Animaux sauvages

Que savez-vous vraiment de l’oie ?

Tout savoir sur cet anatidé

Entre gavage et duvet pour les couettes, l’oie est le dindon de nos mauvaises farces. Redécouvrez cet animal intelligent, à l’occasion excellent chien de garde et très bonne tondeuse écologique.

Définition : qui est l’oie ?

C’est un oiseau aquatique de la famille des anatidés, qui comprend aussi les cygnes et les canards. Les anatidés ont en commun d’avoir le corps trapu, les pattes courtes et palmées, le bec aplati et muni à l’intérieur de lamelles filtrantes. Vivant essentiellement en eau douce, ils ont une aire de répartition très large, à l’exception des pôles.

Sauvage ou domestique, l’oie est un oiseau aquatique qui a donc besoin de passer du temps sur l’eau, ce dont elle est trop souvent privée dans le cadre des élevages industriels.

Les espèces emblématiques

On distingue les oies sauvages et les oies domestiques. Les deux principales espèces d’oies sauvages sont l’oie cendrée sauvage (Anser anser) et l’oie cygnoïde sauvage (Anser cygnoides). En Europe, l’oie sauvage la plus répandue est la cendrée (Anser anser) dont sont issues la grande majorité des oies domestiques.

Rien qu’en France, on recense l’oie de Toulouse, de Castres, de Normandie, du Marais poitevin, du Bourbonnais.

L’oie de Toulouse, avec ou sans bavette

Elle comprend elle-même deux espèces. Celle avec bavette a un repli de peau sous le bec et un double repli cutané sous le ventre appelé panouille, qui pend jusqu’à terre. Celle sans bavette a une panouille qui ne touche pas le sol. C’est cette espèce qui a été sélectionnée pour son foie… le résultat de ce travail de sélection est l’oie des Landes, moins grasse mais avec une reproduction plus importante.

L’oie grise des Landes est une belle oie, très décorative. Pourtant elle est essentiellement destinée au gavage. Elle résulte d’un travail de sélection réalisé par l’INRA de Toulouse dans les années 60, à partir de celle de Toulouse dans le but d’alléger la corpulence de cette dernière, tout en améliorant la production et de la qualité des foies. Le jars peut peser 7 kilos et l’oie 6 kilos.

Oie : oies blanches dans un pré
Les oies vivent en troupeau

L’oie d’Alsace

Bicolore, elle y est élevée depuis l’époque romaine. Et a ignoré les affres de l’Histoire en s’hybridant sans vergogne avec ses congénères d’outre-Rhin. La tradition voulait qu’au XIe siècle à la Toussaint, les chanoines de la cathédrale de Strasbourg reçoivent six oies.

Quant au gavage des oies, s’il est aussi de tradition avec le savoir-faire des femmes du Kochersberg (la plaine d’Alsace à la hauteur de Saverne), il a été à la fois rapidement réglementé et soumis à son succès : après avoir dû importer des oies d’Europe de l’Est (Hongrie, Tchécoslovaquie et Pologne), l’Alsace en a directement fait venir le foie gras. Apparemment pour le pire que pour le meilleur.



L’oie d’Emden

Celle-ci est allemande également appelée “oie-cyne” en raison de la longueur de son cou. Au plumage tout blanc, c’est un oiseau de prairie qui s’y repaît jusqu’à peser une dizaine de kilos. Cette belle oie corpulente est cependant menacée d’extinction, au profit de races hybrides.

L’oie du marais poitevin

Elle a bien failli disparaître. A partir de 1993, le parc naturel régional du Marais poitevin a organisé la sauvegarde de cette espèce rustique, au plumage aux extrémités bien droites avec un liseré blanc. Bon échange de procédé de la nature, l’oie du Marais poitevin défend beaucoup son territoire. Elle peut peser jusqu’à 5 kilos.

Elle ne doit pas être confondue avec l’oie blanche du Poitou, un peu trop sélectionnée pour son plumage chaud, doux et blanc. Louons à titre exceptionnel les couettes synthétiques qui lui ont offert un répit, sous la vigilance du Conservatoire des ressources génétiques du Centre Ouest Atlantique.

Un oiseau migrateur

La large aire de répartition des oies est due à leur grande faculté d’adaptation au froid et au chaud. En Europe, les oies sauvages migrent vers l’Espagne, le Portugal et l’Afrique du Nord en hiver.

Leur vol en V est caractéristique. Signe d’intelligence collective, il sert à économiser l’énergie, les battements d’ailes des oies de devant créant un courant ascendant qui soutient le vol des oies de derrière.

Oie en vol

Quelle est la nourriture de l’oie ?

Alors que nous abusons de son foie, cet animal est essentiellement végétarien. Il se nourrit d’herbe, de plantes aquatiques et de jeunes pousses. À défaut, il est nourri de cultures maraîchères (carottes, navets, pommes de terre..).

Cet oiseau peut aussi se rabattre sur des mollusques et larves d’insectes. Il ne mange pas à midi : il se nourrit le matin et le soir.

Qui le mâle de l’oie ?

Le mâle se nomme le jars.

Les oies vivent en troupeau. A l’âge de se reproduire, oies et jars se trouvent pour la vie, au point que lorsque l”un disparaît, l’autre se replie sur lui-même et reste seul pour le restant de ses jours.

L’oie construit le nid que le jars protège. La femelle pond de 3 à 12 œufs de 85 x 60 mm et d’un poids de 150 à 160g, qui éclosent au bout d’un mois pour donner naissance à un oison.

Le fameux phénomène d’empreinte

A sa naissance, l’oison apprend qui est sa mère, car il n’en n’a pas d’image innée. Si bien qu’il identifie comme telle le premier être ou objet animé.

Le zoologiste et éthologue autrichien Konrad Lorenz en a fait la démonstration avec les oies cendrées : après avoir observé des oisons dès leur naissance, il les a placés sous leur mère biologique. Les oisons poussaient des cris désespérés, voulant suivre le scientifique et non leur mère.

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Un vrai chien de garde !

L’oie défend son territoire et a une excellente mémoire. Au lieu d’un chien, adopter une oie est une alternative efficace. Elle se dresse même sur ses pattes palmées pour impressionner les intrus. Seule limite, si l’oie n’aboie pas, elle pousse des cris sonores ou “cacardements” qui peuvent déranger vos voisins.

Parmi ces excellentes gardiennes, l’oie espagnole d’Empordà. Originaire de la Catalogne, elle est de surcroît élégante, avec une belle huppe sur la tête.

Attention, oies et chiens ne font pas bon ménage, le chien étant sinon son prédateur, un moyen très dissuasif.

Sa réputation d’agressivité

L’oie n’a pas beaucoup d’armes de défense pour défendre ce territoire auquel elle tient. Sa réputation d’user de son bec est exagérée. Elle est réellement agressive, quand elle couve ses œufs. Là, c’est naturel, mieux vaut ne pas s’approcher. Par ailleurs, la défense de son espace vital la rend inévitablement agressive en élevage industriel, où il est réduit à portion congrue.

A noter que l’oie normande, aux beaux yeux bleus, est réputée dénuées de toute agressivité. De surcroît, elle est bien adaptée aux climats tempérés.

Une très bonne tondeuse écologique

L’oie est une très bonne randonneuse, qui parcourt jusqu’à cinq kilomètres pour se nourrir. Elle tond une pelouse avec une belle régularité, avec un piétinement qui ne l’écrase pas. Vous aurez une belle pelouse rase.

Pour un couple d’oies, compter une superficie d’environ 100m2.

Comment élever des oies ?

L’oie étant un animal de basse-cour, son adoption n’est pas sujette à réglementation, sauf à vouloir en adopter plus d’une cinquantaine, nombre au-delà duquel il s’agit d’un élevage agricole considéré à but commercial.

A l’opposé, adoptez toujours a minima un couple d’oies, car il s’agit d’un animal sociable, qui a besoin d’au moins un congénère. L’oie étant craintive, il est conseillé de l’adopter avant l’âge de six semaines.

Quant à son habitat, elle a besoin d’espace, afin que chacun soit à l’aise : faute d’espace, elle considère que vous empiétez sur son territoire. Idéalement, il est bien d’avoir un terrain attenant où elle se sent chez elle.

Elle a besoin d’un abri pour avoir un toit sur la tête et d’un sol paillé pour le confort de ses pattes et de ses nuits. De naturel peu fugueur, un enclos la prémunira contre les prédateurs, fouines ou renards. Protégez également votre potager de sa gourmandise. Et nourrissez-là à heure fixe, elle aime les repas servis de façon ponctuelle. Vous pouvez lui donner vos épluchures de carottes, endives, et feuilles de salades.

L’oie : un animal tout sauf bête

Le sobriquet d’oie blanche désigne une jeune femme candide, et même un peu niaise. Erreur, l’oie n’est pas seulement dotée d’une belle mémoire. Buffon la qualifiait « dans le peuple de la basse-cour, d’habitant de distinction.” Elle comprend et a des émotions proches de celles de l’être humain. Moralité, il arrive que ce soit “celui qui dit, qui est… .”

Envol d'oies sur un lac

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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