Animaux

Le renard, vraiment nuisible ?

Un autre regard sur ce mal-aimé

En France, depuis 1998 classé « nuisible », le renard pourrait pourtant s’avérer un auxiliaire de l’agriculture. En remplaçant les rodenticides (les poisons contre les rongeurs), il a sa place dans la transition écologique.

Vulpes vulpes

Le renard est le carnivore sauvage le plus répandu au monde. De la famille des canidés (qui comprend le loup et le coyote), il en est le plus petit spécimen et le seul à avoir la pupille ovale.

Le renard roux

De la douzaine d’espèces de renards existantes, le renard roux est de loin le plus répandu : son corps est svelte, son museau pointu, son pelage roux (sauf la gorge, le menton et le pourtour de la bouche qui sont blancs) et la queue touffue.

Le renard polaire

Cette espèce vit en Arctique. Sa fourrure est adaptée aux températures très froides (-50°C), elle est blanche en hiver et plus sombre en été.

Cet animal polaire n’a que très peu de prédateurs sur son territoire.

Fourrure blanche hivernale
Fourrure blanche hivernale

Le renard en France

Naturellement présent sur le territoire français, le renard n’est pas une espèce invasive : sa population serait en légère augmentation en France (+7% en dix ans), bien que difficile à recenser.

En revanche, cet animal est un colonisateur, au regard de sa très grande faculté d’adaptation : montagnard et rural (prairies, bois, champs cultivés), il colonise de nouveaux espaces (littoraux, lotissements à la périphérie des villes, voire poubelles) avec d’autant moins d’appréhension qu’il est anthropophile.

Quelles sont les caractéristiques du renard ?

Jusqu’au Moyen-Age, cet animal s’appelait le goupil, jusqu’au succès du Roman de Renart, qui lui donna le nom propre du roman.

Évidemment, l’existence du rusé renard rusé est la faute d’Eve, pendant qu’Adam n’aurai donné naissance qu’à de doux animaux.



Le roman de Renart
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Prix mis à jour le 21-09-2020 à 8:16 AM.

Qu’est-ce qu’un renard mange ?

C’est un carnivore qui ingurgite en moyenne 180 kilos de nourriture par an, dont 135 kgs de viande, principalement des rongeurs (mulots et campagnols), soit environ 3000 par an.

Il se nourrit bien sûr aussi de poules et lapins quand il franchit un grillage, et à l’état sauvage également de lombrics, oiseaux, insectes, poissons.

Au printemps et en été, il mange des fruits tombés des arbres et des baies.

Son ouïe

L’ouïe du renard lui permet d’entendre les basses fréquences jusqu’à 3,5 kHz et les hautes fréquences jusqu’à 65 kHz, autrement-dit d’entendre les sons émis par un mulot.

Le mulottage

Son flair lui permet de sentir une proie à 5 mètres de profondeur. Si bien que le renard est le seul mammifère à pratique le mulottage, technique de chasse qui consiste à repérer sa proie, puis à la cerner grâce au champ magnétique de la Terre, avant de sauter en l’air pour s’aplatir dessus.

Spectaculaire !

Un nocturne très mobile

C’est ce qui rend l’évaluation de la population de renards en France difficile : il se déplace beaucoup et de nuit. Excellent marcheur, il trotte à une vitesse de 6 à 13 km/h et réalise des pointes de vitesse de 60 km/h sur de courtes distances.

Le renard a une vie essentiellement nocturne, à l’exception de la période où la nourriture se fait plus rare et qui est aussi celle du rut, de novembre à février.

La nuit, le renard glapit, un cri rauque qui porte loin et sert à appeler la femelle.

Son saut

Le renard peut faire des bonds de trois mètres de long, mais surtout de deux mètres de haut : raison pour laquelle le grillage d’un poulailler doit avoir entre 1m50 et 2 mètres de haut.

Est-ce qu’il creuse ?

Les grillages des poulaillers doivent surtout être enterrés à 40 cm dans le sol, cet animal creusant pour passer par en-dessous.

Terrier du renard

Le renard creuse sa tanière ou renardière à trois ou quatre entrées, où la femelle pour met bas après l’avoir tapissé de ses propres poils.

Le terrier n’est pas toujours occupé : en journée, le mâle a plutôt tendance à se dissimuler sous des racines ou un talus de bois.

Le renard et sociabilité

Cet animal vit en groupe : un groupe de renards compte en moyenne cinq femelles, mais une seule est habilitée à se reproduire. Les autres femelles s’occupent aussi des renardeaux, voire et les adoptent lorsqu’ils sont orphelins.

Qui est le petit du renard ?

Une femelle n’a généralement qu’une seule portée par an, de quatre renardeaux. La période de gestation dure 52 jours.

A la naissance, le renardeau pèse 100 gr, il est sourd et aveugle et son pelage est brun foncé. Au bout de quatre semaines, la femelle sort du terrier pour inciter les renardeaux à en faire autant. Le mâle joue avec eux et leur apprend à chasser.

Un jeune renardeau
Un jeune renardeau

Le renard : un « nuisible » ?

Depuis 1998, cet animal fait partie des espèces « nuisibles » (attention, à ce titre, il vous est interdit d’en détenir), qui peuvent être chassées et piégées (Arrêté du 3 juillet 2019 pris pour l’application de l’article R. 427–6 du code de l’environnement).

Selon l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), 600 000 renards seraient tués chaque année en France… 500 000, selon la Fédération nationale des chasseurs (FNC).

Pour les chasseurs, le renard est une nuisance au gibier (faisans et perdrix). Or, certains agriculteurs commencent à rejoindre les protecteurs des animaux sauvages : cet animal se nourrissant principalement de rongeurs, il débarrasse leurs cultures des vrais nuisibles.

Au total, un renard mange 6 000 micromammifères par an, ce qui représente l’équivalent de 2400 euros de rodenticides : au bénéfice de l’agriculture et de la biodiversité.

Dessin du renard

Magnifique aquarelle peinte à la main
Magnifique aquarelle peinte à la main

Est-ce que le renard est dangereux ?

Zoonoses

Autrefois, le renard était associé à la rage : ce n’est plus le cas depuis 2001 (source, Institut Pasteur).

Le renard peut transmettre l’échinococcose alvéolaire, via ses déjections contaminées qui infectent alors aliments herbes et eau. Le ver (ténia) de cette maladie provoque des lésions hépatiques potentiellement mortelles. Néanmoins, l’Homme n’étant pas un hôte naturel du ténia, les cas restent rares.

La maladie de Lyme

Une étude publiée sur le site de la Royal Society a démontré le rôle positif du renard (et de la fouine) dans la moindre transmission de la maladie de Lyme aux rongeurs et donc à l’environnement.

La raison serait que les rongeurs qui se transmettent entre eux la bactérie Borrelia, se tiendraient sur leur garde en présence des renards : ce faisant, ils véhiculeraient beaucoup moins la maladie. Pour notre plus grand soulagement.

Pour en savoir plus

La rédaction de Toutvert.fr vous invite à consulter les articles ci-dessous :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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