Bien-être et santé

Le myrte, l’envoûtant arbrisseau du maquis méditerranéen

L'incarnation de l'amour

Associé à la déesse Vénus, le myrte ne se réduit pas aux couronnes des jeunes mariés de l’Antiquité. Ce petit arbuste, très présent sur le littoral de la Méditerranée, trouve aussi bien sa place en gastronomie pour rehausser nos plats qu’en phytothérapie pour soulager de nombreux maux. Partons ensemble sur les traces de cette plante qui fleure bon le soleil.

Le myrte commun : la plante aux accents du Sud

Parfois connu sous le nom de nerte, le myrte commun (Myrtus communis) est un arbuste de la famille des myrtacées à port buissonnant, atteignant généralement 2 à 3 m de haut. Il arbore de petites feuilles ovales, pointues, coriaces et brillantes, à l’odeur typiquement résineuse. En été, il se pare d’odorantes fleurs blanc-crème, munies de 5 pétales et de longues étamines. Celles-ci se muent à l’automne en baies comestibles de couleur bleu-noir.

Symbole du myrte

Fleur nuptiale en Europe du Nord, cette plante reste définitivement attachée à l’amour, et plus précisément au sexe féminin. Logique, quand on sait que Vénus s’est préservée des regards insistants des Satyres au sortir de son bain… en se cachant derrière un buisson de myrte. Son bois aurait même servi à fabriquer l’arc et les flèches de Cupidon.

Dans le langage des fleurs, le myrte symbolise le renouvellement de la passion au sein du couple. Il s’offre également pour déclarer sa flamme à une femme pudique.

Où trouve-t-on le myrte ?

Le myrte se rencontre essentiellement sur le pourtour du bassin méditerranéen, où la chaleur des étés et la douceur des hivers s’avèrent propices à son développement.

Vous le croiserez notamment en Corse (myrte vert), en Sardaigne et en Sicile, voire jusqu’au Maroc (myrte rouge). Ouvrez l’œil lors de votre prochaine randonnée dans le maquis !

Comment cultiver le myrte ?

En pleine terre

Le myrte manifeste une nette préférence pour les sols drainés, acides et bien pourvus en humus. Il apprécie grandement l’exposition en plein soleil, mais se contentera d’un emplacement mi-ombragé.

En revanche, bien qu’il supporte des gelées ponctuelles (jusqu’à -12 °C), il redoute les grands froids prolongés et les excès d’humidité. Peu d’arrosage en perspective, donc, mais un apport de compost à prévoir pour une meilleure fertilité.

La taille n’est pas nécessaire, sauf à vouloir lui donner une forme spécifique. Elle s’effectue alors idéalement au mois de mars.

Myrte en pot

Vous résidez dans une région aux hivers rigoureux ou très pluvieux ? Une seule solution : planter votre myrte en pot. Vous pourrez ainsi l’abriter sous votre véranda si nécessaire. Pour ce faire, pensez à choisir un contenant suffisamment large pour que votre arbuste puisse s’épanouir à son aise.



Pour favoriser un bon drainage, placez de la pouzzolane ou de simples graviers au fond du pot. Rempotez ensuite votre plante tous les 6 mois environ.

Quel goût a le myrte ?

Avec leur saveur astringente, les baies ne se consomment généralement pas crues – bien que certains aventuriers l’invitent dans des salades de fruits. Elles se prêtent par contre à merveille à la confection de confitures ou de liqueurs, comme le « myrtéi » corse obtenu par macération des petits fruits. Séchées, elles renferment de subtiles notes de genièvre qui agrémentent à la perfection viandes en sauce et gibiers.

Les feuilles séchées se rapprochent plutôt du romarin et relèveront de manière plus originale les traditionnelles grillades. Ses jeunes pousses peuvent même se glisser dans un mesclun.

Quelles sont les vertus du myrte ?

Au-delà de sa polyvalence en gastronomie, le myrte demeure un vrai caméléon de la phytothérapie. Il s’emploie tant en décoction qu’en huile essentielle ou en eau florale. Passons en revue quelques-uns de ses bienfaits.

Un anti-infectieux des voies respiratoires

En aromathérapie, l’huile essentielle de myrte verte aide à lutter contre les virus et bactéries des voies hautes et basses (angine, bronchite, rhinite, sinusite…). Son côté anticatarrhal, mucolytique et expectorant favorise en parallèle le confort respiratoire.

On peut également en profiter en tisane : faites infuser 1 cuillère à soupe de feuilles pour 250 ml d’eau bouillante durant 10 minutes. Un remède de grand-mère à renouveler 2 fois par jour.

Un excellent décongestionnant urinaire, veineux et lymphatique

L’huile essentielle de myrte rouge soulage les cystites, urétrites et prostatites non causées par les colibacilles.
Elle sera préconisée également dans les affections d’origine circulatoire : hémorroïdes, varices, couperose, jambes lourdes

Elle désengorge aussi le système lymphatique, et gagnera à être employée en cas d’œdèmes notamment.

Un régulateur des problèmes gynécologiques

Antispasmodique, le myrte apaise les règles douloureuses. En cas d’aménorrhée, l’huile essentielle de myrte verte pourra être recommandée pour stimuler la fonction ovarienne.

Un allié contre les troubles gastriques

En infusion, les feuilles de myrte sont tout indiquées contre la diarrhée infantile, en particulier pour tempérer les spasmes intestinaux. Son action douce et cicatrisante sur le système digestif en font un bon complément à un traitement allopathique.

Pour la peau aussi !

Connaissez-vous l’eau d’ange ? Il s’agit d’une eau florale obtenue par distillation des feuilles et fleurs de myrte vert. Véritable hydrolat tonique et astringent, elle redonne fermeté et tonicité aux peaux matures. Elle s’adapte tout autant aux peaux à tendance acnéique, mixtes ou grasses pour assainir les pores.

Utilisez-la simplement sur une peau parfaitement démaquillée, propre et sèche. Petite astuce : si vos yeux sont congestionnés ou irrités, appliquez des compresses à l’eau d’ange sur vos paupières.

Des contre-indications ?

Assez bien toléré, le myrte, utilisé à des fins thérapeutiques, nécessite néanmoins quelques précautions d’emploi.

Prudence si vous souffrez de troubles thyroïdiens, d’insuffisance rénale ou hépatique. Attention également en cas d’antécédent de convulsions ou de crises d’épilepsie. Les huiles essentielles de myrte restent déconseillées chez la femme enceinte ou allaitante, ainsi que chez les enfants de moins de 6 ans.

Vous l’aurez compris, ces quelques conseils ne se substituent en aucun cas à un avis médical : rapprochez-vous d’un spécialiste de santé avant d’entamer tout traitement.

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