Animaux

Le pygargue, l’aigle des mers

Pygargue, cet oiseau majestueux n’est pas que le symbole des Etats-Unis !

Présentation et symbolique

Le pygargue est tout sauf un aigle : non seulement il n’a pas la majestuosité du rapace, mais il a une vilaine réputation de pillard. En somme, il est vu comme le cousin bas-de-gamme de l’aigle.

Sauf que les vertus humaines attribuées au règne animal n’ont pas toujours de sens. Le pygargue est un rapace diurne cousin de l’aigle, de la même famille des Aquiliens (ou Aquilinés). Si l’aigle vit dans les terres, le pygargue vit en milieu aquatique, bord de mer, de rivières et de lacs. Et se nourrit principalement de poissons.

En grec, pygargue signifie « qui a les fesses blanches ». Et les anglais le traitent de « bald eagle », d’aigle chauve. Décidément, pas très élogieux ! Autres appellations, Aigle pêcheur, aigle de mer en référence à son habitat. Et autrefois, il s’appelait l’orfraie, qui a donné l’expression faisant référence à son cri.

Visuellement, comment distinguer un pygargue d’un aigle ? Le pygargue ressemble à un aigle ordinaire, avec un bec plus fort et les yeux moins enfoncés sous l’arcade sourcilière. Sa queue est aussi moins carrée. Et en vol, il ressemble plutôt à un vautour, en raison de ses plumes lancéolées qui se relèvent au niveau de la nuque.

Un rapace aquatique ?
Un rapace aquatique ?

Le pygargue, le symbole des USA

Un aigle ? Damned non, un pygargue. C’est Thomas Jefferson, qui s’était entiché de l’oiseau : le troisième président des Etats-Unis était adepte de la physiognomonie, selon laquelle l’habitat fait le moine, y compris chez les oiseaux.

Erreur qu’il n’aurait pas dû commettre, car la description du rapace avait déjà été faite par le naturaliste Casterby. Benjamin Franklin milita pour troquer le pygargue par une dinde, symbole de l’abondance et toujours au menu du Thanksgiving Day. Mais a moins de panache. Le pygargue à tête blanche est toujours l’étendard des Etats-Unis, que Benjamin Franklin qualifiait pourtant de “couard lamentable, qui a pour habitude de fuir les oiseaux de la taille d’un moineau”.

Le pygargue en France

En soi, le pygargue à queue blanche est une espèce rare : avec son envergure de deux mètres cinquante, il est tout de même l’un des plus grands rapaces existants. Il en existe tout au plus dix mille couples au monde, dont un millier en Europe. C’était aussi le plus présent en France.

Mais depuis 1959, il est déclaré officiellement disparu sur notre territoire. Une vingtaine de couples ont été repérés, qui hibernent en bordure de plans d’eau en Champagne et en Lorraine : depuis 2016, le statut IUCN de ce rapace en France est passé de RE (Espèce disparue de France métropolitaine) à CR (en danger critique d’extinction). Il est interdit de le détruire, de le blesser, et de le détenir : l’oiseau comme ses œufs.



Les espèces représentatives

Pygargue de Steller ou empereur

Il a dévoilé son mode de vie tardivement : jusque dans les années 1990, le territoire russe du Kamchatka (la péninsule extrême-orientale qui est dans les confins de l’Asie) était interdit d’accès. Or c’est là, que se concentre la plus grande population de pygargues empereur.

La raison ? Au printemps, les fleuves et la péninsule regorgent de saumon, dont beaucoup meurent ensuite d’épuisement, lors de leur reproduction d’août à mars. Ainsi les berges sont-elles pourvues de nourriture y compris en hiver.

Fait notable, la population de pygargues empereur est stable, ce qui est une exception à la règle : le rapace est capable de survivre à des froids polaires, tandis que la pollution le décime sous des latitudes plus clémentes.

Pygargue vocifère

Il est endémique de l’Afrique sub-saharienne. Il habite les bords des grands Lacs de l’Afrique orientale, en particulier au Kenya. Ses critères : de l’eau et des arbres qui lui servent de point de mire. De taille moyenne, ce rapace est blanc et noir : sa tête, son cou, sa poitrine et le bout de sa queue sont tout blancs, pendant que tout le reste de son corps est noir. Et son bec est jaune, avec la pointe noire.

Il fait mentir la mauvaise réputation du rapace : très vif, il va jusqu’à plonger dans l’eau pour capturer ses proies. Et n’hésite pas à s’attaquer aux (bébés) crocodiles.

Guide ornitho
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Pygargue à queue blanche ou aigle de mer

Il est donc le pygargue européen, ou plus exactement nord-européen. Il est le plus grand rapace d’Europe : corpulent, il est tout brun avec des nuances dans ce plumage. Un brun rehaussé du jaune de ses yeux, son bec et ses pattes.

Bien qu’aigle « de mer », le pygargue à queue blanche vit au bord des eaux salées et douces. Il est vrai que s’il se nourrit de pêche, il préfère les eaux calmes et les poissons qui nagent au bord et en surface, voire morts.

Le pygargue, le fameux cri d’orfraie ?

C’est une confusion qui a attribué à l’orfraie qu’est le pygargue, l’expression « pousser des cris d’orfraie ». En réalité, le cri qui effraie était celui de la chouette, au cœur de la nuit. Or, le pygargue est diurne.

Mais ce rapace pousse bien des cris puissants, aux circonstances précises : en période nuptiale pour attirer la femelle, et pour défendre son territoire. En revanche, il garde le silence absolu pour capturer sa proie.

Un rapace aquatique ?
Un rapace aquatique ?

Son rôle écologique

Quelle que soit l’espèce, ce rapace est mature au bout de cinq ans. Or, il ne pond en moyenne que deux oeufs par couvaison. Une croissance lente et une reproduction faible qui ne suffisent pas à expliquer la mise en danger du pygargue à queue blanche, qui avait des conditions naturelles de survie bien plus propices que le pygargue empereur.

Seulement voilà, la destruction de son habitat a quasiment raison de lui. Le pire ennemi du pygargue est la pollution toxique des eaux des lacs et rivières d’Europe. Plus qu’un signe, une évidence.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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