Alimentation

L’autre visage du café : ce que cache notre boisson préférée

Le café est l’une des boissons les plus populaires au monde, mais savons-nous ce qui se cache derrière ?

Il est certain qu’elle est la boisson préférée de millions de personnes à travers le monde. Selon les experts et les historiens, son histoire naît aux alentours des années 900-1000 après JC.

Un peu d’histore du café

Empruntant les voies maritimes, ces mêmes voies qui permettront de ramener sur le Vieux Continent tant d’autres produits jusqu’alors inconnus, le café est apparu en Europe en 1615, grâce à des marchands vénitiens et turcs. Il s’est ensuite rapidement diffusé dans la péninsule par l’intermédiaire des premières ‘boutiques du café’.

Connaissant très rapidement un succès fulgurant, sa production augmente de manière exponentielle, année après année. De l’autre côté de l’océan, le nombre de plantations s’accroît.

En 1670, les Hollandais commencent à le cultiver en Indonésie ; en 1720, c’est au tour des Français de l’implanter en Martinique. Peu de temps après, les Portugais, les Anglais et les Espagnols se mettent eux aussi à cultiver les précieuse plantes au Brésil, au Mexique, en Amérique centrale, en Afrique.

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Au fils du temps, les volume d’affaires augmentent, les plantations de café deviennent de plus en plus vastes, de plus en plus nombreuses; les populations locales se retrouvent privées de terrains, puis de ressources et se voient réduites à l’esclavage, soumises à de véritables déportations.

Misère, exploitation, pauvreté ne sont cependant pas l’apanage de cette période.

Aujourd’hui encore, le destin des petits agriculteurs, des journaliers et des paysans impliqués dans la production de ce nouvel ‘or noir’ est dramatiquement lié au cours du marché, aux fluctuations incessantes du prix de la matière première, au coût extrêmement bas de la main d’œuvre et aux politiques sans scrupules des grands entreprises qui monopolisent le secteur.

Cultivation et accords internationaux

En 1962, pays acheteurs et cultivateurs ont signé un accord international (l’ICA) afin de tenter de stabiliser les prix imposés par les pays producteurs, limitant les exportations. Deux ans plus tard, naissait l’association des pays producteurs de café (l’APPC).



Nous assistons depuis quelques temps à l’émergence d’un nouveau type de commerce, dit équitable, cherchant à promouvoir un modèle de consommation éthique : un système de certifications créées à cet effet permet de tracer et de contrôler la filière productive ainsi que le réseau commercial, soutenant ainsi les cultivateurs du ‘Sud’ et les organisations humanitaires impliquées. En effet, une tasse de café n’est pas juste une boisson.

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Il y a derrière beaucoup de travail, de fatigue et de sueurs ; il y a des salaires extrêmement bas et des processus de travail longs et complexes, sans parler du coût supporté par notre planète en matière d’eau, de terre et de pollution.

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L’utilisation des produits chimiques (fertilisants et antiparasites) comporte des risques pour les agriculteurs (généralement non équipés de tenues spéciales protégeant du contact de ces substances) et pour l’environnement. La méthode humide permettant de ramasser les cerises de café, par exemple, favorise la dispersion des résidus polluants dans les nappes phréatiques, alors irrémédiablement contaminées.

Afin d’éviter tout cela, ces cultivateurs préfèrent appliquer des méthodes ancestrales, basées sur les cycles naturelles de la terre : il suffit de penser aux Indiens de certaines communautés du Sud du Mexique qui produisent depuis plus de 100 ans ‘un café sain’, respectueux de la nature.

Bien que des siècles se soient écoulés depuis, la culture intensive du café est encore aujourd’hui étroitement liée à des politiques fondamentalement colonialistes.

Grands et petits enterprises

Ainsi, seule 1/3 de la production globale provient de petits entreprises, gérées la plupart du temps par des agriculteurs indépendants et leurs familles. Tout le reste est issu des grandes latifundia brésiliennes, colombiennes et d’autres pays d’Amérique centrale (les ‘barons du café’) qui monopolisent de fait le marché, pénalisent les petits producteurs et exploitent les salariés journaliers.

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Le nerf central réside en effet dans la possibilité d’accéder au marché : beaucoup d’agriculteurs indépendants se trouvent dans l’obligation de passer par un intermédiaire pour vendre leur café, à un prix correspondant à la moitié, voire au quart du prix du marché.

Un paysan éthiopien touche aujourd’hui 60 dollars par an pour la vente de son café ; il en recevait 320 en 1998. Pourquoi une telle différence ?

Dans les années 1989, les Etats-Unis cassèrent les accords internationaux qui régulaient le prix du café, l’exposant à de soudaines fluctuations.

Afin d’assainir cet énorme handicap et d’aider les exploitants, diverses coopératives et organisations de commerce ‘équitable et solidaire’ ont vu le jour, dans le but précis de libérer les producteurs les plus faibles de l’emprise des intermédiaires.

La situation des journaliers, qui ne possèdent pas de terre, est encore plus difficile ; ils n’ont pas d’autre choix que de travailler dans des plantations, sous-payés et privés de tout droit.

Leurs conditions de vie se détériorent chaque jour, au gré des stratégies financières et commerciales des multinationales sans scrupules.

Le 13 mai 2013, la police de Sao Paulo, au Brésil, a retrouvé les corps d’une centaine d’esclaves africains sur une plantation abandonnée depuis plus de 50 ans. Un véritable ‘cimetière d’esclaves’, témoin d’un passé dont les ombres se projettent encore sur notre présent.

Anne-Sophie

Anne-Sophie est une traductrice et une rédactrice efficace et professionnelle. Elle a traduit plusieurs articles de toutvert.fr quand il est né et aidé beaucoup à créer le site.

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