Pratiques douces

Ozonothérapie : l’ozone, vraiment aussi pour purifier l’organisme ?

Une pratique non sans danger

L’équation paraît séduisante : sachant que les infections bactériennes représentent 70% des pathologies humaines et que l’ozone tue les micro-organismes, une cure d’ozone devrait nous désinfecter, voire nous débarrasser de nos cellules défectueuses. O miracle qui n’a pas lieu : votre organisme ne fonctionne pas comme l’eau de votre piscine. Focus sur les promesses de l’ozonothérapie.

Ozone : un polluant et un désinfectant

L’ozone : une couche protectrice et un polluant atmosphérique

Au niveau de la stratosphère, la couche d’ozone est cette concentration d’ozone dans l’atmosphère qui protège la planète des rayons ultra-violets du soleil en les filtrant, d’où l’inquiétude des « trous » dans la couche d’ozone.

Rien à voir, la pollution à l’ozone est sa concentration excessive à basse altitude, issue de de la réaction photochimique de polluants « précurseurs », l’oxyde d’azote (Nox), le monoxyde de carbone (CO), les composés organiques volatils (COVs) dont le méthane (CH4).

L’ozone : un puissant désinfectant

Dans l’air que nous respirons, une concentration excessive d’ozone est toxique (maladies respiratoires, problèmes cardio-vasculaires) : la concentration recommandée est de 100 mg/m3. Au-delà, son inhalation est dangereuse pour la santé.

Plus généralement, l’ozone est toxique pour les êtres vivants : bactéries et germes n’y résistent pas.

Ozone et purification de l’eau

Instable, l’ozone (03) se recompose rapidement en oxygène (O). Le temps de son existence, il tue les micro-organismes : l’eau mise en contact avec de l’ozone s’en trouve purifiée. Un procédé également utilisé pour dégrader les résidus médicamenteux présents dans l’eau.

Les ozonateurs sont principalement utilisés par les entreprises et collectivités locales. Néanmoins, cette technique est disponible pour les piscines particulières et spas.

A noter que le procédé de fabrication d’ozone par un arc électrique dans un réservoir d’air s’appelle l’ « effet corona« , rien à voir avec le Sars.

Ozone et Coronavirus

Avec l’apparition du virus Sars en 2000- 2003, l’ozone se présente aussi comme une solution pour désinfecter les surfaces inertes susceptibles d’être contaminées : à même de pénétrer le noyau du virus, l’ozone en détruit l’ARN viral. Une solution efficace, peu coûteuse et non polluante.

Ozonothérapie à usage médical : un peu d’Histoire

Née en France en 1895 des travaux de Labbé et Oudin, l’ozonothérapie a été employée par l’armée allemande comme antiseptique pour soigner blessure et infections, lors de la Première guerre mondiale puis dans les années 1930- 1940 : une époque antérieure à celle des antibiotiques.



En France, le recours à l’ozonothérapie a également été antérieure aux antibiotiques, en particulier contre la tuberculose et la coqueluche  : ce fut le cas pendant 10 ans (1890-1900) à l’hôpital de Saint-Raphaël dans le service du Dr Bontems, pendant trente ans à l’hôpital Bichat à Paris, ou encore à l’hôpital Beaujon de Clichy.

Mais avec les antibiotiques (et la cortisone), l’ozonothérapie a cessé d ‘être enseignée par la Faculté de Médecine.

Ozonothérapie : jambes dans un caisson sur un lit médicalisé
Séance d’ozonothérapie sur les jambes d’un patient

Danger de l’ozonothérapie : des risques majeurs

L’ozonothérapie ne peut se pratiquer qu’en milieu médical : au regard de son risque élevé de complications graves, son dosage est extrêmement délicat.

Les bains d’ozone

Le « bain d’ozone » est proposé en cas de fatigue chronique pour restaurer l’élan vital. Le patient se glisse dans un sac fermé jusqu’au cou dans lequel circule le gaz.  En fait de retrouver son élan vital, le bain d’ozone expose à des complications cardio-vasculaires ou respiratoires. A l’extrême, à des accidents vasculaires cérébraux.

Dopage par injections

En 2012, le coureur cycliste de l’équipe Cofidis, Rémy Di Gregorio, était condamné pour dopage : il recourait à l’ozonothérapie par injections intraveineuses, un enrichissement du sang en ozone qui augmentait sa résistance à l’effort. L’ozonothérapie par « DIV » (Direct Intravenous Injection) est reconnue comme dangereuse pour la santé, en raison du risque élevé d’embolie.

En l’occurrence, le coureur cycliste faisait partie d’un réseau orchestré par un prétendu naturopathe de Marseille, un certain Christian Segui, condamné pour exercice illégale de la profession et radié de l’ordre de médecins.

L’autohémothérapie

L’autre grande technique de l’ozonothérapie est l’auto-transfusion : une dose de 150 ml de sang est prélevée, enrichie en ozone, puis réinjectée dans la circulation sanguine. Mais là aussi, le corps médical souligne les risques élevé, voire létaux pour la santé.

Transfusion de sang
Le sang enrichi en ozone : un dopant efficace

L’instabilité de l’ozone

Toute la délicatesse de l’ozone est à la fois son instabilité en raison de ses 3 atomes d’oxygène, et de son puissant pouvoir oxydant : son aptitude à anéantir les micro-organismes est également valable pour les globules rouges. D’un maniement délicat, il expose l’organisme à la destruction des cellules et à la lésion des tissus.

Ozonothérapie : notre avis sur cette une pratique controversée

Au regard de ses vertus détoxifiantes, l’ozonothérapie stimulerait le système immunitaire, soulagerait également les douleurs articulaires, voire débarrasserait l’organisme de cellules cancéreuses.

Ces hypothèses prometteuses sont aujourd’hui rejetées par la médecine, car les bénéfices sont insuffisants au regard des risques. L’autre inconvénient, et non des moindres, est que cette pratique non reconnue est, de ce fait, proposée par des praticiens plus ou moins scrupuleux, dont bien sûr, des charlatans.

En résumé, si la pratique de l’ozonothérapie n’est pas interdite, renseignez-vous avec beaucoup de sérieux, avant de confier votre santé à n’importe quelle alternative.

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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