Bien-être et santé

Le régime sans sel, n’attendez pas d’être malade !

Vingt ans après le rapport Méneton, la consommation excessive de sel, pourtant première cause d’hypertension artérielle, n’a pas baissé d’un iota en France. Un régime sans sel serait-il impossible ?

Consommation excessive de sel : attention danger !

L’Organisation Mondiale de la Santé préconise de limiter sa consommation quotidienne de sel à 5 grammes maximum par jour : en ligne de mire, l’hypertension artérielle, cause d’infarctus du myocarde et d’AVC.

En France, un adulte sur quatre est traité pour hypertension (soit 12 millions de personnes) et, chaque année, un million d’hospitalisations sont dues à une maladie cardio-vasculaire. Par ailleurs, 4000 cancers de l’estomac sont détectées par an, et 2, 5 millions de femmes souffrent d’ostéoporose (source UFC Que Choisir).

Le sel provoque la rétention d’eau au sein des cellules, et donc l’augmentation du volume sanguin, qui exerce une pression sur les artères. Par ailleurs, il empêche la fixation du calcium osseux, d’où son rôle fragilisant chez les femmes après la ménopause.

Le résultat des additions sont limpides : du sel = de l’hypertension. Du sel + des acides gras saturés = des maladies cardio-vasculaires. Du sel + des acides gras saturés + des sucres simples = un cancer, de l’obésité, du diabète (source UFC Que Choisir). Le tout sachant qu’un ennui n’arrive jamais seuls, les pathologies ont alors tendance à se cumuler.

80% du sel que nous consommons provient des aliments transformés

Or, en France, les hommes consomment en moyenne 9,7 g de sel par jour et les femmes 7,4 g par jour : plus de 40% des hommes dépassent même les 10 gr par jour. En vingt ans, la consommation de sel n’a quasiment pas diminué.

De fait, les campagnes d’information ont eu un effet sur la salière posée sur la table. Mais pas sur l’industrie agro-alimentaire : 80% du sel que nous consommons est présent dans l’alimentation à notre insu.

Plus de vingt ans ont été perdus : en 1998, le chercheur de l’Inserm spécialiste des maladies cardio-vasculaires Pierre Méneton, se portait en faux de campagnes étrangement lénifiantes, disculpant le rôle du sel dans les décès prématurés pour cause d’infarctus du myocarde et d’AVC. Et ce, jusque dans des prospectus dans les hôpitaux. A l’Inserm également, le chercheur Tilman Drüeke était, par ailleurs, conseiller scientifique du Comité des Salines de France, le lobby du sel.

Depuis, le rôle nuisible du sel n’est tout de même plus contesté, mais la réglementation n’a guère évolué : hormis l’étiquetage, elle n’impose aucune limite de sel dans les aliments !

Le régime sans sel n’existe pas !

Impossible de totalement éliminer le sel de son alimentation : votre médecin vous prescrit un régime « désodé » strict (entre 300 et 350 mg de sodium par jour, soit 0,7 à 0,9 g de sel) en cas de poussée d’hypertension artérielle et d’insuffisance cardiaque, rénale, hépatique, d’œdème ou d’ascite (accumulation de liquide séreux dans le péritoine).



Le régime sans sel, pas seulement quand on est malade !
Le régime sans sel, pas seulement quand on est malade !

Et il prescrit un régime « désodé » standard, soit moins de 600mg de sodium par jour (1, 5 g de sel par jour), en cas de traitement aux corticoïdes sur le long terme. Le sel est, de toute façon, déconseillé en cas de pathologies inflammatoires des articulations, qui nécessitent, précisément, un traitement à long terme.

Lorsque l’on est en bonne santé, le régime « désodé » large, soit 6g de sel par jour, est une excellente prévention. Accessoirement, manger mois de sel limite la rétention d’eau, très bon pour la silhouette.

Un étiquetage trompeur

1 g de sodium = 2, 54 grammes de sel !

Sur les étiquettes, la teneur en sel d’un aliment figure sous le nom de sodium. De sorte que l’on a l’impression qu’il y en a moins. N’oubliez jamais de multiplier ce chiffre par 2, 5, de façon à rétablir les proportions.

Le pain, une terrible source de sel ! Eh oui, la baguette tellement frenchie est une mine de sel : une baguette de 250 g contient 4.7 g de sel. Si vous mangez une demi-baguette, vous consommez 2.44 g de sel. Rien que le pain qui accompagne votre repas vous fournit la moitié du sel dont vous avez besoin.

Autres mines de sel, la charcuterie (deux petites rondelles de saucisson sec contiennent 1 gr de sel), les soupes et potages industriels vantés riches en légumes (2g de sel les 250 ml, soit le bol de soupe), le fromage, les plats préparés tels que les barquettes de concombre, céleris, carottes, taboulé, etc, les quiches industrielles, les pizzas.

Le régime sans sel, pas seulement quand on est malade !
Le régime sans sel, pas seulement quand on est malade !

En somme, si vous suivez un régime sans sel, bannissez les plats tout prêts. En exagérant à peine, sortez du supermarché pour aller au marché, vous aurez plus de chance d’y trouver des denrées « normalement » salées, sans cet ajout omniprésent. A moins qu’un rayon diététique garantisse une moindre teneur en sel des aliments, ce qui est le cas pour certains fromages.

Au hit parade des aliments à oublier en cas de régime hyposodé, le pain sauf les baguettes sans sel, les biscottes à moins qu’elles ne soient « sans sel ajouté », les rillettes, le poisson fumé et toutes les charmantes petites préparations (brandade de morue, rayon grec de tarama rose bonbon), les chips et tous les biscuits d’apéritif, toutes les conserves y compris les soupes en brick, toutes les pâtisseries industrielles, les olives, les cornichons, le beurre salé, liste non exhaustive ! Oubliez même certaines eaux minérales

Régime sans sel : nos idées recettes

La célèbre quiche lorraine

Tout le monde aime ça, surtout quand la pâte est faite maison la quiche lorraine. Pas très compliqué, pour la pâte :

  • 250 g de farine,
  • 125g de beurre doux,
  • 1 jaune d’œuf et
  • 1 cuiller à café d’huile d’olive : pas besoin de sel pour faire une bonne pâte brisée !

Et pas de sel non plus pour l’appareil, mais :

  • des œufs,
  • de la crème fraîche et du lait.

Ajoutez la garniture de votre choix :

C’est déjà prêt, il n’y a plus à enfourner !

Les lasagnes revisitées

Un peu plus long, les lasagnes au saumon et à la courgette :

  • une couche de pâte de lasagne,
  • du saumon revenu sans sel à la poêle que vous émiettez,
  • des courgettes,
  • de la sauce béchamel sans sel mais avec de l’aneth,
  • à nouveau une couche de pâte de lasagne, de saumon émietté et de courgettes, de sauce béchamel et d’aneth,
  • jusqu’à ce que votre plat soit rempli à ras-bord.

Et le tour est joué ! Régalez vous et c’est sans sel !

La cuisine faite maison a, sans comparaison, plus de goût que celle du supermarché : c’est pourquoi elle n’a pas besoin de sel pour compenser un manque de saveur.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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