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Le formaldéhyde : c’est d’abord chez vous que ça se passe

Un gaz à ne pas prendre à la légère

Classé « cancérigène avéré » par le CIRC, le formaldéhyde n’est pas un risque réservé aux professionnels : il est émis par tout votre petit aménagement intérieur, mobilier, parquet, peintures, moquette et même lit pour bébés. Il est urgent de lui faire prendre l’air.

Formaldéhyde : définition

Le formaldéhyde est une substance chimique connue sous le nom de formol (sa forme liquide à 4% de formaldéhyde).

A température ambiante, c’est un gaz incolore, suffocant et inflammable. C’est un gaz « ubiquitaire », autrement-dit susceptible de migrer dans toutes les cellules du corps humain.

Formaldéhyde : sa formule

Également appelé méthanal (à ne pas confondre avec le méthanol) ou aldéhyde formique, sa formule chimique est CH2O.

Qui est exposé ?

Formaldéhyde : les utilisations professionnelles

En France, on estime à près de 200 000 le nombre de professionnels exposés au formaldéhyde : corps médical, vétérinaires, agriculteurs, salariés d’activités industrielles, mais aussi cosmétiques (certains shampooings), pompes funèbres.

C’est un biocide utilisé en médecine vétérinaire, un conservateur et un fixateur pour les cadavres et certains prélèvements biologiques.

Dans l’industrie, le formaldéhyde sert, par exemple, à la fabrication de polymères ou comme inhibiteur de corrosion pour l’extraction du gaz de schiste.

En agriculture industrielle, c’est également un biocide.

La fabrication de résines ou encore du papier recourt au formaldéhyde, car il rend imperméable à l’humidité.

Formaldéhyde et vaccin

En dentisterie, il sert à doses infinitésimales pour obstruer les canaux d’une dent dévitalisée. Également à doses infinitésimales, il sert à la conservation de certains vaccins.



Formaldéhyde : où en trouve t-on ?

L’air intérieur est bien plus pollué que l’air extérieur. Or, nous y passons 80% de notre temps, entre notre habitation, les établissements recevant du public (crèches, écoles, établissements sanitaires, établissements sportifs couverts) et le bureau.

Dans cet environnement, les émissions de formaldéhyde ont trois sources, qui en représentent une multiplicité :

  • L’aménagement (les matériaux de construction qui utilisent peintures, vernis, résines et colles, les isolants telles que la laine de verre, le mobilier, les parquets, la moquette, les panneaux en bois aggloméré ou en contreplaqué),
  • les sources de combustion (le chauffage, les plaques de combustion au gaz, mais aussi les bâtons d’encens et la fumée de cigarette).
  • Enfin, certains produits d’entretien et de nettoyage.

Autre source d’exposition de notre environnement : le nettoyage à sec des vêtements.

Formaldéhyde : bois, meuble …

En résumé, si vous avez chez vous du mobilier en « agglo », de la moquette, faites cuir votre steak sur des plaques de cuisson au gaz et êtes fumeur, vous cumulez sans le savoir, les sources d’exposition au formaldéhyde.

Et les bébés…

Quant à la pollution de l’air intérieur, en 2009 l’association Santé Environnement France avait alerté sur la pollution au formaldéhyde des lits pour bébés en vente dans la grande distribution : tous émettaient du formaldéhyde, représentant un quart de la pollution de l’air de la chambre d’un nourrisson.

Alimentation animale

Il y a cinq ans, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) s’était prononcée sur les risques liés à l’utilisation de ce gaz comme additif dans l’alimentation animale et comme conservateur dans le lait écrémé destiné aux porcs.

Selon l’Efsa, il représenterait un tiers de ces additifs sous forme de solution aqueuse, ne représenterait pas de risque pour la consommation humaine, de ces animaux d’élevages…

En tous les cas, le formaldéhyde est désormais interdit dans nos emballages alimentaires.

Ces produits toxiques qui nous entourent...
Ces produits toxiques qui nous entourent…

Formaldéhyde : un danger pour la santé

Les voies d’exposition

Le formaldéhyde étant principalement toxique par sa présence dans l’air, il affecte en priorité les voies respiratoires et oculaires. Mais par contact direct, il affecte également la peau (dermites et allergiques cutanées).

Irritations des voies aériennes (nez, gorge, poumons avec crises d’asthme), ce gaz peut engendrer des maux de tête, nausées, diarrhées. Surtout, sur le long terme, il est cancérigène.

Reprotoxicité

Toujours selon le CIRC, l’exposition professionnelle au formaldéhyde est un reprotoxique : infertilité, endométriose, mais aussi malformations congénitales du fœtus voire avortements spontanés.

Cancer

En 2004, le CIRC (le Centre international de recherche sur le cancer, l’agence internationale de recherche sur le cancer de l’Organisation Mondiale de la Santé) a classé le formaldéhyde comme « cancérogène avéré » chez l’homme (cancérogène de catégorie 1) : au regard d’études épidémiologiques concordantes en milieu professionnel, il est responsable de cancers du nasopharynx.

En 2009, le CIRC a également conclu à l’existence d’indications de cancérogénicité suffisantes chez l’Homme, concernant la leucémie myéloïde (des cellules souches).

Quelle réglementation ?

Au travail

En Europe, le formaldéhyde reste classé « cancérogène possible » chez l’homme (cancérogène de catégorie 3), classement en cours de révision suite à une proposition plus sévère de la France.

En France, le cancer du nasopharynx est reconnu comme maladie professionnelle, dès lors qu’il est lié à certaines activités (préparation du formol, utilisation dans certains laboratoires, vernissage de parquets, travaux d’extinction d’incendies…).

Les secteurs professionnels employant du formaldéhyde sont soumis à la réglementation relative à la prévention du risque CMR (agents chimiques cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) du Code du Travail : la VLE- 8h (Valeur Limite d’Exposition sur 8 h) ne doit pas dépasser 0,625 mg/m3 (soit 0.5 ppm).

La qualité de l’air intérieur

La réduction de l’exposition au formaldéhyde avait été un axe prioritaire dès le 2ème Plan national santé environnement (2010- 2014).

Aujourd’hui, les valeurs-guide de l’Anses font référence pour faire évoluer le Code de l’Environnement : depuis 2015, 30 µg/m3 au maximum pour une exposition de longue durée. Un seuil qui doit être abaissé à 10 µg/m3 en 2023, sachant que la valeur-guide de l’OMS est aujourd’hui de 100 µg/m3.

Le règlement R.E.A.C.H.

En 2018, ce gaz a intégré la liste des substances soumises à restriction au titre du règlement européen sur les produits chimiques « REACH » : au-delà de certains seuils, il ne peut plus être vendu au grand-public, en tant que substance ou de constituant d’une autre substance.

Et l’étiquetage mentionnant sa présence dans la composition de l’une de celles-ci est obligatoire.

Formaldéhyde, comment l’éviter ?

Pour éviter le cumul des expositions chez vous, la première des choses est d’aérer régulièrement son logement. La deuxième est de limiter l’usage des produits d’entretien et de nettoyage industriels, qui enduisent votre logement de formaldéhyde. Optez pour la simplicité et le bio.

Si vous portez des améliorations à votre intérieur, des peintures, colles, etc exemptes de formaldéhyde existent. N’hésitez pas à payer un peu plus cher, c’est un investissement pour votre santé et celle de vos proches.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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