Animaux sauvages

Le lièvre : toujours courant, mais en diminution

Ne le confondez plus avec le lapin !

Sauvage, le lièvre s’est adapté aux modifications du paysage imposé par l’Homme : mais s’il reste commun, sa population a tout de même fortement diminué depuis les années 1990.

Un lagomorphe

A quelle espèce appartient le lièvre ?

Avant d’être un civet, le lièvre est un petit mammifère sauvage de la famille des lagomorphes, de lagôs, le lièvre et morphe, la forme. Cette bande à part des lagomorphes ne comprend jamais que les lièvres, les lapins et les très mignons pikas, mais a son importance : les lagomorphes ne sont pas des rongeurs.

Cela se voit à leurs dents : en tant que lagomorphe, cet animal a quatre incisives contre deux seulement pour les rongeurs, et mastique avec les mandibules qui ont un double mouvement latéral et d’avant en arrière.

Petit détail sexy

Autre différence avec les rongeurs : il n’a pas d’os pénien.

Ce que cela signifie ? Les lièvres n’ont pas trop de mal à apprivoiser la femelle, tandis que le baculum ou os pénien trahit le fait qu’une espèce à intérêt à la féconder une heure durant, avant d’imaginer recommencer de si tôt. Une petite sécurité prévue par la nature…

Comment reconnaître un lièvre et un lapin ?

Autre petite idée reçue, le lapin n’est pas un lièvre domestiqué. C’est le lapin de garenne, qui devient un lapin domestiqué. Quant au “lièvre belge”, ce lapin a été sélectionné pour ressembler à un lièvre.

Celui-ci est généralement plus gros que le lapin, avec les oreilles et les pattes plus longues. Il a aussi de plus gros pieds. Autres signes distinctifs, le pelage en été plus jaunâtre chez le lièvre, et l’orifice de ses narines, plus larges.

La vitesse du lièvre

Il est bien meilleur au chrono : il pointe à plus de 70 km/h, pendant que le lapin ne dépasse pas les 30 km/h. Il est aussi capable de bonds de trois mètres.

Le lièvre court sur des kilomètres à une vitesse de 70 kms/h, aussi vite que le lion ou l’autruche. La puissance de ses pattes postérieures lui font faire des bonds de trois mètres, avec des “crochets” : il saute de côté et revient sur ses pas.

Cette aptitude à la course est adaptée à son mode de vie : cet animal dort à même le sol, en s’aplatissant entre deux mottes de terre. En cas de danger, il s’enfuit.



Cette grande aptitude à la course lui permet aussi de sillonner le vaste territoire – de 300 à 800 ha – où il se nourrit et auquel il est fidèle.

Lièvre les quatre pattes en l'air, en train de courir à grande vitesse
Un véritable athlète !

Description

Une silhouette effilée avec les pattes postérieures plus longues que les antérieures et bien musclées, les oreilles sont plus longues que la tête (et plus longues que celles du lapin de garenne) et noires aux extrémités : cet animal pèse entre un et sept kilos pour 38 à 70 cm environ.

Son pelage est de couleur fauve avec des poils noirs, le centre étant blanc crème.

Quelle est la taille d’un lièvre ?

Le lièvre se distingue par sa grande taille : jusqu’à 70 cm de long pour 7 kilos. Il atteint sa taille adulte dès l’âge de quatre mois. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel entre mâle ou bouquin, et femelle ou hase : tous deux sont de corpulence similaire.

L’homochromie de son poil

Le lièvre européen a le poil fauve tirant vers le brun ou le roux, et le ventre crème. Le lièvre arctique est blanc. L’un et l’autre muent une fois l’an, à l’automne. Mais le lièvre variable d’Amérique du Nord ou d’Europe est brun en été, blanc en hiver : cette homochromie lui sert à échapper à ses prédateurs.

Ses grandes oreilles

Ses oreilles (9 à 13 cm) représentent environ 12% de sa surface corporelle : le lièvre a l’ouïe fine, qui lui permet de percevoir le moindre son et de détaler. Mais leur taille lui sert de régulateur thermique. Cet animal n’a pas de glande sudoripare lui permettant de transpirer : la régulation de sa température corporelle (entre 38 et 39,5 °C) est assurée par la contraction et la dilatation des vaisseaux de ses oreilles. Pour manger, il replie ses oreilles pour dissimuler sa présence.

Son habitat

Autre différence avec le lapin qui prise les milieux fermés, il vit en milieux ouverts : champs, plaines, collines, lisières de forêts, bois et haies qui alternent avec les champs, altitude jusqu’à 2000m.

Sédentaire, il est à la fois pénalisé par la fragmentation de son milieu : en même temps, il profite des cultures de céréales et pommes de terre, qui lui font office de garde-manger.

Son gîte

Tandis que le lapin se cache dans un terrier qu’il creuse à quatre mètres sous terre, le lièvre s’abrite dans un gîte très peu profond sous de hautes herbes, broussailles ou haies : seul l’arrière-train est dans le gîte, le dos et la tête restant à l’extérieur.

Comment dort un lièvre ?

Cet animal reste presque toute la journée dans son gîte où il dort la plupart du temps. Cependant il dort généralement les yeux ouverts et reste sur le qui-vive, prêt à détaler en cas de danger !

Un animal lucifuge

Cet animal fuit la lumière : il est “lucifuge”. D’où son activité principalement nocturne, sauf l’été où il s’active aussi tôt le matin et dès avant le coucher du soleil. De toute façon, le lièvre a une vision à 360 degrés, mais est très myope.

La nourriture du lièvre

Cet animal se nourrit de plantes herbacées sauvages, de graminées en hiver, d’autres espèces en été. Il se nourrit aussi de plantes cultivées : pousses de céréales, betteraves, navets. Tout dépend de ce qu’il trouve : légumes, fleurs de jardins, champignons. En cas de disette absolue, il se rabat sur des écorces de jeunes arbres.

Le repas est le seul moment où le lièvre rompt sa solitude : il rejoint la zone de “gagnage” où il se restaure à proximité des autres. Ce repas sert de reconnaissance faciale : d’un naturel méfiant, jamais un bouquin ou une hase ne se reproduira avec un congénère qu’il n’a jamais vu.

A la fin du repas, le lièvre retourne à sa solitude selon le même trajet qu’à l’aller, ce tracé formant des coulées caractéristiques.

Un animal cæcotrophe

Ce mammifère a besoin de digérer deux fois les aliments : il ingère la première mouture de ses premiers excréments, qui sont de consistance molle, entourée d’une enveloppe mucilagineuse. Ce double passage dans le tube digestif lui permet d’en assimiler tous les nutriments.

A l’issue du deuxième passage, ces crottes sont dures et sèches. Elles sont, d’ailleurs, le meilleur moyen de repérer sa présence.

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La reproduction du lièvre

Chez le lièvre, la reproduction n’est pas exactement une partie de plaisir. Le “bouquinage” est une sélection sans merci, en forme de tournoi : première sélection avec la période de rut, où les bouquins s’affrontent à coups de griffes, se blessant les indispensables oreilles ou s’arrachant la queue.

Le vainqueur trône alors face à la hase, au milieu d’un cercle de lièvres qui font semblant de ne rien voir. Mais gare au bouquin s’il touche la hase. Cette phase lui sert à ovuler, alors, pas touche. Et si l’un des bouquins prétend prendre la place du dominant, c’est à nouveau la bagarre.

La hase prend alors la fuite, semant tous les mâles à sa poursuite, sauf un : l’élu la gifle, ce qu’elle lui rend à coups de pattes. Quand elle le décide, il dispose de 30 secondes pour la féconder, pas une de plus.

Le tout est de renouveler l’exploit : la hase a en moyenne quatre portées par an. A l’exception de la première où elle ne donne naissance qu’à un seul levraut, la hase a ensuite 4 à 5 levrauts.

Sitôt nés, ces derniers sont capables de se déplacer. Ils sont sans odeur, ce qui évite d’attirer les prédateurs. La hase les quitte pour ne pas leur transmettre sa propre odeur : elle revient chaque jour les allaiter pendant au maximum 10 minutes. Au bout d’un mois, ils sont aptes à la vie solitaire.

Ce mammifère passe une bonne partie de l’année à se reproduire, à l’exception brève de septembre à novembre. Mieux, la femelle est capable de “superfœtation” : la gestation durant 41 jours, elle peut s’accoupler et être fécondée quelques jours avant la fin de la gestation en cours.

Quelle est la femelle du lièvre ?

C’est bien entendu la hase.

Qui sont les bébés du lièvre ?

A chaque portée, la hase met bas entre deux à quatre levrauts, à raison de quatre à cinq portées par an. En sommes, les lièvres se reproduisent comme des lapins…

Dessin au crayon en noir et blanc d'un lièvre assis, longues oreilles
Dessin d’un lièvre commun

Espèces et aire de répartition

Ce mammifère se retrouve sur tous les continents. Au total, il en existe une trentaine d’espèces, du rare lièvre des hauts-plateaux éthiopiens (Lepus starcki) au commun d’Europe, qui est aussi le plus gros de tous.

Le lièvre d’Europe ou brun

C’est ce petit mammifère herbivore de la famille des léporidés qui comprend également le lapin, tous deux originaires des grandes steppes ouvertes asiatiques. Il ne supporte pas les milieux fermés.

Hormis certaines espèces telle que le lièvre à collier noir de l’île de la Réunion, le lièvre d’Europe est la branche commune de presque tous les autres : le petit lièvre ibérique d’Espagne et de Majorque, ou encore le lièvre corse (Lepus corsicanus), en réalité introduit d’Italie, et qui doit sa survie précisément à la réintroduction de ces derniers jusqu’en 2011.

Le lièvre n’est pas un rongeur : les léporidés appartiennent à la famille des lagomorphes qui se distinguent des rongeurs par leur dentition. Lièvre et lapin ont deux paires d’incisives supérieures, leur mandibule se meut essentiellement dans le sens transversal.

Le lièvre variable

Lepus timidus vit dans le massif alpin français. C’est son comportement saisonnier qui lui vaut son nom de variable. En effet, il a un pelage brun en été mais blanc en hiver. Ce changement lui permet de passer inaperçu vis-à-vis de ses prédateurs.

Le lièvre d’Amérique

Le lièvre d’Amérique (Lepus americanus) également appelé “à raquettes”, s’est adapté aux frimas locaux : des oreilles courtes très vascularisées lui servent de régulateur thermique, des orteils qui s’écartent en raquettes pour se mouvoir dans la neige et de la fourrure aux pattes.




Au Nord, il mue pour se recouvrir d’un épais poil blanc en hiver, plus au sud (Washington, Oregon), il reste brun.

Le lièvre arctique

Lepus arcticus vit dans la toundra du Groenland, du Canada et de l’Alaska. Dans ces contrées blanches en hiver, il adopte un pelage blanc dont la fourrure est très chaude. En été quand la neige fond, il change son pelage pour adopter des tons bruns. Ceci lui permet d’échapper à ses prédateurs en se fondant dans le paysage.

Contrairement à ses cousins, les lièvres arctiques peuvent vivre en colonies.

Lièvre artique avec son pelage banc qui se confond avec la neige
Le lièvre arctique, le roi du camouflage

La population de lièvres en recul

Proie de la biodiversité ordinaire

Le lièvre est la proie de tout une série de prédateurs terrestres, le renard, le putois, la fouine, le lynx, la martre.

Trophée de chasse

En France, le lièvre est la 10ème espèce la plus chassée, avec plus de 900 000 spécimens abattus chaque année.

Ne tirons pas d’emblée sur la chasse, qui n’est pas pas le premier facteur de diminution de la population de lièvres en France. Au demeurant, la réintroduction de lièvres à cette fin est problématique, les lièvres élevés en captivité véhiculant patrimoine génétique, pathologies et comportements déviants.

Le lièvre, un animal sauvage résistant aux pesticides, mais…

Le lièvre a une grande faculté d’adaptation : il est particulièrement résistant aux pesticides (que nous ingérons alors avec le civet), mais ne peut s’adapter à l’infini ni aux grandes surfaces de monocultures qui ne correspondent pas à son alimentation, ni à la fragmentation des petites surfaces qui lui correspondent.

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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