Recycler ou incinérer le papier : quel est le plus écologique ?

Le papier, c’est dans le bac de tri avec le carton, les bouteilles en plastique, le métal et les briques alimentaires, tout le monde le sait (ou devrait le savoir). Oui, mais… si le recyclage du papier était moins intéressant d’un point de vue écologique que l’incinération ?

En France ce sont 60% des papiers produits qui sont recyclés, soit chaque année 6 millions de tonnes de papier sous toutes ses formes (carton, journaux, magasines, emballages…). Mais si ce choix politique a été fait, il est légitime de se poser la question de son efficacité comparativement à la méthode de valorisation énergétique, c’est-à-dire l’incinération.


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Tout d’abord, l’avantage de l’incinération est la production d’électricité, et parfois (selon la modernité des installations) l’emploi de la vapeur d’eau pour chauffer certains réseaux urbains. La production de cette électricité dégage certes du CO2, mais on peut qualifier ce dégagement de « neutre » dans le sens où il s’agit du CO2 capté par les arbres, qui est restitué à la nature.

Recycler ou incinérer le papier : quel est le plus écologique ?
Recycler ou incinérer le papier : quel est le plus écologique ?

Autre argument en faveur de l’incinération : les produits chimiques (et donc dangereux pour l’environnement) utilisés dans le recyclage du papier, notamment au moment du désencrage et du blanchiment du papier, sauf pour les papiers qui restent gris/beige.




Cependant d’un autre côté, l’incinération est dans l’imaginaire collectif très mal perçue en France. Ce qui a pour conséquence d’éloigner ces usines des villes, donc de les rendre plus difficilement accessibles ce qui augmentent les coûts de transport.

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Autre conséquence, ces usines de valorisation énergétique sont souvent dépassées et peu modernes, ainsi le rendement est faible, environ 36%. Beaucoup sont antérieures à la « cogénération » qui permet de produire de l’électricité ET de valoriser la vapeur d’eau en chaleur, elles se limitent alors à l’électricité. Elles sont également polyvalentes et acceptent tous types de déchets, le papier est alors « noyé dans la masse » et il n’en est pas retiré le plus haut rendement possible.

La balance semble donc pencher en faveur du recyclage, d’autant plus que l’État français a investi dans les usines papetière de recyclage performantes. Rappelons tout de même que si tous les papiers se recyclent, leur recyclage est limité à 5 fois.




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