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La gale, tout sauf imaginaire

On l’avait oubliée : elle semblait se cantonner à l’expression « ne pas avoir la gale ». En France pourtant, les cas de gale déclarés ont augmenté de 10% depuis 2002. La faute à un petit acarien qui n’a jamais totalement disparu.

Rien à voir avec celle du cochon d’Inde ou du lapin, la gale de l’être humain est due à l’acarien Sarcoptes scabiei var hominis : elle se transmet uniquement entre êtres humains.

Cette maladie de peau très contagieuse est provoquée par la capacité de cet acarien à pénétrer l’épiderme : vous êtes son hôte, où il creuse des galeries pour se reproduire. Si l’acarien de la gale n’est porteur d’aucune autre maladie comme le sont les tiques ou autres parasites, elle cause des lésions cutanées et démangeaisons. Et ne se soigne pas spontanément.

Une maladie universelle

La gale ne fait pas de distinction d’âge, de sexe, de catégorie sociale, d’ethnie. Contrairement à l’idée reçue, elle n’est une maladie ni du manque d’hygiène, ni de la précarité. Simplement, par le passé, les nécessiteux n’ayant pas les moyens de se faire soigner, ils en restaient atteints.

Gale : contagion

La gale se transmettant par contact direct prolongé, la proximité est son principal vecteur : membres de la même famille, partenaires sexuels (la gale est une IST, une infection sexuellement transmissible), crèches, écoles, hôpitaux, maisons pour personnes âgées.

A fortiori, la promiscuité est un facteur de contagion. Mais bien d’autres situations peuvent exposer à la gale : auberges de jeunesse, location du type Air Bnb si les draps ne sont pas bien lavés… même si la contagion se fait essentiellement peau à peau.

Gale : transmission et symptomes

La gale commune est la plus fréquente : des démangeaisons intenses et surtout nocturnes affectent d’abord les poignets et les espaces interdigitaux, puis les plis du corps, l’intérieur des cuisses, les organes génitaux chez l’homme, les mamelons chez la femme. Mais le dos, le visage, le cou et le cuir chevelu sont très rarement touchés.

Une fois fécondée, la femelle du petit acarien creuse une nouvelle galerie dans l’épiderme, pour y pondre deux à trois œufs par jour. Au cours de sa vie d’une durée d’un mois, elle pond une quarantaine d’œufs dans votre peau, qui assurent la prolifération.

Les lésions cutanées qui démangent sont une allergie à l’acarien et à ses déjections. Ces lésions se présentent sous trois formes principales : des sillons « scabieux » surtout apparents au niveau des poignets et entre les doigts. Leur forme en filament correspond aux galeries creusées ; des « vésicules perlées » au bout de ces sillons scabieux : elles contiennent les œufs pondus par les femelles ; quant aux « nodules scabieux » de couleur violacée, ils sont une réaction immuno-allergique de l’organisme et touchent l’organe génital masculin.

Dans tous les cas, l’automédication n’est pas de mise : la gale ne guérit pas spontanément et un traitement non adapté fait plus de mal que de bien. Seul un médecin est à même de prescrire les examens (dermatoscope, examens biologiques) permettant de poser le diagnostic.



La gale hyperkératosique

La gale hyperkératosique ou profuse touche essentiellement les personnes âgées ou celles qui sont immunodéprimées : cette forme de gale s’étend à tout le corps, visage compris, et les foyers de ponte sont nombreux.

Autrefois appelée « gale norvégienne », cette forme est responsable des épidémies dans les centres de gériatrie et les foyers de personnes âgées. Elle se transmet également par contact direct peau à peau, et dans une moindre mesure par le linge.

La gale, quel traitement ?

La période d’incubation de la gale est d’environ trois semaines. Le traitement après diagnostic consiste en la prise de comprimés d’un anti-parasitaire, l’ivermectine, désormais remboursé par la Sécurité Sociale. Des comprimés qui se prennent à deux heures des repas, le traitement étant efficace à jeun.

A ce traitement de base s’ajoute l’application locale d’une crème elle aussi anti-parasitaire, qui implique aussi d’être scrupuleux : bien nettoyer ensuite la zone à l’eau et au savon, afin de la débarrasser des croûtes infestées.

La gale, combien de temps ?

En général, la gale se soigne par un traitement de deux semaines. Les démangeaisons et lésions peuvent subsister deux semaines de plus, correspondant à une réaction allergique de l’organisme. Au-delà, si les symptômes persistent, il peut s’agir d’une ré-infestation.

Cette maladie implique donc de suivre très scrupuleusement le traitement. Et de ne pas négliger les symptômes de possible ré infestation.

La gale, les mesures d’hygiène à observer

Cette maladie impose de faire ausculter voire soigner tous les membres d’un même groupe. En famille, il faut aussi traiter l’environnement qui sert de nid à l’acarien : draps, matelas, mais aussi fauteuils et sofas, dès lors que leur revêtement est en tissu.

Le linge doit être lavé à une température minimale de soixante degrés. La literie et le mobilier de salon traités aux anti-acariens : attention, ne pas dormir avant douze heures, dans un lit traité.

En revanche, les matériaux « froids », la vaisselle en particulier, ne représentent aucun risque de contagion.

Gale en photos

 

Et la honte, dans tout ça ?

Pas anodin d’avouer que l’on a cette infection, même s’il n’y a pas de quoi avoir honte. Le retrait d’un enfant de la crèche ou un arrêt de travail (en général de trois jours) permettent une pause. Mais ajouté au fait que cette maladie est très contagieuse, le passif historique jette encore le discrédit sur la personne touchée.

Certaines personnes préfèrent dire qu’elles ont une allergie.

Pour en savoir plus

La rédaction de Toutvert.fr vous invite à consulter ces autres articles sur la santé au naturel :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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