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Le parfum, du pur poison ?

On en fait sa seconde peau. Au quotidien pourtant, le parfum n’est pas un produit anodin.

Les origines du parfum

Le parfum ? « Per fume », par la fumée, en référence aux fumigations sacrées et médicinales, alors vouées à éliminer les micro-organismes. Si l’odorat n’est pas le sens le plus développé de l’être humain, nous n’avons rien inventé : notre ancêtre du Néolithique se parfumait pour impressionner son gibier. Quelque chose de changé ?

Les parfumeurs disposent de plus de 4000 fragrances, contre 300 avant la mise au point des substances synthétiques : aujourd’hui, 98% de celles-ci le sont. Cela permet, par exemple, d’obtenir un parfum au muguet, dont l’extraction naturelle est quasi-impossible. Ou à la vanille, très onéreuse à l’état naturel. Quant au fixateur qu’est le musc, il décimait les pauvres civettes et bouquetins. Et puis la molécule synthétique a mis le parfum à la portée de tous.

De quoi se compose un parfum ?

D’un concentré odorant, d’un support et d’un fixateur. C’est le support, qui détermine la catégorie de parfum : il est très majoritairement de l’alcool éthylique (jamais inférieure à 70%), qui a le triple avantage d’être neutre et d’ainsi ne pas altérer le concentré odorant, de s’évaporer pour laisser toute sa place à celui-ci, et de le conserver.

Parfum : poison ou plaisir ?
Parfum : poison ou plaisir ?

On distingue un parfum selon sa teneur en alcool et en concentré odorant : les eaux de Cologne (4 à 6% de concentré), les eaux de toilette (6 à 12%), les eaux de parfum (12 à 20%) et les parfums (20% et plus). La différence ? La puissance olfactive de la fragrance et sa durée, de trois heures pour une eau de toilette, au double pour une eau de parfum.

Parfum : existe-t-il des risques pour la santé ?

Synthétique VS naturel ?

On peut aussi bien être allergique à une substance naturelle que chimique. Éruption cutanée, mal de tête, voire problème respiratoire tel que l’asthme ne sont pas l’apanage des seules molécules synthétiques. Néanmoins, celles-ci sont désormais de très loin les plus utilisées.

Phtalates et musc synthétiques épinglés

L’étude date déjà de quelques années, mais elle reste actuelle : en 2005, l’ONG Greenpeace avait fait analyser par un laboratoire indépendant, la teneur en phtalates et en musc de synthèse d’une quarantaine de parfums de marques les plus utilisées à travers le monde.

Problème, le phtalate, fixateur de nombre de parfums et qui a pour précaution de le rendre imbuvable : il réduit très sensiblement la production de testostérone. Or, si la réglementation a interdit le dibutyl phtalate et le diethylhexyl phtalate, elle autorise toujours le diéthyl phtalate. Sans compter que la réglementation n’est pas toujours respectée. Messieurs, attention à vous !

Quant aux muscs de synthèse, qui parfument par ailleurs nos détergents et autres produits d’hygiène, ce sont des substances persistantes susceptibles de contaminer le sang et le lait maternel. Par ailleurs, ils amplifieraient les effets de l’exposition à d’autres substances toxiques.



Si le rapport de Greenpeace concluait au fait que les effets en sont encore inconnus, l’exposition en est tout de même, par usage, quotidienne et avec effet cocktail : son parfum, ajouté à celui de son savon, d’une lessive, des détergents.

L’INCI, comment ça se lit ?

Une fragrance est, par essence, un secret de fabrication. En dépit de cette sublime exception, la réglementation européenne impose la mention de la présence de celles des vingt-six substances allergènes établies.

Cette liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredient) est établie en latin pour les substances allergènes naturelles, en anglais pour celles qui sont chimiques. A vous d’être bilingue.

A titre d’exemple, le linalol : présent dans la lavande et bien d’autres plantes aromatiques, il fait partie des allergènes. Mais comparaison n’est pas raison : en sa version synthétique, c’est la molécule isolée qui a été analysée, en sa version naturelle, elle est associée à d’autres molécules aromatiques.

Et les parfums pour bébé ?

Bébé a des odeurs : transpiration, régurgitation de lait, sébum de la tête, couche pleine. Faut-il réellement le parfumer ? Sachez simplement que le rapport entre son poids et la surface de sa peau est sept fois supérieur à celui d’un adulte.

En l’occurrence, la mode a un petit côté régressif : le XVIIIe siècle est celui où l’on s’est le plus parfumé, parce que le moins lavé. Pourquoi ce retour en arrière, avec un nouveau-né ? Au pire du pire, évitez les parfums contenant de l’alcool, et ayez la main légère.

Les parfums non nuisibles à la santé, ça existe ?

Au rayon des magasins, vous pouvez désormais trouver des huiles essentielles diluées, des eaux florales et des extraits aromatiques de fruits ou de fleurs.

Côté bio, les eaux de toilette et parfums certifiés bio sont exempts de et de muscs synthétiques. Attention, cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas allergènes : tout dépend de chaque individu.

Et le parfum DIY ?

En soi, la recette est simple : 100 gouttes d’huiles essentielles, diluées dans 100 ml l’alcool à 70° ou même de vodka (non odoriférante).

Parfum : poison ou plaisir ?
Parfum : poison ou plaisir ?

Pour les huiles essentielles, faites comme un parfumeur : 30 gouttes d’huile essentielle pour la note de fond (cèdre, bois de rose, sapin, etc), 40 gouttes d’huile essentielle de note de cœur (des huiles essentielles de fleurs et feuilles, ylang-ylang, lavande, camomille, romarin, etc), et 30 gouttes de note de tête (agrumes ou hespéridées).

Ajoutez de la glycérine végétale. Fermez votre flacon, agitez-le, et placez-le au réfrigérateur pendant 48 heures : agitez-le de temps en temps, pour que les arômes diffusent bien dans l’alcool.

Ensuite ? Testez plusieurs jours de suite votre parfum sur un bout de peau, épaule ou avant-bras. S’il vous paraître trop concentré, diluez-le avec de l’eau minérale : laissez alors reposer 48 heures de plus.

Vous n’avez pas d’allergie ? Apprenez alors à varier les plaisirs : toujours en prenant la précaution du test préalable.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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