Bien-être et santé

L’haltérophilie, ça muscle même la tête

Oubliez les préjugés : si l‘haltérophilie renvoie l’image de la masse de muscle qui soulève des charges insensées, pratiquée à niveau plus modeste, elle a un impact doublement positif sur la santé, en particulier au féminin.

Origines de l’haltérophilie : les dignes descendants d’Hercule

Il obtint sa massue et sa peau de lion dès le premier de ses douze Travaux. Hormis les haltères, le colossal héros de la mythologie romaine pourrait bien être le premier des haltérophiles. En littérature, le mot d’haltères apparaît pour la première fois sous la plume de Rabelais. Et l’idée que « le corps fort obéit, alors que le faible commande » fait partie de l’éducation selon Rousseau.

Au XIXe siècle, l’haltérophilie n’est pas encore tout à fait codifiée, lorsque Charles Rousselle soulève sa charrue d’un seul bras. Sa statue en trône toujours au Jardin des Tuileries ! Puis comme cela se faisait, c’est en tant que forain que le lyonnais Jean Broyasse montra ce qu’il savait faire et qui se rapprochait de l’haltérophilie. En 1866, Eugène Paz organisa les choses dans un gymnase.

Nous sommes alors 30 ans avant les premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne. Si la discipline ne plaît guère à Pierre de Coubertin, elle y est pourtant inscrite. Elle sera jugée par un autre que lui. Tous les sportifs ne sont alors pas à la même enseigne, français, allemands et autrichiens s’autorisant ou non à placer la barre sur le ventre.

A ce jour, l’haltérophilie reste le seul sport de force inscrits aux Jeux Olympiques. Les premiers championnats de France naquirent avec le XXe siècle : en 1901, c’est au cirque Mollier, à Passy, où se produisaient déjà les écuyers, qu’ils eurent lieu… Et le Moulin Rouge fut le cadre de plus d’une compétition amateur.

Définition : l’arraché, le mouvement historique, l’épaulé-jeté, les charges les plus lourdes

L’haltérophilie compte deux mouvements : l’arraché est historiquement le premier mouvement olympique. L’haltérophile soulève la barre en une seule fois, dans un mouvement ininterrompu. Celle-ci est placée devant ses jambes, il la prend avec les mains « en pronation » (la paume tournée vers le sol et le pouce vers l’intérieur) et la soulève, bras tendus au-dessus de sa tête. La souplesse, la rapidité et la pureté de la ligne verticale sont autant de critères.

L’épaulé-jeté se décompose en un double mouvement : tirer la barre jusqu’aux épaules, puis la lever bras tendus. Une discipline où la barre jusqu’400 kilos repose sur les clavicules ou sur les bras fléchis !

Des haltérophiles de légende

Est-il vraiment besoin d’avoir des proportions hors normes pour être haltérophile ? La preuve par l’inverse avec la légende turque Naïm Süleymanoglou (1967-2017), 1m 47, triple champion olympique (1988, 1992, 1996) et détenteur de 46 records dans sa discipline.

L’an dernier, c’est l’iranien Sohrab Moradi, qui s’est offert de battre son propre record du monde vieux de 18 ans, en soulevant la bagatelle de 413 kilos.

Les tricolores ont, bien sûr, eu leur légende : Charles Rigoulot (1903-1962) tout à la fois coureur automobile, catcheur et haltérophile, discipline qui lui valut l’appellation de « l’homme le plus fort du monde » après sa médaille d’or aux JO de 1924. Quant à Pierre Fulla, il aura marqué l’Histoire de son sport, mais aussi celle du petit écran, en officiant pendant des années pour Sport Dimanche et Stade 2. Une légende toujours bien vivante.



Parmi l’équipe de France actuelle, Anaïs Michel (championne d’Europe), et Benjamin Hennequin, record de France de l’épaulé-jeté.

Haltérophilie : loin des clichés
Haltérophilie : loin des clichés

Bienfaits de l’haltérophilie : un sport de force et de souplesse

Une préparation exemplaire

On ne soulève pas des centaines de kilos sans un minimum de force musculaire. En haltérophilie, la préparation physique est telle, que la Fédération Française d’Haltérophilie sert de référent à d’autres disciplines sportives, en matière de préparation.

L’haltérophilie se pratique à partir de l’âge de 12 ans, précisément sans charge additionnelle, mais pour apprendre à se muscler, en particulier à renforcer les muscles de la colonne vertébrale. Un apprentissage technique, mais aussi mental, car ce sport exige une concentration et un contrôle de soi.

Un sport bon pour les femmes

Vous avez dit ostéoporose ? Eh bien la meilleure façon de limiter la perte de densité osseuse est de faire travailler son squelette. Or, il est prouvé que le travail avec les haltères est bénéfique pour cela. Évidemment, il ne s’agit pas, en l’occurrence, de soulever 400 kilos.

L'haltérophilie, loin des clichés
L’haltérophilie, loin des clichés

Le cerveau mobilisé

Et le cerveau ? Oui, c’est une canadienne qui l’affirme (le Laboratoire de l’âge, de la mobilité et des neurosciences cognitives de l’Université de la Colombie-Britannique de Vancouver) : selon l’expérience menée pendant un an auprès de 155 femmes âgées de 65 à 75 ans, l’haltérophilie freinerait les lésions de la menée auprès de la substance blanche, la partie interne du cerveau.

Cet échantillon de 155 femmes avait été divisé en 3 groupes pratiquant respectivement de l’haltérophilie une, deux et trois fois par semaine. Résultat, il faut en faire trois fois par semaine pour que cela soit efficace. Par ailleurs, cette observation serait sans conteste plus évidente sur le cerveau féminin que masculin.

En somme, pour éviter d’avoir une cervelle de moineau, faites des haltères !

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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