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Le bio qui vient de loin : pas un cadeau pour la planète !

Si alimentation biologique rime avec alimentation saine, elle rime aussi avec produits locaux. Hors, dernièrement, le marché des produits biologiques croissant, les distributeurs doivent regarder au delà de nos frontières pour satisfaire la demande de leurs consommateurs et du même coup, nous fait perdre de vue un des principes de base de la culture biologique : sa dimension locale.

Prenons l’exemple du kiwi bio de Nouvelle-Zélande qui a parcouru 13.000 km; si ce dernier est meilleur pour la santé que des fruits traités chimiquement il est en revanche écologiquement mauvais pour la planète.

De même, aux États-Unis où le bio a connu un boom sans précédent, les fruits et légumes font en moyenne 2 500 km avant d’atterrir dans l’assiette des consommateurs américains.

Ainsi, en plein hiver à New York, des magasins bio proposent à leurs clients des tomates, concombres, basilic, poivrons frais tous étiquetés « bio ».

Or, ces produits bio, disponibles à l’année, sont cultivés à des milliers de kilomètres en Basse Californie au Mexique.

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Selon Michael Bomford, scientifique à la Kentucky State University, l’agriculture biologique n’est plus en phase avec le développement durable. L’exemple des productions intensives dans une région extrêmement aride comme la Basse Californie illustre bien son propos; un tiers des nappes phréatiques y seraient surexploitées malgré le recours à des techniques de conservation de l’eau comme la micro-irrigation. De plus, la pratique de la monoculture entraine un appauvrissement des sols.

Autre conséquence quand le bio vient de loin, son transport par voie aérienne ou maritime entraîne de fortes émissions de gaz à effet de serre favorisant le réchauffement climatique. 

De plus, comme le souligne plusieurs associations, les produits bio importés ne sont pas forcément soumis à la même réglementation pour l’obtention du label « Bio ». Enfin, ayant voyagé de longues heures, ces produits peuvent avoir perdu de leurs qualités nutritionnelles et gustatives.

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En France, le manger local est depuis longtemps prôné par les AMAP et les associations de consommateurs écolos car il permet de développer l’économie locale. Loin d’être incompatible avec la mention bio, cette pratique est de plus en plus encouragée car elle permet de dynamiser l’agriculture bio française. Et lorsqu’elle favorise des méthodes agricoles extensives, cette habitude de consommation évite sans aucun doute bien des émissions de gaz à effet de serre inutiles.

Dans l’idéal, le produit à privilégier serait donc à la fois issu de l’agriculture biologique locale et un produit de saison. A bon entendeur…

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