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Le geai des chênes, l’oiseau qui ne glande pas

Non seulement, le geai des chênes est un très joli petit oiseau de nos forêts de feuillus, même il est très utile : il passe une bonne partie de son temps à jouer les écureuils avec les glands des chênes, à un rythme assez industrieux. Un semeur-né, qui vit pourtant dans les hauteurs.

Geai : un cri caractéristique

Les geais des chênes ‎(Garrulus glandarius) est un très bel oiseau : son plumage bigarré est un contraste de couleurs vives et sombres. Son dos est brun rosé, son croupion est blanc, et sa queue noire. Mais toute son élégance réside dans le bleu strié de noir et de blanc de ses ailes, et dans cette huppe qu’il peut dresser au-dessus de sa tête. Même son bec est bien dessiné, rehaussé de moustaches noires. Le geai des chênes inspire volontiers les peintres et aquarellistes.

Mais le volatile est méfiant et farouche, solitaire sauf lors de sa courte période de reproduction (de mars à avril), et vit en haut des arbres où il aime rester à couvert : se munir de jumelles et de patience pour l’observer !

On le repère d’abord à son chant, qui se fait plus mélodieux au moment de la nidification. Hormis celle-ci, il s’agit plutôt d’un cri strident que d’un chant, propre à alerter des dangers potentiels. Le geai des chênes dispose d’ailleurs d’un registre vocal étendu, et même d’une capacité à imiter d’autres oiseaux, telle que la buse.

Depuis ses hauteurs, le geai veille si bien sur tous les dangers potentiels, qu’il est considéré comme une sentinelle de la forêt : en somme, ce solitaire se fait fort de prévenir la terre entière.

Le geai, un oiseau essentiel à l'équilibre écologique
Le geai, un oiseau essentiel à l’équilibre écologique

Geai des chênes : symbolique

La couleur de son plumage lui a valu de nombreuses légendes et de nombreux symboles. Il a été de tout temps considéré comme un oiseau magique. Des archéologues ont même trouvé des os de geais du Néolithique, ils auraient servis dans des rites funéraires.

Sa nourriture : 5000 glands par hiver !

Tout l’automne, la principale préoccupation du geai est d’accumuler des glands pour l’hiver. Pas n’importe lesquels : des glands de chêne (d’où son nom), brun et non pas verts, et surtout les meilleurs, ceux qui n’ont pas parasités. Pour ce faire, de son bec rectiligne, le geai des chênes tape dedans pour vérifier que le gland est sain, et le stocke dans son jabot.

Ainsi parcourt-il la forêt, avec régulièrement trois à quatre glands dans le jabot. Qu’en fait-il ? A l’instar de l’écureuil, il fait des provisions qu’il cache partout, sous les feuilles mortes, de la mousse, à l’intérieur de souches d’arbres, et même sous la neige : ensuite, allez les retrouvez ! Raison pour laquelle il est constamment obligé de constituer de nouvelles réserves.

Bien sûr, une partie de ces réserves le nourrissent, mais l’essentiel sert à la forêt : un service rendu mutuel, avec les chênes. L’arbre offre à l’oiseau le gîte et le couvert, qui le lui rend en assurant sa pérennité par la dispersion de ses glands.



Geai des chênes : nuisible ou auxiliaire ?

Et le geai ne chôme pas : on estime à 5000 en moyenne, le nombre de glands qu’il sème ainsi chaque année dans une forêt. Joli travail de replanteur.

Si les glands des chênes représentent la moitié de son alimentation, le geai se nourrit aussi de protéines animales, vers, insectes, mais aussi lézards et campagnols : l’air de rien, il est un redoutable prédateur.

D’ailleurs, malgré son tempérament farouche, il ne rechigne pas à s’approcher d’une mangeoire. Son heure est plutôt le matin. Et là, gare, les autres oiseaux lui laissent la place.

Où l’apercevoir quand même ?

Le geai des chênes supporte très bien les frimas : ce n’est pas un oiseau migrateur, mais un sédentaire de nos contrées, toute l’Europe du nord et les latitudes russes de l’Asie. Cet oiseau qui n’a pas froid aux yeux, n’a donc pas froid aux ailes non plus.

Avec son espérance de vie de sept à huit ans (plus de dix ans exceptionnellement), il se reproduit comme l’essentiel de la nature, avec le printemps. Là-haut, le nid perché est un bivouac léger : quelques brindilles et racines, pour accueillir entre trois et sept œufs. A l’évidence, le geai craint plus les prédateurs, que la chute des œufs.

Ainsi, de ces très jolis œufs verdâtres, tachetés de gris-olive, naissent de petits geais au plumage déjà colorés. Une vingtaine de jours après, les voici prêts pour le décollage. Mais il est vrai qu’à voir le jour ainsi en hauteur, la canopée leur est innée.

Le sol sert à stocker les glands. Il va de l’un à l’autre. Patience, avec un peu de chance, peut-être parviendrez-vous non pas seulement à l’entendre, mais à admirer son joli plumage.

Le geai, un oiseau essentiel à l'équilibre écologique
Le geai, un oiseau essentiel à l’équilibre écologique

Les différentes espèces de geais

Geai buissonnier

C’est un peu oiseau sans crête, reconnaissable à son plumage majoritairement bleu et gris.

Geai bleu

Le Cyanocitta cristata est un magnifique geai aux couleurs chatoyantes. Il se reconnaît aux couleurs de son plumage et aussi à huppe qui fait penser à une capuche.

Geai de Steller

Le Cyanocitta stelleri a un bec assez long et épais. Son plumage est tout en reflet bleu-vert et gris.

Un geai huppé ?

Il a certes une huppe, mais vous pensez certainement à la huppe fasciée. Ces oiseaux se ressemblent, mais la huppe fasciée à une huppe très fortement développée !

Pour en savoir plus

La rédaction de Toutvert.fr vous invite à consulter les articles suivants :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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