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Les grainothèques : des banques de semences reproductibles en libre-service

Si le terme de grainothèques ne vous dit rien, pas la peine d’ouvrir votre dictionnaire car vous ne le trouverez pas. Alors qu’est-ce donc qu’une grainothèque ?

La sonorité du mot n’est pas sans rappeler celle de bibliothèque. En fait, il n’en n’est pas si éloigné lorsque l’on sait que les premières grainothèques ont vu le jour dans des bibliothèques. Ici, il n’est point question de livres mais de graines à partager. Une grainothèque est un endroit ouvert à la communauté où l’on trouve une boîte contenant des sachets de graines diverses mis gratuitement à disposition des jardiniers amateurs ou des passionnés de la nature, mais aussi à tous ceux qui souhaitent semer.

S’ENGAGER : Comment soutenir les semences libres en 4 actions !

On y trouve des semences en tout genre aussi bien anciennes, rares et inconnues que plus communes, traditionnelles, locales ou exotiques ; mais aussi différentes variétés : potagères, fruitières, florales, herbacées ou aromatiques.

La démarche est intéressante d’autant plus qu’elle repose, outre sur la gratuité, sur la notion de libre partage. Les semeurs amateurs, néophytes ou confirmés sont invités à déposer à leur tour leurs graines reproductibles pour alimenter la grainothèque en semences.

A noter cependant que les graines hybrides (type F1) et l’utilisation d’engrais chimique sont proscrits.

Si tout le monde est libre de se servir, il convient, en échange, d’y déposer les graines des plantes que l’on a récoltées dans son jardin, son potager ou sur son balcon, pour peu que l’on ait la main verte. Un don qui n’est pas obligatoire mais qui permet d’alimenter le stock de graines et donc qui est essentiel à la survie des grainothèques.

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Cet échange de bonne volonté contribue à maintenir et à préserver la richesse des espèces végétales contre une tendance bien répandue, à savoir : l’uniformisation des semences par l’industrie et l’agriculture monoculturale intensive. Or, cette standardisation met l’héritage de la biodiversité, déjà si fragile en raison des changements climatiques, en péril. 75% de notre patrimoine végétal des semences auraient déjà, selon la FAO, été détruit.

En proposant des semences libres de droits et reproductibles, l’initiative constitue un joli pied-de-nez aux grandes firmes semencières (Monsanto, Bayer, Dupont Limagrain, etc.) qui, avec leurs graines hybrides, font disparaître petit à petit bon nombre d’espèces locales et mettent en danger la diversité naturelle autant que notre héritage.



La grainothèque est un projet communautaire né il y a près d’un an, en octobre 2013, à l’initiative de l’association Graines de Troc, créée en 2012. Depuis l’idée a fait son chemin et les grainothèques se sont multipliées pour s’implanter dans des lieux publics aussi divers qu’insolites (centre culturel, médiathèque, bibliothèque, restaurant et lieu associatif). On compte à présent une soixantaine de grainothèques en France.

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La démarche existe aussi dans de nombreux pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis, en Inde, au Mali ou encore en Nouvelle-Zélande. Quant à l’association Graines de Troc, elle compte déjà 2331 troqueurs dans 32 pays.

Si la définition d’une grainothèque ne figure pas (encore) dans le dictionnaire, espérons que celui-ci soit rapidement sélectionné parmi les nouveaux mots qui font chaque année leur entrée dans le corpus lexical du Robert ou du Larousse.

Alors n’hésitez pas à vous lancer et à devenir un jardinier responsable. Faîtes pousser, offrez ou troquez vos semences à la grainothèque la plus proche de chez vous, et contribuez ainsi à la sauvegarde de la grande diversité des espèces végétales.

POUR EN SAVOIR PLUS : http://grainesdetroc.fr et http://umap.openstreetmap.fr

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