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Montessori : une pédagogie alternative qui séduit toujours

Quand l’enfant apprend à son rythme

« L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit, mais une source que l’on laisse jaillir. » C’est sous ce postulat fort que la méthode Montessori s’est construite à l’aube du XXe siècle. Une pédagogie alternative qui convainc de plus en plus de familles, en replaçant le développement de l’enfant au cœur du processus d’apprentissage. Comment a-t-elle vu le jour ? Sur quels principes repose-t-elle ? Examinons ce qui fait tout le sel du courant montessorien.

C’est quoi le programme Montessori ?

À l’initiative de cette pédagogie innovante, se trouve une femme au parcours singulier : Maria Montessori. Jeune médecin diplômée de la faculté de Rome en 1896, elle décide rapidement d’embrasser la carrière de psychiatre.

En observant attentivement les adultes et enfants porteurs de troubles mentaux variés, une ambition l’anime : ouvrir une voie nouvelle pour aider ces personnes laissées au ban de la société à recouvrer leur autonomie. Selon Maria Montessori, celles-ci détiennent des ressources insoupçonnées qui ne demandent qu’à être valorisées et stimulées.

Après un retour sur les bancs de l’université pour étudier l’anthropologie, la pédagogie et la philosophie, Maria Montessori développe les premiers traits de sa méthode sur ses élèves déficients. Elle accorde notamment une place majeure aux cinq sens, à l’initiative personnelle et à la bienveillance. Un bilan pour le moins victorieux : ces enfants catalogués « faibles d’esprit » accèdent progressivement à la lecture et à l’écriture.

Convaincue que cet élan peut profiter à chacun indépendamment de ses aptitudes, Maria Montessori ouvre sa première « Maison des enfants » à Rome en 1907. Le début d’un succès mondial : ce sont aujourd’hui plus de 20 000 écoles qui incarnent les valeurs montessoriennes.

Maria Montessori
Maria Montessori

Pourquoi la pédagogie Montessori ?

La méthode Montessori s’articule autour d’une idée phare : encourager le développement de l’enfant en respectant son rythme et en satisfaisant sa curiosité. Ce mantra qui tranche quelque peu avec l’éducation conventionnelle crée certaines ruptures de terminologie : la classe devient une « ambiance », les « éducateurs » remplacent les professeurs des écoles.

Une liberté plus prononcée

Souvent réputée trop permissive, une classe Montessori s’entend plutôt comme un espace où l’enfant reste acteur de son développement physique, cognitif, spirituel et social.

Traversant différentes « périodes sensibles » entre 0 et 6 ans, un enfant sera plus à même d’acquérir certaines compétences à un moment précis : langage, coordination, ordre, raffinement, comportement social…
En se tournant vers les ateliers de son choix – présentés en amont par l’éducateur – l’enfant devient plus réceptif lors de son apprentissage et manifeste un enthousiasme vif. Le savoir devant être source de joie et d’épanouissement personnel, aucune activité n’est ainsi imposée.

L’élève peut également parler à voix basse et se déplacer dans la classe à sa guise, en veillant à ne pas rompre le bon fonctionnement du groupe.



Une autonomie favorisée

La pratique majoritaire d’activités individuelles permet à chaque élève de se construire à son propre rythme et d’aiguiser sa compréhension du monde. Dans ce processus, l’éducateur joue davantage le rôle de guide. S’il introduit des activités à chaque enfant au fil de sa progression, il lui laisse en découvrir le fonctionnement de manière autonome. L’adage de Maria Montessori, « aide-moi à faire seul », condense en quelques mots l’état d’esprit de sa méthode.

Parallèlement, la démarche d’auto-correction prend une place prépondérante. L’élève rectifie lui-même son erreur, tant dans l’accomplissement d’une tâche que sur le plan comportemental avec ses pairs. Dans un souci constant d’accompagnement positif, l’accent n’est pas mis sur la faute, mais sur le progrès : le but reste de « faire mieux » la prochaine fois.

Un matériel Montessori pour exercer les sens

Pour Maria Montessori, le développement intellectuel demeure intimement lié à l’usage des cinq sens. Sa pédagogie emploie donc du matériel scientifiquement pensé pour toucher, goûter, sentir et éprouver le monde dans sa globalité.

Par ailleurs, l’apprentissage passe avant tout par le concret : selon l’école montessorienne, l’abstraction ne se transmet pas. Rien ne vaut donc la manipulation d’objets pour appréhender de nouveaux concepts. La lecture et l’écriture passent par les lettres rugueuses. Quant aux perles à compter, elles contribuent à visualiser aisément les quantités.

Une sociabilité accrue

Les classes Montessori se découpent en 3 groupes d’âge distincts : les 3-6 ans, les 6-9 ans et les 9-12 ans. Ce brassage générationnel favorise naturellement l’échange et l’entraide, tout en préparant l’enfant à sa vie sociale d’adulte. Les plus petits peuvent ainsi « imiter » les plus grands qui font figure de références. Quant aux aînés, rodés aux codes montessoriens, ils épauleront les plus jeunes et gagneront en maturité.

École Montessori : comment la choisir ?

Face à une demande croissante, la méthode Montessori tend à investir de nombreux lieux : écoles maternelles bilingues, jardins d’enfants, associations… Mais attention aux abus ! Certains établissements prétendus « Montessori » n’appliquent pas précisément les préceptes de sa fondatrice.

Pour une décision éclairée, rendez-vous sur le site de l’Association Montessori de France qui recense les écoles Montessori reconnues et certifiées.

Montessori à la maison

Adeptes de la philosophie montessorienne, vous souhaitez continuer l’expérience chez vous ? Voici quelques astuces pour poursuivre l’éveil de votre enfant tout en douceur !

Jeux Montessori

La méthode Montessori attribue énormément d’importance à la sphère familiale, repère affectif rassurant pour l’enfant. En tant que parents, n’hésitez pas à partager avec lui des moments de complicité autour d’activités ludiques. De nombreux jeux Montessori ont été conçus pour s’amuser tout en sollicitant des compétences variées : balles sensorielles, Memory des sons, coffrets thématiques…

Choisissez simplement des outils adaptés à l’âge et aux phases sensibles de votre progéniture : discutez-en avec les éducateurs qui connaissent précisément sa progression.

Comment organiser une chambre Montessori ?

Généralement, un enfant passe le plus clair de son temps dans sa chambre. Elle peut donc être aménagée pour répondre dans les grandes lignes aux préceptes montessoriens. Libre à vous, bien sûr, de revisiter ces quelques astuces.

Une chambre d'enfant
Une chambre d’enfant

Nous vous conseillons tout d’abord de cloisonner la pièce en trois parties : un coin sommeil, un coin toilette et un coin activité.

Pour le coin sommeil, privilégiez après la naissance un lit à même le sol. Cela offre à votre bout de chou une meilleure représentation spatiale de sa chambre. Il pourra également intégrer son lit seul dès qu’il explorera le monde à quatre pattes. Évitez cependant les mobiles, trop stimulants à l’endormissement. Après 3 ans, penchez par exemple pour un lit cabane pour assouvir sa quête d’aventure.

Pour le coin toilette de bébé, déposez dans des petits paniers le strict nécessaire pour les soins. Expliquez-lui quotidiennement les gestes que vous faites pour l’impliquer davantage. Vous pouvez également accrocher çà et là des dessins en noir et blanc pour stimuler sa vision. Quand votre enfant grandit, suspendez les vêtements sur un portemanteau placé à sa hauteur et encouragez-le à choisir sa tenue du jour.

Pour le coin activité, épurez l’espace. Présentez-lui seulement quelques jouets sur des étagères, puis effectuez une rotation régulière. Il prendra ainsi le temps de se familiariser avec chaque objet sans pour autant se lasser. Plus âgé, il tirera profit d’un duo table-chaise pour lire ou dessiner.

Pour en savoir plus

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