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Le prunier d’Afrique, au secours de la prostate… à son propre péril

En Afrique connue pour soulager la « maladie du vieil homme », l’écorce de prunier d’Afrique fait aujourd’hui partie de la phytothérapie très prisée en Europe contre l’hyperplasie bénigne de la prostate (HPB). Sauf que cette essence en est en danger d’extinction : au secours de la prostate, mais pas de la planète.

Le Prunier d’Afrique, description

Le Prunier d’Afrique (Pygeum africanum ou Prunus africana) est un arbre endémique des zones montagneuses de l’Afrique subsaharienne et, dans l’océan Indien, de Madagascar et des Comores, soit d’écosystèmes pluvieux mixtes.

En dépit de sa hauteur d’un trentaine de mètres, le prunier d’Afrique est de la même famille que les roses : mais ce premier dure un peu plus longtemps, une bonne centaine d’années ! Quant à sa feuille persistante, elle fait plutôt penser à celle du laurier.

Prunier d’Afrique en photos

Voici des représentations de ses feuilles, fruits et de son écorce broyée.

Ses feuilles et ses fruits
Ses feuilles et ses fruits

 

Prunier d'Afrique, contre les problèmes de prostate
Prunier d’Afrique, contre les problèmes de prostate

 

Son écorce broyée
Son écorce broyée

Ses bienfaits

L’écorce du prunier d’Afrique est un concentré de phytostérols (naturellement présents dans les végétaux, ils ont une structure proche du cholestérol et en régulent le taux dans l’organisme), et de triterpènes (également très répandu dans la nature, notamment dans les résines, cet hydrocarbure insaturé inhibe la croissance des tumeurs).



A partir de la cinquantaine, près d’un homme sur deux connaît une hyperplasie (augmentation du volume) bénigne de la prostate, qui comprime la vessie et l’urètre, occasionnant une gêne pour uriner. Or, le traitement classique des molécules de synthèse, qui inhibent l’enzyme responsable de cette hypertrophie, ont potentiellement pour inconvénient des troubles sexuels.

Une efficacité reconnue

D’où l’intérêt que représente la phytothérapie. Et parmi celle-ci, le palmier nain, les racines d’orties, les graines de citrouille, mais aussi le prunier d’Afrique. Un remède traditionnel des régions africaines où pousse cette plante, et découvert au XVIIIeme siècle par les Européens.

Ce sont même des Français, qui ont standardisé l’extrait de prunier d’Afrique, pour le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) : 14% de triterpènes dont les stérols.

A la suite d’une vingtaine d’essais cliniques, il lui a été reconnu, une « certaine efficacité » contre la pollakiurie (le fait d’avoir anormalement souvent envie d’uriner), contre l’hypertrophie bénigne de la prostate, et l’adénome (une tumeur bénigne) de la prostate.

De fait, grâce à son effet décongestionnant, son écorce augmente l’élasticité vésicale, stimule la sécrétion de la prostate, et inhibe l’enzyme à l’origine de l’augmentation de volume de la prostate.

Prunier d’Afrique, comment l’utiliser ?

Prunier d’Afrique en gélules

En vente libre, il se présente sous la forme de gélules d’extraits mous d’écorce, vendues sous forme de gélules molles : généralement de 50 mg, la dose journalière étant de 100 milligrammes d’extrait mou d’écorce du prunier d’Afrique, pour une cure de six à huit semaines.

Prunier d’Afrique, et les laboratoires Mylan ?

Depuis le mois de mars 2018, les capsules d’extrait d’écorce de prunier d’Afrique commercialisées par les laboratoires Mylan ont été supprimées de la vente. C’était pourtant l’un des deux laboratoires-phares de la commercialisation de l’extrait standardisé.

Mais en 2017, certains lots avaient fait l’objet d’un rappel, jugés non conformes par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Prunier d’Afrique bio

Aujourd’hui, aux côtés des deux principaux laboratoires qui commercialisaient la capsule d’extrait d’écorce de prunier d’Afrique, nombre de marques, dont certaines valorisant le fait qu’elle sont bio, proposent de l’extrait standardisé, selon des normes identiques.

Attention à l’automédication

Si vous êtes un homme qui souffre de problèmes de miction, évitez l’autodiagnostic : avant de préférer la phytothérapie à la molécule de synthèse, commencez par une visite médicale. En effet, si l’HBP ne veut pas du tout dire que vous avez un cancer de la prostate, un contrôle médical ôtera le moindre doute.

Faut-il ensuite, préférez le prunier d’Afrique à, par exemple, le palmier nain ? Faites-vous conseiller, plutôt que de vous ruer sur toutes les offres qui se bousculent un peu trop sur internet.

Le prunier d’Afrique, pas d’effets secondaires

C’est ce qui le rend intéressant : le prunier d’Afrique n’engendre pas de troubles sexuels ou de baisse de la libido. Il peut, en certains cas, tout au plus occasionner de la diarrhée ou de la constipation.

Et si on lit régulièrement qu’il est déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes, reconnaissez qu’elles ne sont pas gênées par leur prostate.

Côté écologie

Le prunier d’Afrique subvenait sans problème à une récolte de subsistance. Sauf que, depuis les années 1970, son écore est devenue un commerce à l’échelle quasi-mondiale : eh oui, les populations américaine et européenne vieillissent !

Après avoir été interdit d’importation en Europe, à la suite de son inscription à l’annexe II de la CITES (La Convention sur le commerce international des espèces de flore et de faune menacées d’extinction), le prunier d’Afrique originaire du Cameroun est désormais à nouveau autorisé.

Avec un risque majeur pour l’écosystème de cette zone de l’Afrique.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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