Cet art de vivre qu’est le jardinage

Étrangeté de l’émerveillement face à la rose éclose et au pied de tomate. Ce loisir des plus humains : agrémente, nourrit et soigne. Le jardinage est certes naturel, mais il nécessite une certaine pratique, des connaissances voire un savoir-faire pour faire pousser des végétaux et obtenir des résultats.


Les origines du jardinage

Le jardinage est ce pré-carré qui vous met les mains dans la terre et cultive l’ailleurs. « Le jardin, c’est la philosophie rendue visible » nous dit Erik Orsenna.

Le jardinage n’est pas l’agriculture, non seulement par sa dimension réduite et ses outils manuels, mais par sa vocation bien peu économique. Un loisir qui porte ce nom depuis le XIIe siècle.

Dans son « Théâtre d’Agriculture et Message des Champs », l’agronome  Olivier de Serres consacra deux chapitres au jardin : tous deux conformes à l’étymologie du mot. Le jardin est cet hortus gardinus, ce jardin entouré d’une clôture qui le préserve du gibier et des voleurs.



Jardin d’ornement ou jardin-potager, son histoire est celle de patronymes devenus célèbres : Le Nôtre, La Quintinie, mais aussi Claude Monet, qui usait tour à tour du pinceau et du râteau. Le peintre Nymphéas créa de ses mains, le jardin de Giverny.




Aujourd’hui principal loisir des français, le jardinage se veut écologique. A la bonne heure, pour cette activité non obligatoire, jusqu’à il y a peu synonyme de produits phytosanitaires : si le jardinage n’est pas l’agriculture, le bouchon est souvent poussé plus loin que la dose indiquée.

Où jardiner ?

Bout de jardin, terrasse, balcon, se prêtent au jardinage : voire désormais, jardin partagé ou même et avec son accord, parcelle du jardin voisin. Presque tout, en somme, à l’exception des bacs à fleurs municipaux : si cela se pratique « à la sauvage », ces derniers n’en sont pas moins des « res communis », des biens qui appartiennent à la « communauté » au sens de la société.

Encore que… certaines municipalités, comme Paris, ont depuis peu mis en place des « permis de végétaliser », pour que les riverains s’approprient les petits bouts de terre (pieds d’arbres, bacs et divers interstices…) laissés à l’abandon et y plantent quelques végétaux. La mairie offre son aide et quelques graines !

Un écosystème chez soi

La joie d’un jardin écologique est, tant qu’à faire, la découverte : quelles essences planter selon la région, le sol, la saison, la dimension et l’exposition de mon jardin ?




Les différentes essences y font-elles bon ménage entre elles ? Comment tailler, ne pas gaspiller l’eau, récupérer celle de la pluie, éviter les insectes nuisibles, mais pas les autres ? Autant de questions : toutes bien plus intéressantes, que d’investir clef-en-mains dans des plantes et des produits phytosanitaires. La véritable alchimie s’ouvre à vous : jardiner, c’est apprendre un écosystème.

Il fut un temps où cela s’appelait tout simplement une leçon de choses.

Jardinage écologique
Jardinage écologique

L’écosystème c’est un lieu où le vivant (aussi appelé biocénose) vit en association avec son environnement (également nommé biotope). Tout est question d’équilibre et de respect de cet équilibre. C’est ce que vise l’approche écologique du jardin.

Si un ravageur s’attaque à une plante, par exemple des pucerons sur un artichaut. Le tout est de comprendre ce qui a causé ce déséquilibre et chercher une solution pour rétablir l’équilibre initial. Les intrants chimiques n’ont donc pas doit de cité dans le jardinage écologique, ils cèdent leur place à une excellente connaissance du milieu !




Que planter et sous quel climat ?

Le sol méditerranéen n’est pas la Normandie, qui n’est elle-même pas sous influence océanique. La riche argile normande est hospitalière aux hortensias et magnolias. Elle accueille aussi volontiers les essences asiatiques, tel le pavot bleu de l’Himalaya : sans oublier le gazon qui fait pour part sa réputation.

Le sol sablonneux et la douceur atlantique sont propices aux fameux bégonias de Rochefort, aux glycines, à l’hibiscus des marais, au lilas des Indes. Bien des essences s’adaptent à sa clémence.

Plus contrasté, le climat méditerranéen s’offre aux plantes grimpantes que sont le bougainvillées, la glycine et le jasmin, et celles à bulbe que sont l’amaryllis et le lis de la Madone. La plante grasse aime aussi ce mercure, et ce sol aride qui a besoin d’être protégé des affres des orages d’été. On retrouve aussi dans l’aride arrière pays, nombre de plantes aromatiques que sont la lavande, le thym, le romarin…

Et si vous n’avez pas de bout de jardin en pleine terre, pourquoi pas un jardin hors-sol ? La preuve en a été faite tout bonnement à Paris, avec le Jardin sur le Toit, en l’occurrence d’un gymnase, dans le XXe arrondissement.

Dans l’Hexagone, sachez en tous les cas, que la bordure océanique donne le « la » des saisons pour semer et planter, qui ont de manière générale deux semaines d’avance pour le sud, et deux semaines de retard pour le nord.




Jardin ornemental ou potager ?

Semer, planter, arroser, tailler : c’est ce que vous allez découvrir au fil de la lecture de Toutvert.fr. Chaque plante demande une attention particulière, chacune a son rythme et ses propres besoins.

Apprenez d’ores et déjà que plantes ornementales et potagères se complaisent ensemble. Pas besoin d’une séparation militaire, pour que les unes et les autres s’épanouissent : les fruits et légumes du jardin sont des plantes comme les autres ! Simplement, elles préfèrent l’ombre, tandis que les plantes ornementales s’accommodent mieux du soleil. Cas général, qui appelle donc des exceptions.

Tout un art, que les tomates et potirons qui colorent de façon saisonnière votre pré-carré. D’aucuns prisent le potager justement « en carré », qui n’est pas sans une petite touche médiévale.

Et la permaculture ?

Cette approche du jardinage particulière est basée sur une observation poussée de la nature et pour être efficace, elle sous-entend l’application de certaines techniques.

La permaculture n’est ni réservée aux grandes superficies, ni aux initiés. Au contraire, l’une des techniques de permaculture consiste à planter le maximum d’espèces différentes en un minimum d’espace : à la condition de connaître les associations positives d’essences entre elles.




Le « mulch » ou préservation de l’humidité du sol par le paillage permet de limiter l’arrosage. Quant au mélange sol-paille et même compost, il amende très bien le sol. Un expérience, que de voir chauffer et fumer ainsi ce sol en décomposition.

Autre ami de votre jardin essentiel en permaculture : le lombric. Même si la lombriculture ne vous tente pas, oubliez les outils qui, à l’instar du labour, détruisent votre sol et sa faune. Gardez votre jardin vivant, notamment votre sol, c’est nettement moins fatigant.

Jardinage écologique
Jardinage écologique

Les mauvaises herbes, amies et ennemies ?

Par nature envahissantes, les mauvaises herbes jouent leur rôle : elles sont le « marqueur » d’un sol déséquilibré. Ainsi le liseron témoigne-t-il d’un sous-sol tassé, d’une certaine richesse en azote mais également d’une carence en silice.

En s’implantant le liseron, de par des racines profondes, va justement décompacter le sous-sol et libérer de la silice, remédiant ainsi au manque initial. On se débarrasse de se « crampon » en lui disant « merci » pour l’information et en enrichissant son sol d’un mélange de seigle et de vesce commune, avant de le faire finir au compost.




Ces mauvaises herbes, nommées adventices par les professionnels, ne sont donc pas réellement « mauvaises ». Il suffit de comprendre leur signification.

Quels outils utiliser ?

Inutile de vous suréquiper avant de débuter. Il faut cerner vos véritables besoins, ce qui n’est pas toujours chose aisée pour un débutant. Dans un premier temps, faites vous prêter certains outils, mais sachez qu’il y a tout de même un minimum d’achats à prévoir.

Les outils à manche

La grelinette, l’outil par excellence

Inventée par André Grelin, la grelinette est cette fourche-bêche qui permet d’ameublir le sol sans le retourner.  Et fait faire de l’exercice en même temps. Les dents de la grelinette s’enfoncent à la verticale dans le sol grâce au poids du jardinier, qui tire ensuite sans effort sur les deux manches de la grelinette pour aérer la terre.

La grelinette ne vous sera nécessaire que si vous avez une surface suffisamment importante à bêcher. En effet, si vous avez 5 m² dans votre jardin partagé urbain, une simple fourche bêche fera l’affaire.




Les autres outils propres à travailler la terre seront de préférence en fer forgé : ainsi du croc, qui permet d’affiner le travail d’ameublissement, avant d’aplanir la surface avec un râteau pour que le nivellement soit parfait, autrement dit, dresser une planche de culture. La serfouette vous sera utile pour tracer des sillons avant de semer.

Quant à l’arrosage, connaissez-vous les oyas ?  Ces pots en céramique microporeuse s’enterrent juste à côté de vos plantes. Emplies d’eau, elles la dispensent dans le sol à dose homéopathique en continu : un arrosage bien moins traumatisant pour la plante que le jet de l’arrosoir. La microflore préfère aussi, plutôt que la soudaine noyade.

Les outils à mains

Inutile de présenter les sécateurs qui servent à sectionner les tiges, pour les plus dures et épaisses, comme les branches d’arbre, vous pouvez utiliser un sécateur de force.

Côté plantation, il est nécessaire d’avoir dans son jardin plantoir (pour les petits plants) et transplantoir (pour les plus développés). La griffe est aussi incontournable pour casser la croûte de terre et ôter les plus petites mauvaises herbes.

Quand le jardinage soigne : jardin & thérapie

L’hortithérapie : c’est ce que pratique depuis 2008, le Centre de santé mentale de la MGEN de Grenoble : un hôpital où sont suivis des patients atteints de névroses et psychoses jusqu’à invalidantes. L’aspect sensoriel du jardinage fait désormais partie de leur thérapie.

Le jardinage est une activité physique rassérénante, qui suscite émerveillement autant qu’il sollicite la patience. Voire, inspire le peintre et l’écrivain. Sans limite d’âge. Cédons au poncif de « cultiver son jardin intérieur ».

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