Bien-être et santé

Herboristerie, toujours de la mauvaise graine ?

L’herboristerie est le cauchemar des pharmacies. Sauf que le client-type de l’herboristerie n’est plus la grand-mère, mais le sportif, la femme enceinte, et plus généralement celui désireux d’un mode de vie naturel. Sauf que le métier est gêné aux entournures.

Herboristerie : définition

L’herboristerie est la préparation et la commercialisation de plantes médicinales ou de préparations dérivées.

Le recours à ce commerce correspond à des usages précis : traiter de façon naturelle, en douceur et sans effets secondaires, les dysfonctionnements et petits maux physiques ou psychiques du quotidien. En termes thérapeutiques, elle ne vise pas à se suppléer à la médecine.

Elle sert aussi à l’entretien du corps par les vertus régénérantes des plantes, soins de la peau et des cheveux, mais aussi hygiène corporelle. Elle représente aussi une alternative naturelle aux compléments alimentaires de synthèse.

Enfin, elle a également un usage culinaire !

Herboristerie et phytothérapie

Est-elle différente de la phytothérapie ? La phytothérapie ou herbologie désigne une approche scientifique des plantes médicinales, tandis que l’herboristerie est considérée comme plus empirique, néanmoins basée sur un véritable savoir.

Autre différence, les herboristes préparent, mélangent et transforment les plantes, (concentrés, huiles, élixirs, onguents, etc.), ce que font rarement les phytothérapeutes.

148 plantes autorisées
148 plantes autorisées

L’exception française

En France, le métier d’herboriste n’est plus reconnu depuis la loi du 11 septembre 1941 votée par le régime de Vichy, qui a supprimé le certificat d’État d’Herboristerie. Depuis, les officines pharmaceutiques ont le monopole de la vente les plantes médicinales, à l’exception des 148 plantes « libérées » de ce monopole.

Herboristerie de Port Royal

Une législation qui a valu à Michel Pierre, le célèbre herboriste du Palais Royal dans le 1er arrondissement de Paris, d’être à plusieurs reprises condamné pour exercice illégal de la pharmacie. Si cet herboriste a une formation de pharmacien, il n’est pas inscrit à l’Ordre des Pharmaciens. .



Il est également interdit à un herboriste de donner des conseils de santé : normalement, il n’a pas le droit de vous conseiller du thym, si vous avez une toux bénigne. Tarif de l’amende pour exercice illégal de la pharmacie, jusqu’à deux ans de prison et 37.500 euros d’amende.

Vers une herboristerie moderne ?

Depuis 2014, les officines pharmaceutiques n’ont plus l’exclusivité de la vente des compléments alimentaires à base de plantes médicinales. Or, ces compléments alimentaires concernent de façon tout à fait légale, 542 plantes, soit bien plus que les seule 148 autorisées à la vente hors officines.

Herboristerie : quelle formation ?

En 2018, la mission d’information sénatoriale, présidée par Corinne Imbert (et dont le rapporteur était le sénateur écologiste du Morbihan Joël Labbé) a ouvert une brèche : en direction de la fin du monopole pharmaceutique et de l’organisation d’une filière herboristerie, celle-ci représentant un « fort potentiel » notamment pour les territoires ruraux et d’outre mer d’herboristes.

Parmi les propositions de ce rapport, la création d’un label « Plantes de France » (en visant 50 % de surfaces cultivées en « bio » avant 2025), le renforcement de la formation et la Recherche, le réexamen de la liste des 148 plantes médicinales « libérées » du monopole pharmaceutique, en étudiant la possibilité d’y associer leurs usages traditionnels reconnus contre les « petits maux du quotidien », et l’inscription du savoir-faire des herboristes au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

La création d’une véritable filière éviterait également que n’importe quel charlatan ne s’improvise herboriste. Et de mieux contrôler la cueillette de plantes sauvages.

En revanche, cette mission sénatoriale n’a pas tranché la question de l’allégation de santé par les herboristes. Celle-ci a été renvoyée aux instances européennes.

Et les médecins ?

Elle n’est pas une spécialité médicale. Mais seuls les médecins, pharmaciens et vétérinaires sont autorisées à suivre l’une des formations existantes : la Faculté de médecine de Paris XIII dispense un enseignement depuis plus de trente ans (Département Universitaire de Médecines Naturelles). Et les universités d’Aix-Marseille et désormais de Lyon, délivrent un diplôme universitaire « Plantes médicinales, phytothérapie et aromathérapie » (DESIU)

Médecins généralistes, sages-femmes, dentistes s’ouvrent à la phytothérapie. Mais un médecin généraliste n’est ni autorisé à mentionner « phytothérapeute » sur sa plaque, ni à faire mentionner le caractère phytothérapeutique d’un traitement sur une ordonnance.

Aujourd’hui, les médecins ouverts à la phytothérapie se regroupent en associations, l’Association médicale pour la promotion de la phytothérapie (AMPP) ou l’Association des Usagers de la Phytothérapie, qui permettent notamment de trouver l’adresse d’un phytothérapeute.

Quelles plantes médicinales ?

En France, la règle est que seuls les pharmaciens sont autorisés vendre des plantes médicinales (inscrites à la pharmacopée), à l’exception des 148 espèces tombées dans le domaine public depuis 2008, ainsi qu’une centaine d’aromates et épices.

Des préparations adaptées
Des préparations adaptées

Ces 148 plantes peuvent être vendues en herboristerie, mais aussi sur les marchés et sur internet : à la condition de ne pas comporter d’indications thérapeutiques.

Parmi ces 148 plantes, de l’achillée millefeuille à la violette, en passant par la badiane, la camomille, le jujubier, la lavande, la mélisse, l’origan, l’oseille, le romarin, la sauge.

Contre quels maux ?

Le thym contre une toux hivernale, la bruyère contre les cystites, le millepertuis contre les brûlures… une partie du savoir des herboristes est celui que nous avons oublié d’apprendre de nos grand-mères.

Elle peut soigner des problèmes de peau (eczéma, acné, etc), des allergies, des varices, des infections (rhumes, grippes, sinusites, bronchites…), des problèmes digestifs (constipation, diarrhée, problèmes liés au foie en particulier), soulager la douleur (osseuses, articulaires, inflammatoires, menstruelles, musculaires, ou bien suite à un traumatisme).

Elle ne remplace pas la médecine, mais elle est aussi susceptible d’apporter un confort en complément d’un traitement médical.

Tisanes ou cataplasmes

Vous trouverez les 148 plantes sous les différentes formes autorisées : fraîches, séchées pour les infusions et décoction, mais aussi gargarismes et bains de bouche et même fumigation, d’huile pour un cataplasme.

Mais selon Thierry Thévenin, producteur-cueilleur de plantes médicinales, porte-parole du syndicat « Simples » et auteur de Plaidoyer pour l’herboristerie, le plus simple est de mâchonner la plante et de la recracher. Ainsi le voulait la tradition !

Ailleurs qu’en France

En Europe, les deux principaux pays de comparaison sont l’Allemagne et l’Italie. Outre-Rhin, la phytothérapie est officiellement reconnue depuis la loi sur les médicaments de 1978 et les médecins reçoivent une formation initiale.

En Italie, la formation d’herboriste est validée par un diplôme universitaire, obtenu soit par la filière agricole, soit en faculté… de pharmacie. On est alors autorisé à ouvrir une Erboristeria : mais tout comme en France, sans prodiguer d’allégations thérapeutiques.

Hors d’Europe, l’herboristerie est à peu près inexistante aux États-Unis. En revanche, elle redevient importante en Chine, avec le retour à la médecine traditionnelle, l’est toujours en Inde avec la médecine ayurvédique, et en Afrique où 80% de la population y a recours.

Livre d’herboristerie

Le sujet est de plus en plus tendance, vous n’aurez pas de difficulté à trouver de la littérature sur le sujet.

Ma bible de l'herboristerie
Prix mis à jour le 24-09-2020 à 3:05 AM.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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