Bien-être et santé

Polyarthrite rhumatoïde, la destruction des articulations

C’est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques : la polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune, qui implique un traitement précoce pour ne pas être totalement invalidante. Cette maladie se déclare entre 40 et 60 ans, et touche 200 000 personnes en France. Elle affecte trois fois plus les femmes que les hommes.

Polyarthrite rhumatoïde : définition

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune : le système immunitaire ne reconnaît plus ses propres tissus et les agresse tel un corps étranger. En l’occurrence, il agresse la membrane synoviale qui entoure les articulations.

Cette membrane synoviale fabrique alors un liquide contenant des enzymes qui détruisent l’articulation, les tendons et les os.

Mais la polyarthrite rhumatoïde ne se limite pas aux articulations : maladie de l’ensemble de l’organisme, elle est susceptible de toucher le cœur, les poumons, les reins. A ce titre, elle hypothèque l’espérance de vie : sachant que d’une personne à l’autre, son évolution reste imprévisible.

Polyarthrite, les symptômes

Cette maladie se manifeste progressivement ou bien par une poussée brutale. Dans les deux cas, les douleurs articulaires touchent en priorité les mains et les pieds.

En fin de nuit, la personne est réveillée par de fortes douleurs articulaires, et ressent des raideurs articulaires au moment de se lever, pendant au moins une demi-heure.

Les articulations douloureuses sont au moins au nombre de trois, respectivement au niveau des poignets, des mains et des doigts. Et les avant-pieds sont douloureux au toucher.

Autre signe caractéristique, l’atteinte des articulations est toujours symétrique : dès lors qu’une articulation est atteinte d’un côté du corps, l’autre l’est aussi, et ce en moins de deux mois.

Autres symptômes caractéristiques, des nodules sous-cutanés aux coudes et aux genoux et les glandes lacrymales et salivaires touchées, occasionnant une sécheresse des yeux et de la bouche.

Polyarthrite, une maladie invalidante
Polyarthrite, une maladie invalidante


Polyarthrite rhumatoïde, les causes

90% des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde ont une prédisposition génétique : l’antigène HLA DR1 est présent chez 60% des personnes atteintes, et l’antigène DR4 chez 30% d’entre elles.

Mais ce n’est pas une maladie uniquement génétique. D’autres facteurs sont déclencheurs de la maladie, ou bien jouent le rôle de révélateur de cette prédisposition latente : chez la femme, la ménopause est « la » période où la maladie se déclenche.

D’autres facteurs entrent en ligne de compte, qu’ils soient environnementaux (pollution, tabac) mais aussi facteurs psychologiques (deuil, séparation, etc). Ces derniers ne sont pas à ignorer, même si la maladie est tout sauf une vue de l’esprit.

La combinaison de ces facteurs forme une configuration propice au déclenchement de cette maladie.

Polyarthrite rhumatoïde : poser un diagnostic

Les radiographies ou IRM des mains, poignets et pieds permettent de connaître le degré d’atteinte des articulations.

La prise en charge précoce de la maladie permet d’intervenir pour faire en sorte de limiter la dégradation des articulations.

Polyarthrite rhumatoïde : la prise de sang

La polyarthrite rhumatoïde est suivie par un rhumatologue. La prise de sang permet de vérifier la présence des auto-anticorps ou « facteur rhumatoïde » (les anticorps anti-peptides citrullés ou anticorps anti CCP), et le test de sédimentation sanguine de distinguer une polyarthrite de l’arthrose.

Polyarthrite rhumatoïde évolutive grave

En certains cas, la polyarthrite rhumatoïde peut être très agressive : destruction rapide des articulations, surtout au cours des deux premières années du déclenchement de la maladie, et/ou atteinte d’autres organes, cœur, poumon, vaisseaux, reins.

Polyarthrite rhumatoïde, quelles évolutions ?

Si elle n’est pas traitée, cette maladie est invalidante en une dizaine d’années. Et il s’agit bien d’une maladie de l’ensemble de l’organisme, susceptible de graves complications : l’athérosclérose (le durcissement des artères) est l’autre risque principal, avec la destruction des articulations. Autres complications : l’atteinte des reins, du diabète, la vision également lésée.

La polyarthrite rhumatoïde ne se soigne pas, mais sa prise en charge précoce par les traitements actuels ont modifié les perspectives : un tiers des personnes atteintes développent une polyarthrite « bénigne », qui leur permet de vivre sans invalidation lourde. 10% ne connaissent pas même de rechute grave, après la première poussée.

Les deux tiers des personnes atteintes, doivent, il est vrai, vivre avec les dégâts irréversibles de la maladie.

Polyarthrite rhumatoïde, un traitement de fond

Le traitement consiste en la prise d’un agent antirhumatismal modificateur de la maladie (ARMM), qui inhibe les cellules du système immunitaire qui s’attaquent aux articulations. Ce traitement de fond peut être associé à un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), dont le but est de réduire l’inflammation et la douleur.

Selon le degré d’agressivité de la maladie, d’autres traitements sont associés.

Polyarthrite rhumatoïde et mode de vie

Les risques liés à la maladie impliquent, selon les cas, un suivi de la tension artérielle, du cholestérol et du diabète. L’activité sportive n’est pas déconseillée, elle peut même être recommandée. En revanche, le tabac est contre-indiqué, car il pérennise la maladie.

En France, la polyarthrite rhumatoïde est une affection de longue durée prise en charge à 100%.

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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