Bien-être et santé

Kintsugi : découvrez cette technique de réparation japonaise

“Encore plus beau, encore plus précieux, encore plus résistant, encore… là !” (Céline Santini)

Art ancestral venu tout droit du Japon, le Kintsugi est une technique visant à réparer un objet de porcelaine ou en céramique brisé à l’aide de laque saupoudré d’or. En japonais, Kintsugi signifie “réparation en or” et constitue le symbole de la résilience. Cette pratique, de plus en plus populaire en occident, s’inscrit dans la pensée nippone du wabi-sabi qui pousse à reconnaître la beauté dans les choses simples, imparfaites et atypiques.

Kintsugi : Définition

La philosophie du Kintsugi dans le wabi-sabi

Avant d’être un philosophie de vie, le kintsugi est un art issu de la culture japonaise. L’idée : arrêter de regarder avec dédain les objets cassés et, au contraire, montrer et sublimer les traces de la réparation.

L’histoire raconte que cette technique serait apparue au XVème siècle au Japon. Le shogun Ashikaga Yoshimasa aurait cassé sa tasse de thé. Se refusant à ne plus pouvoir l’utiliser, il l’envoie chez des réparateurs chinois. Non satisfait du résultat, les artisans locaux japonais s’attellent au reprisage. Pour se faire, ils se munissent de laque et de poudre d’or.

Tiré de la philosophie bouddhiste wabi-sabi qui incite l’homme à voir la beauté dans les imperfections et à les accepter. Le Kintsugi incite justement à afficher les fêlures et à créer à partir du brisé des objets précieux et uniques.

Le Kintsugi en psychologie : symbole de la résilience

La raison d’être du Kintsugi en fait une technique reconnue en psychologie. Cette pratique peut être, en effet, vue comme une forme d’art-thérapie qui peut accompagner le patient dans son processus de guérison.

Au travers de cet art nippon, l’individu se rappelle que ses blessures qu’elles soient physiques et/ou traumatiques, doivent être considérées comme partie intégrante de la personne mais surtout comme témoin des épreuves qu’elle a vécu et de sa capacité à les surmonter.

La résilience est en filigrane sur tout le processus de guérison qui consistera à cicatriser en sublimant les failles en lignes de forces.

Kintsugi : raynures or en gros plan
DIY Kintsugi

Comment faire un Kintsugi ? Le kit de démarrage

Une de vos plus belles assiettes en porcelaine vient de vous échapper des mains pour atterrir sur le sol. De plus, elle avait une valeur sentimentale particulière à vos yeux. Ramassez donc chaque morceau de l’assiette et suivez notre tutoriel.

Quel est le matériel nécessaire au Kintsugi ?

Afin de pouvoir donner une seconde vie à vos objets en porcelaine et céramique cassés, il vous faut vous munir de :



  • gants
  • colle rapide à l’époxy transparente pour la porcelaine : vous pouvez vous en procurer dans tous types de magasins de bricolage et décoration.
  • poudres de couleur : la tradition voudrait qu’elles soient dorées. Mais n’hésitez pas à varier en fonction de vos goûts et vos envies créatives avec de la poudre argentée, blanche, rose, etc.
  • pinceau
  • spatule
  • bâtonnets de mélange

Pour les novices, sachez qu’il existe des kits complets en vente. Tout le nécessaire s’y trouve. Cela peut-être un bon moyen d’appréhender cette technique sans vous tromper dans le choix de matériel. Pour cela, rendez-vous dans des commerces de produits culturels ou sur internet.

Tutoriel : réalisez votre premier Kintsugi

Munissez vous des morceaux de l’assiette cassée, de votre matériel et suivez les étapes.

Kintsugi : bos chinois recollé avec de la colle dorée
Seul, à la maison, en atelier ou à plusieurs, le kintsugi donne une deuxième vie aux objets cassés

Première étape : teinter la colle époxy

Préparez un peu de poudre dorée sur la pointe de votre spatule. Déposez une petite quantité des deux composants de la colle sur un morceau de papier ou dans un pot de yaourt propre et mélangez.

Ajoutez les pigments dorés à la colle et mélangez bien de façon à ne pas avoir de grumeau.

Deuxième étape : recoller les morceaux

Appliquez la colle sur le bord du plus grand morceau de l’assiette. Prenez le temps : laissez bien les morceaux se recoller et la colle prendre. Venez y coller le bout de l’assiette lui correspondant auquel vous aurez aussi appliqué votre mélange doré.

Laisser sécher avant d’ajouter d’autres morceaux de l’assiette.

Troisième étape : nettoyer les jointures

Une fois votre assiette entièrement recollée et les jointures complètement sèches, vous pouvez nettoyer les dérapages. A l’aide de la pointe d’un cutter ou d’un couteau, grattez en douceur les traces de colle qui dépassent de l’assiette et les bourrelets.

Quatrième étape : sublimer

L’heure des finitions et de bichonner vos cicatrices est venue. Peut-être vous faut-il ajouter de nouveau des pigments. Ou bien il manque de la colle à certains endroits. Vous aimeriez des jointures plus lisses ou au contraire, plus accidentées. Laissez libre court à vos envies ! Le résultat sera beau parce qu’il raconte votre histoire.

Bol recollé en Kintsugi

Où apprendre le Kintsugi ?

YouTube vous livre nombre de tutoriels mais des cours dédiés existent en ligne et en présentiel.

Maîtriser le Kintsugi ne repose pas seulement sur l’apprentissage de la technique. Vous l’aurez compris, il s’agit d’un véritable état d’esprit, d’une philosophie de vie que vous pouvez coupler à la pratique de la méditation ou du Yin Yoga par exemple. Aussi bien vous pouvez y être touché par le refus du déchet et de jeter, peut-être y reconnaissez-vous une base à l’upcycling.

Ou alors, c’est le moment de mettre de l’ordre dans sa tête, d’autres pratiques japonaises comme l’Ikebana, le permettent tout en prenant conscience de la nature qui vous entoure et de la valeur de chaque objet et action.

Assiette recollée selon la technique ou philosophie du kintsugi

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