Oeuvre magnifique, d’ailleurs, et avec cette particularité d’avoir été réalisée dans une extrême économie de moyens : seulement un petit chiffon humide… ce qui ajoute encore à sa force. Il ne semble pas qu’il ait fait autre chose en reverse graffiti que je sache (si je ne me trompe pas). Bon, voilà, c’était tout pour aujourd’hui 😉 Bien à vous, Philippe Chevrinais
    (Pour info, je n’ai actuellement pas de site mais une page facebook perso à mon nom, où je poste des images de travaux, de temps en temps, pas systématiquement… mais quand j’y pense)

    Répondre

Laisser un commentaire