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Le handisport ? Vraiment du sport, et même au-delà

Vous avez été sidéré en le voyant : amputé des bras, le pongiste égyptien Ibrahim Hamadtou sert avec son pied et joue avec sa bouche. Et comment ne pas admirer le tennis d’un Stéphane Houdet, médaillé olympique et 22 tournois du Grand Chelem. Le handisport, c’est totalement du sport.

Handisport : quels sports sont concernés ?

En grande majorité des sports déjà existants !

La réalité est éloquente : plus de la moitié des personnes en situation de handicap le sont devenues au cours de leur vie. Accident ou maladie de dégénérescence, ils ont surmonté l’obstacle pour établir une performance que plus d’un valide est incapable d’établir : essayez un jour de jouer au tennis en fauteuil roulant !

Le handisport est un sport aménagé pour qu’il puisse être pratiqué par des personnes en situation de handicap. A ne pas confondre avec le sport adapté, pratiqué par les personnes en situation de handicap mental.

La trentaine de sports aménagés en handisport est donc en majorité des sports que pratiquent les personnes valides : athlétisme, cyclisme, natation, haltérophilie, tir à l’arc, voile, canoë kayak, équitation, etc. Bien plus rares sont les sports tels que le tor-ball, créé spécifiquement pour les personnes non-voyantes.

Handisport : des sportifs comme les autres
Handisport : des sportifs comme les autres

A l’origine, un moyen de rééducation

C’est le neurochirurgien Ludwig Guttmann, directeur de l’hôpital de Stoke Mandeville à proximité de Londres, qui le premier eut l’idée de soigner des vétérans paraplégiques de la Seconde guerre mondiale par des activités sportives.

Le netball en fauteuil roulant, puis à partir de 1955, le basket en fauteuil roulant : cette rééducation ludique est à l’origine de la création des « jeux de Stoke Mandeville », qui aboutirent en 1960 à celle des Jeux Paralympiques. Le handisport n’a donc pas perdu de temps pour franchir le cap de la rééducation à la compétition !

Les Jeux Paralympiques

Certaines Fédérations sportives se montrent encore plus exemplaires que d’autres : ainsi de la Fédération Française d’Escalade, qui organise toujours les compétitions valides et handivalides en même temps. De même à Roland Garros, le tennis en fauteuil attire le public, toujours admiratif de la performance, malgré la concurrence de la pléiade de légendes de la petite balle jaune porte d’Auteuil.

Au niveau olympique, depuis 1988 à Séoul, les Jeux Paralympiques d’été et d’hiver se déroulent la même année et sur le même site que les Jeux Olympiques. Dès cette première édition, 61 pays ont aligné plus de 3000 athlètes.



A Pyonyang, les 12e Jeux Paralympiques d’hiver ont eu la participation record de 567 athlètes de 49 pays. De quoi réparer l’erreur des JO de Rio en 2016, dont les Jeux Paralympiques avaient été la prolongation un compliquée, pour raisons budgétaires brésiliennes. Autre progrès remarquable de Pyongyang, une meilleure médiatisation des Jeux Paralympiques.

En France, une Fédération pour une trentaine de disciplines

Créée en 1954 alors sous le nom d’Association Sportive des Mutilés de France, la Fédération Française Handisport regroupe près de 400 clubs, qui proposent nombre de sports olympiques : l’escrime, le tennis de table, le tir à l’arc, l’athlétisme, le biathlon, le basket, le goal-ball, le judo, la natation, le ski nordique, le tennis, et l’escalade qui le sera à partir de 2020.

Fait remarquable, le basket-ball en fauteuil roulant est désormais ouvert aux personnes valides : une barrière importante est tombée ! Par ailleurs, certains directeurs de tournois de tennis ne se privent pas d’estimer que les joueurs de tennis de haut niveau gagneraient à s’entraîner avec des joueurs en fauteuil roulant. Un constat valable a fortiori pour les amateurs. Affaire à suivre…

Autre handisport adopté par les valides, le tor-ball : le fait est d’autant plus remarquable, que ce sport avait été créé pour les non-voyants. Les joueurs portent un masque et se repèrent aux clochettes qui délimitent le terrain (de 16 m x 7m) et au ballon à envoyer dans le but adverse, lui aussi sonore.

Handisport : des sportifs comme les autres
Handisport : des sportifs comme les autres

Un club près de chez soi, c’est possible

Pour qui veut trouver un club près de chez lui, un événement auquel assister, la Fédération Française Handisport a développé les applis, qui permettent d’avoir accès à toutes les coordonnées en ce sens.

Vous cherchez à faire du parachutisme en Île-de-France ? Pas de souci, il y a un club. Selon la discipline de votre choix, il y a soit un club, soit la section régionale ou départementale d’un club. La question n’est pas d’être séparé des valides, mais d’avoir à disposition le moniteur, le matériel et, en cas de sport collectif, l’équipe correspondante.

Le basket en fauteuil représente une cinquantaine d’équipes en championnat de France.

En fauteuil ou non, c’est l’un des sports qui plaisent. Attention, si vous êtes en fauteuil, le panier de basket n’est pas positionné plus bas ! Pas de quoi dissuader ses adeptes : le niveau est très élevé, et National Sport Adapté de basket en est le championnat de France.

Achmat Hassiem, un célèbre handisportif

C’est le scénario d’horreur que personne n’a envie de vivre : se faire manger la jambe par un requin. C’est pourtant ce qui est arrivé au sud-africain Achmat Hassiem. Aujourd’hui star des bassins olympiques, le « shark boy » a surtout été décoré par l’ONU pour son engagement dans la préservation… du requin blanc : « cinq à six personnes sont tuées chaque année par des requins. Vous savez combien de requins sont tués chaque année par les hommes ? Cent millions ! ».

L’exemple-même du handicap qui devient un moteur du dépassement de soi.

Pour en savoir plus

La rédaction de Toutvert.fr vous invite à consulter ces articles :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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