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Le houx, plus remède que poison

Le houx pousse dans les sous-bois jusqu’à une altitude de deux mille mètres. Cette plante est bien connue, elle décore les maisons en fin d’année, mais elle a aussi des vertus médicinales.

Présentation de cette plante

De la famille des Aquifoliacées, en Europe, le houx est de l’espèce « ilex aquifolium », « ilex » signifiant la pointe. Mais il existe quatre cents espèces de houx différentes, l’Ilex verticillata au Canada et même son cousin le yerba maté en Amérique du Sud, qui sert à la célèbre boisson.

Jeune, cette plante est un buisson impénétrable, fait d’un enchevêtrement de branches densément hérissées de feuilles aux épines acérées. Mais avec l’âge, elle s’assagit : toutes ces branches fusionnent en un seul tronc tout lisse et son feuillage se fait moins piquant. Évidemment, il faut pas mal de temps : le houx peut vivre trois cents ans.

Cette plante est dioïque : les pieds mâles et femelles sont séparés. Seul le pied femelle donne des fruits ou drupes, ces si jolies baies rouges vif qui lui ont donné sa vocation ornementale, car elles se marient parfaitement avec le vert brillant de ses feuilles.

Le houx, quel symbole ?

Dans Astérix, le druide Panoramix prépare évidemment la potion magique qui rend invincible avec (notamment) du houx. Les Celtes avaient fait du houx Taranis. Et les prêtres gaulois avaient noté son pouvoir surnaturel : sa vie en osmose avec le chêne, autre arbre druidique. Et cette façon de ne pas perdre ses feuilles, à croire qu’il conservait la lumière du soleil.

Dans le Nouveau Testament, Joseph, Marie et Jésus se cachent derrière un buisson de houx, pour échapper aux soldats d’Hérode. À l’approche d’un soldat, le buisson allongea ses branches protectrices. En reconnaissance, Marie aurait béni le buisson, dont le feuillage devint persistant.

Dans la religion chrétienne, cette plante reste très symbolique, les baies rouges symbolisant le sang versé du Christ.

En Pays de Galles, chaque 1er mai, la fête de Beltaine ou de la Lumière voit symboliquement le chevalier solaire du Chêne et le chevalier lunaire du Houx. Depuis l’époque celte, l’issue de ce combat est connue : le chevalier du Houx est vainqueur, mais épargne celui du Chêne. Magnanime !

Ses bienfaits

Le principe actif de la plante est l’ilicine, un alcaloïde proche de la quinine. Pour les adeptes de l’étymologie, « ilicis » pour le houx et « ine » pour le suffixe chimique.

Les druides connaissaient l’ambivalence de la plante, à la fois remède et poison. Ses baies sont toxiques pour l’Homme. Mais ses feuilles, qui contiennent également de l’ilicine, en ont fait une plante protectrice de la phytothérapie contre les fièvres et ce qui était appelé l’hydropisie, autrement-dit les œdèmes.



Aujourd’hui, ses feuilles sont le véritable allié contre l’hiver : fébrifuge (il fait tomber la fièvre), ses feuilles sont un excellent sédatif contre les inflammations pulmonaires ou bronchiques. Et, tant qu’à faire, les rhumatismes. Un coup de froid ? En hiver, pensez-y : le houx n’est pas uniquement ornemental.

Buisson en fruits
Buisson en fruits

Les feuilles sont efficaces contre les troubles du système digestif : elles sont un tonique en cas d’atonie gastrique et de paresse intestinale. Et, ce n’est pas contradictoire, un anti-spasmodique.

L’écorce du houx, elle, est utilisée en association avec du tilleul dans le traitement de l’épilepsie.

Quant aux petites fleurs blanches, elles entrent dans la composition de l’un des élixirs du Dr Bach, ce médecin anglais qui soignait par les plantes, les émotions négatives. Ainsi grâce à cette plante, la rage, la haine, l’envie et la jalousie.

Les utilisations

Les feuilles séchées s’achètent communément en vrac en herboristeries : un sachet de cent grammes représente environ une quarantaine de tasses. En effet, la bonne proportion est une cuiller à café pour l’équivalent d’une tasse de tisane.

En cas de coup de froid ou de trouble digestif, boire deux à trois tasses d’infusion par jour.

Dans le traitement contre l’épilepsie, faites infuser une poignée d’écorce une nuit entière. Boire deux à trois tasses par jour entre les repas.

Le houx en huile essentielle

L’huile essentielle de bois de houx est vasoconstricteur, il réduit le diamètre et renforce les veines : jambes lourdes, crampes et varices, douleurs menstruelles, rougeurs au visage, utilisez de l’extrait de houx en proportion de 5% dans une émulsion ou un gel aqueux.

Les contre-indications

Les baies sont hautement toxiques : elles occasionnent des troubles digestifs et neurologiques. En revanche, un usage raisonnable de tisanes de feuilles n’a pas de mauvais effet sur la santé. Il ne remplace néanmoins pas un diagnostic.

Le houx au jardin

Patience, il pousse lentement mais sûrement : il est rustique et résiste très bien aux insectes.

Plantez votre houx au printemps, pour que ses racines ne gèlent pas (une fois qu’il a pris racine, il supportera des températures basses), dans une terre riche en humus (il n’aime pas le calcaire) et un coin semi-ombragé.

Avant de planter votre pied, faites tremper sa motte de terre dans de l’eau. Et mettez une couche de compost au fond du trou avant de l’y déposer. Arrosez abondamment. Si vous plantez une haie, laissez un mètre entre chaque plant, car ils vont prendre du volume.

Ensuite, donnez-lui régulièrement de l’engrais et surveillez ses feuilles contre les cochenilles.

La floraison du houx

Il fleurit entre mai et juin : de petites fleurs blanches à la fois mâles et femelles regroupées en cymes. Puis les fruits font leur apparition chez les pieds femelles, pour le régal des oiseaux.

Le houx est-il protégé ?

En France, le houx fait partie de la « flore forestière ». Il est protégé par arrêté préfectoral : ainsi est-il inscrit sur la Liste rouge la flore en Alsace, en Auvergne et dans la région Centre, en Bourgogne, en Bretagne et en Aquitaine, soit dans les principales régions où il est présent.

Pour en savoir plus

Un regard approfondi sur les plantes médicinales :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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